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	<title>Coll&#232;ge Robert Doisneau</title>
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	<description>Site officiel du coll&#232;ge Robert Doisneau de Gonesse</description>
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		<title>Coll&#232;ge Robert Doisneau</title>
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		<title>Un tableau c&#233;l&#232;bre du XIX&#176; si&#232;cle : &#034;La Libert&#233; guidant le peuple&#034;</title>
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		<description>
&lt;p&gt;SOMMAIRE. &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Quelques informations sur ce tableau et son auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
II. Le sujet du tableau. &lt;br class='autobr' /&gt;
III. Ce qu'il faut savoir rep&#233;rer dans ce tableau. &lt;br class='autobr' /&gt; I. QUELQUES INFORMATIONS SUR CE TABLEAU ET SON AUTEUR. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en 1830 qu'Eug&#232;ne Delacroix r&#233;alise ce tableau aux dimensions tr&#232;s particuli&#232;res. (2,60 m&#232;tres de hauteur, 3,25 m&#232;tres de longueur.). Cette &#339;uvre magistrale est de nos jours visible dans l'une des nombreuses galeries du palais du Louvre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Delacroix est n&#233; en 1798. Il serait (Rien n'a jamais &#233;t&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;Documents &#224; conna&#238;tre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt; &lt;div class='spip_document_141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L142xH115/seb-a457e.jpg?1704087752' width='142' height='115' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;a name=&#034;4&#034;&gt;&lt;/a&gt; &lt;hr&gt; &lt;font size=&#034;4&#034; color=&#034;#FF3333&#034;&gt;SOMMAIRE. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font size=&#034;4&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#1&#034;&gt;I. Quelques informations sur ce tableau et son auteur. &lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font size=&#034;4&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#2&#034;&gt;II. Le sujet du tableau.&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font size=&#034;4&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#3&#034;&gt;III. Ce qu'il faut savoir rep&#233;rer dans ce tableau.&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt; &lt;a name=&#034;1&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;titre2&#034;&gt;I. QUELQUES INFORMATIONS SUR CE TABLEAU ET SON AUTEUR. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;C'est en 1830 qu'Eug&#232;ne Delacroix r&#233;alise ce tableau aux dimensions tr&#232;s particuli&#232;res. (2,60 m&#232;tres de hauteur, 3,25 m&#232;tres de longueur.). Cette &#339;uvre magistrale est de nos jours visible dans l'une des nombreuses galeries du palais du Louvre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Delacroix est n&#233; en 1798. Il serait (Rien n'a jamais &#233;t&#233; clairement prouv&#233;) le fils naturel de Talleyrand, un homme politique de premier plan du XIX&#176; si&#232;cle. Il accomplit ses &#233;tudes au lyc&#233;e Louis-Le-Grand, l'un des &#233;tablissements scolaires les plus prestigieux de Paris. Il est de bonne heure attir&#233; par la peinture. Il r&#233;alise au cours de sa vie de tr&#232;s nombreux chefs- d'&#339;uvres que le Louvre expose depuis fort longtemps maintenant. Certaines des compositions de l'artiste ont parfois profond&#233;ment choqu&#233; la soci&#233;t&#233; de l'&#233;poque par leurs mises en sc&#232;ne os&#233;es. Mais, de nos jours, chacun s'accorde pour reconna&#238;tre l'immense talent de l'homme. Delacroix est mort en 1863 dans son atelier parisien, us&#233; par le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#4&#034;&gt;&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/images%20squelettes/retour.gif' width='17' height='16' border=&#034;0&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#034;2&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;titre2&#034;&gt;II. LE SUJET DU TABLEAU. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Delacroix r&#233;alise ce tableau au cours d'une p&#233;riode profond&#233;ment troubl&#233;e par les incertitudes politiques du pays. En 1830, Charles X, le fr&#232;re du malheureux Louis XVI, sent son pouvoir lui &#233;chapper. Le souverain, par sa volont&#233; de r&#233;tablir au plus vite la Monarchie Absolue telle qu'elle existait &#224; la veille de la R&#233;volution, fait preuve d'une coupable maladresse. Le peuple parisien, attach&#233; au souvenir de 1789, s'agite et, quand, en Juillet 1830, les autorit&#233;s suspendent les grandes libert&#233;s contenues dans la D&#233;claration des Droits de l'Homme et du Citoyen, la r&#233;volte se d&#233;cha&#238;ne. A l'issue de trois journ&#233;es d'insurrection dans les rues de la capitale, durant lesquelles le sang coule sur les pav&#233;s, le roi s'enfuit &#224; l'&#233;tranger. (27, 28 et 29 Juillet 1830).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Delacroix est un peintre engag&#233;, c'est-&#224;-dire qu'il a des convictions politiques bien affirm&#233;es. Comme la plupart de ses compatriotes, il garde en m&#233;moire le souvenir glorieux de la R&#233;volution Fran&#231;aise et d&#233;fend les id&#233;es nouvelles que celle-ci a apport&#233;es au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Soucieux d'exprimer tout le soutien qu'il peut porter aux insurg&#233;s de 1830, il choisit de mettre son art au service de leur cause. Il repr&#233;sente donc &#224; travers cette toile un &#233;pisode des combats qui opposent les Parisiens aux troupes royales.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#4&#034;&gt;&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/images%20squelettes/retour.gif' width='17' height='16' border=&#034;0&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#034;3&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;titre2&#034;&gt;III. CE QU'IL FAUT SAVOIR REPERER DANS LE TABLEAU. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'&#339;uvre n'a pas seulement une fonction esth&#233;tique. A travers elle, Delacroix veut aussi faire passer un message, ses choix politiques. Il aurait pu choisir pour cela d'utiliser la plume. Il pr&#233;f&#232;re se servir de ses pinceaux qu'il manie avec bien plus de talent. Les personnages que l'on d&#233;couvre sur le tableau n'ont pas &#233;t&#233; peints par hasard. Ils sont l&#224; pour une raison bien pr&#233;cise. Chacun est &#224; lui seul le symbole d'une id&#233;e, d'un comportement, d'une mani&#232;re d'envisager la soci&#233;t&#233; de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;Style2&#034;&gt;-LA FEMME BRANDISSANT LE DRAPEAU TRICOLORE.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;C'est le personnage le plus important de la composition. Il est au centre de la sc&#232;ne, l&#233;g&#232;rement sur&#233;lev&#233; par rapport aux autres figures, largement &#233;clair&#233; d'une &#233;trange lumi&#232;re. Cette femme, comme le sugg&#232;re la tenue vestimentaire tr&#232;s simple qu'elle porte, vient sans doute des milieux les plus modestes de la capitale. (Artisans, ouvriers). Elle est en fait le produit de l'imagination de Delacroix. Sous les traits de cette Parisienne, un peu vulgaire, c'est la Libert&#233; qu'il faut reconna&#238;tre. Comment repr&#233;senter en peinture une notion aussi abstraite si ce n'est sous l'apparence d'un corps f&#233;minin ? Le petit bonnet rouge qui recouvre la chevelure du personnage, pareil &#224; celui dont se coiffaient les esclaves de l'Antiquit&#233; une fois affranchis, indique qu'en soutenant cette singuli&#232;re insurg&#233;e qui brandit le drapeau, le peuple ne suit rien d'autre que la Libert&#233; pour laquelle il se bat.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;Style2&#034;&gt;-LE JEUNE GARCON ARME.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Aupr&#232;s de la Libert&#233;, un enfant d'une dizaine d'ann&#233;es porte deux pistolets. L'artiste n'a rien laiss&#233; au hasard : la pr&#233;sence de ce petit gar&#231;on qui rappelle beaucoup le Gavroche de Victor Hugo dans les Mis&#233;rables est &#233;galement symbolique. Delacroix met l'accent sur l'id&#233;e que l'insurrection de 1830 rassemble les Parisiens au-del&#224; des g&#233;n&#233;rations. Pendant les combats sur les barricades, les plus jeunes sont employ&#233;s &#224; des t&#226;ches souvent p&#233;rilleuses : bravant la fusillade, beaucoup r&#233;cup&#232;rent sur les morts ou les bless&#233;s armes et munitions qui permettent de poursuivre la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;D'autre part, l'enfant du tableau est &#233;galement le symbole de Paris. Dans les rues de la capitale, ils sont des milliers comme lui, souvent sans famille, vivant d'un petit m&#233;tier ou de vols. Au XIX&#176; si&#232;cle, la population parisienne est beaucoup plus jeune qu'elle ne l'est actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;Style2&#034;&gt;-L' ETUDIANT ARME D'UN FUSIL.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Derri&#232;re la Libert&#233;, un homme coiff&#233; d'un haut chapeau et habill&#233; de mani&#232;re plus &#233;l&#233;gante que ses compagnons, tient dans ses mains un fusil. Il peut faire songer &#224; un bourgeois mais Delacroix a voulu repr&#233;senter sous ses traits le monde &#233;tudiant. Paris est &#224; l'&#233;poque une ville o&#249; l'on vient s'instruire. Des milliers d'adolescents fr&#233;quentent les bancs de l'Universit&#233; ou des &#233;coles les plus prestigieuses. Beaucoup d'entre eux sont hostiles au r&#233;gime r&#233;actionnaire de Charles X et nourrissent l'espoir d'un retour rapide de la R&#233;publique. Ils sont donc des centaines &#224; d&#233;fendre les barricades. En peignant ce personnage un peu singulier, l'auteur rappelle la participation active du monde &#233;tudiant aux affrontements.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;Style2&#034;&gt;-L' OUVRIER AU SABRE.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Derri&#232;re l'&#233;tudiant, un ouvrier que l'on reconna&#238;t &#224; sa tenue tr&#232;s modeste brandit un sabre. La r&#233;alisation de ce personnage sugg&#232;re que le monde artisanal et industriel participe aussi &#224; la r&#233;volte. Delacroix souligne par ce proc&#233;d&#233; que Paris est en 1830 une ville en pleine croissance &#233;conomique. Les quartiers populaires du Nord de la capitale attirent de plus en plus d'hommes et de femmes venus des campagnes cherchant &#224; s'employer dans les usines.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;Style2&#034;&gt;-LE PAYSAN BLESSE.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les combats se d&#233;roulent essentiellement dans un cadre urbain. Les &#233;v&#232;nements parisiens trouvent finalement assez peu d'&#233;chos dans les campagnes. Mais l'artiste int&#232;gre le monde rural &#224; cette aspiration nouvelle de libert&#233;. Il repr&#233;sente donc un paysan que l'on reconna&#238;t au foulard qu'il a nou&#233; autour de sa t&#234;te (pour se prot&#233;ger du soleil quand vient le temps des r&#233;coltes). Mais l'homme, &#224; terre, est bless&#233;. Il contemple la Libert&#233; avec admiration comme le montre son attitude.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La structure g&#233;n&#233;rale du tableau, la position des protagonistes de la sc&#232;ne les uns par rapports aux autres ne sont pas le fruit du hasard. Imaginons un instant que l'on trace &#224; travers la toile une ligne horizontale fr&#244;lant le pied gauche de la Libert&#233;. On remarque alors que les personnages situ&#233;s en dessous de cette ligne ont tous succomb&#233;. (Un soldat de l'arm&#233;e royale, un insurg&#233; d&#233;v&#234;tu...). Le teint blafard des visages, les membres d&#233;charn&#233;s &#233;voquent le th&#232;me de la mort. En revanche au dessus de cette ligne de partage, se trouve le monde des vivants : des hommes debout qui poursuivent la lutte, en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'attitude du paysan bless&#233; est particuli&#232;re. La partie sup&#233;rieure de son corps appartient encore au monde des vivants. Mais, ses jambes, elles, ont d&#233;j&#224; disparu dans la partie inf&#233;rieure du tableau. Il semble happ&#233; inexorablement par la mort et s'appr&#234;te &#224; rejoindre ceux qui ont perdu la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Deux autres symboles ne peuvent passer inaper&#231;us sur cette toile.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;-En arri&#232;re-plan, dissimul&#233;e par les fum&#233;es de la fusillade, Notre- Dame- De- Paris souligne que la r&#233;volution de 1830 a pour cadre les rues pav&#233;es de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- Le drapeau tricolore que brandit la Libert&#233; symbolise tous les acquis de la R&#233;volution de 1789 et l'esp&#233;rance du peuple parisien qui se rassemble derri&#232;re les trois couleurs traditionnelles du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;left&#034; class=&#034;paragraphe&#034;&gt;A travers ce tableau (qui lors de sa premi&#232;re exposition a fait scandale parce que la soci&#233;t&#233; de l'&#233;poque a mal accept&#233; que la Libert&#233; puisse &#234;tre symbolis&#233;e par une femme &#224; l'allure plut&#244;t vulgaire, dont la robe ne dissimule pas la poitrine), Delacroix a voulu mettre en sc&#232;ne l'union des Fran&#231;ais, quelles que soient leurs origines sociales, derri&#232;re les grands principes de 1789 et l'aspiration g&#233;n&#233;rale &#224; la Libert&#233; qui est la leur. L'artiste veut &#233;veiller chez ceux qui contemplent son oeuvre le patriotisme qui a largement anim&#233; la r&#233;volution de Juillet 1830.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#4&#034;&gt;&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/images%20squelettes/retour.gif' width='17' height='16' border=&#034;0&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>David, peintre de la R&#233;volution et de l'Empire. </title>
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&lt;p&gt;Jacques Louis David est le peintre de la R&#233;volution et de l'Empire. De son infatigable &#233;nergie cr&#233;atrice nous sont parvenus de c&#233;l&#232;bres tableaux accroch&#233;s aux murs des mus&#233;es europ&#233;ens les plus connus : Le Serment du Jeu de Paume, L'Assassinat de Marat, Le Passage des Alpes par Napol&#233;on, le Sacre&#8230;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'artiste est bien plus que le spectateur passif des &#233;v&#232;nements qu'il d&#233;crit &#224; travers ses toiles. Il est l'un des acteurs essentiels du grand bouleversement de 1789. Elu &#224; la Convention, en Ao&#251;t 1792, aupr&#232;s de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;Documents &#224; conna&#238;tre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Jacques Louis David est le peintre de la R&#233;volution et de l'Empire. De son infatigable &#233;nergie cr&#233;atrice nous sont parvenus de c&#233;l&#232;bres tableaux accroch&#233;s aux murs des mus&#233;es europ&#233;ens les plus connus : Le Serment du Jeu de Paume, L'Assassinat de Marat, Le Passage des Alpes par Napol&#233;on, le Sacre&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'artiste est bien plus que le spectateur passif des &#233;v&#232;nements qu'il d&#233;crit &#224; travers ses toiles. Il est l'un des acteurs essentiels du grand bouleversement de 1789. Elu &#224; la Convention, en Ao&#251;t 1792, aupr&#232;s de son ami Robespierre, il occupe dans les rangs du parti des Montagnards une place de choix. Quand survient le sanglant &#233;pisode de la Terreur, il est membre du Comit&#233; G&#233;n&#233;ral de S&#251;ret&#233;. Ce titre lui vaut de signer plusieurs condamnations de suspects. Lorsque ses compagnons sont &#224; leur tour conduits &#224; la guillotine (Fin juillet 1794), il fr&#244;le de peu l'&#233;chafaud. Son absence de la Convention le sauve in extremis du fatal couperet. N&#233;anmoins arr&#234;t&#233; sur ordre des Thermidoriens, il purge une peine d'emprisonnement de quelques mois. De nouveau inqui&#233;t&#233; puis enferm&#233; en 1795, il finit par recouvrir la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Non seulement David surmonte les temps troubl&#233;s qui suivent la disparition de Robespierre mais il r&#233;ussit &#233;galement &#224; attirer l'attention de Bonaparte. Admirateur du talent de l'artiste, le prestigieux g&#233;n&#233;ral des arm&#233;es d'Italie lui offre une place influente dans son entourage. Pour l'ancien r&#233;volutionnaire, c'est un tournant de carri&#232;re d&#233;cisif. Il choisit de mettre au service de l'Empire ses palettes et son g&#233;nie artistique. Il accepte la charge &#233;prouvante de peintre officiel du r&#233;gime napol&#233;onien dont il illustre la gloire et la puissance par de remarquables compositions. Si le tableau du Sacre (l'un de ses plus beaux) ne peut pr&#233;tendre au r&#233;alisme qu'il semble vouloir afficher (C'est avant tout une &#339;uvre de propagande pens&#233;e par l'Empereur dans ses moindres d&#233;tails), il n'en demeure pas moins que les dimensions d&#233;mesur&#233;es de la toile et la ma&#238;trise du pinceau ne peuvent laisser indiff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Quand Waterloo annonce le glas de l'&#233;pop&#233;e napol&#233;onienne, David fuit la France. Menac&#233; par les Bourbons qui ne lui pardonnent pas son pass&#233; r&#233;publicain et son engagement aupr&#232;s de la famille imp&#233;riale, c'est en Belgique qu'il trouve refuge. Il y meurt en 1825.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;On peut certes reprocher au c&#233;l&#232;bre peintre ses orientations, ses d&#233;rives et ses compromissions politiques mais, deux si&#232;cles apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, ses compositions entretiennent sur les visiteurs du Louvre ou d'autres mus&#233;es une fascination r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;titre2&#034;&gt;L'ASSASSINAT DE MARAT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L104xH119/images-20jpgada2-e4ff2.jpg?1704130654' width='104' height='119' /&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le tableau est visible au mus&#233;e de Bruxelles. Il rappelle le tragique assassinat de Marat par Charlotte Corday. L'apr&#232;s midi du 13 Juillet 1793, la jeune fille se rend au domicile du c&#233;l&#232;bre tribun. Elle apporte, dit-elle, les noms des d&#233;put&#233;s girondins en fuite et recherch&#233;s depuis le printemps pr&#233;c&#233;dent. Quand elle p&#233;n&#232;tre dans l'appartement, Marat est au bain. Une terrible maladie de peau, contract&#233;e sans doute quelques ann&#233;es auparavant dans les &#233;gouts parisiens, oblige &#171; l'Ami du Peuple &#187; &#224; se plonger de longues heures dans une baignoire d'eau ti&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Charlotte s'approche de l'homme. Comme celui-ci l'interroge sur les raisons de sa visite, la timide Normande r&#233;pond qu'elle dispose de renseignements concernant ceux que les Montagnards pourchassent sans se lasser. Marat a un sourire de satisfaction : il prend une feuille de papier et se pr&#233;pare &#224; noter les informations que Charlotte pr&#233;tend d&#233;tenir. Celle-ci profite alors de l'instant pour tirer de son corsage un couteau de cuisine qu'elle plonge aussit&#244;t dans le c&#339;ur du malade. Marat meurt sur le coup. La meurtri&#232;re est arr&#234;t&#233;e, sans avoir cherch&#233; &#224; fuir. Alert&#233;s par les cris &#233;perdus de la compagne du tribun, les pensionnaires de l'immeuble accourent sur les lieux. Il s'en faut de peu pour que Charlotte ne soit lynch&#233;e. L'intervention de la police la sauve : emmen&#233;e &#224; la Conciergerie, elle subit un premier interrogatoire. Son proc&#232;s s'ouvre quatre jours plus tard, le 17 Juillet 1793. Quand les magistrats lui demandent les raisons de son geste, elle explique qu'elle voulait d&#233;barrasser le pays d'un tyran sanguinaire. (Marat souhaitait renforcer la Terreur). De leur cachette, les Girondins apprennent la mort du Montagnard. N&#233;anmoins ils n'&#233;prouvent aucune satisfaction particuli&#232;re : le crime de Charlotte Corday ne les sauve pas. Beaucoup regrettent que la jeune fille ne se soit pas attaqu&#233;e &#224; Robespierre autrement plus dangereux et influent. La disparition de Marat, dont les jours &#233;taient de toute fa&#231;on compt&#233;s &#224; cause de sa maladie, ne sert pas la cause du parti de la Gironde.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La meurtri&#232;re est condamn&#233;e &#224; mort &#224; l'issue d'une seule journ&#233;e d'audience. Elle est conduite &#224; l'&#233;chafaud le soir m&#234;me, vers 17 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les fun&#233;railles de Marat sont l'occasion d'une d&#233;monstration de grande ferveur r&#233;publicaine. Tandis que les cendres du tribun sont transf&#233;r&#233;es au Panth&#233;on, David entreprend &#224; la demande du parti Montagnard la composition d'une toile &#233;voquant le triste &#233;v&#232;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Ce tableau, bien que remarquable par l'atmosph&#232;re dramatique qu'il r&#233;ussit &#224; mettre en &#339;uvre, ne pr&#233;sente qu'une sc&#232;ne bien &#233;loign&#233;e de la r&#233;alit&#233;. Le peintre y affiche ses orientations politiques : il pr&#233;sente Marat sous les traits d'un martyr de la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- La plaie laiss&#233;e par la lame ac&#233;r&#233;e du couteau, volontairement d&#233;peinte dans le moindre d&#233;tail, rappelle la blessure du Christ sur la croix, transperc&#233; de la lance du fantassin romain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- La blancheur tr&#232;s vive du foulard autour de la t&#234;te du r&#233;volutionnaire souligne le sentiment d'innocence, de bont&#233; et d&#233;vouement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- Sur la planche install&#233;e au travers de la baignoire, quelques feuilles &#233;parses. Un examen attentif de la toile apprend au curieux qu'il s'agit de billets destin&#233;s au secours d'une famille d&#233;munie. David indique par ce d&#233;tail symbolique le soin que son camarde politique portait aux plus malheureux. La r&#233;alit&#233; est sans doute beaucoup moins glorieuse : lorsque Charlotte Corday p&#233;n&#232;tre dans la pi&#232;ce, Marat est occup&#233; &#224; corriger les derniers articles de son journal, &#171; L'Ami du Peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- Enfin, l'aspect du cadavre m&#233;rite r&#233;flexion. Si la p&#226;leur de la chair d&#233;voile sans doute les premi&#232;res &#339;uvres de la mort, le grain de peau est &#233;tonnamment lisse. Malade depuis de longs mois, le tribun devait sans doute souffrir des dizaines de pustules et autres l&#233;sions cutan&#233;es qui le recouvraient et lui procuraient d'affreuses douleurs. Mais le peintre pouvait-il d&#233;peindre l'&#233;tat tragique de son compagnon sans briser sa l&#233;gende ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;C'est ce qu'il faut retenir de ce tableau : David a surtout travaill&#233; en politique investi dans la R&#233;volution. La toile, au-del&#224; de sa r&#233;ussite esth&#233;tique, est avant tout une &#339;uvre de propagande. Sous les pinceaux habiles de l'artiste, le personnage intransigeant et brutal qu'&#233;tait Marat, se modifie : il devient le martyr des Montagnards, bon et g&#233;n&#233;reux, sacrifi&#233; sur les marches de la patrie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;titre2&#034;&gt;LE PASSAGE DES ALPES PAR BONAPARTE.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt; &lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L103xH120/2-6jpg-724f9724f-0ef9b.jpg?1704130654' width='103' height='120' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Ce tableau &#233;voque la campagne victorieuse d'Italie men&#233;e par Bonaparte, alors Premier Consul, contre les forces autrichiennes. La belle victoire de Marengo (14 Juin 1800) donne au glorieux g&#233;n&#233;ral la satisfaction d'&#233;carter pour quelques temps le danger Habsbourg. David retrace &#224; travers sa toile l'&#233;pisode m&#233;morable du passage des Alpes, au cours de l'hiver. Napol&#233;on y est d&#233;j&#224; d&#233;peint en conqu&#233;rant s&#251;r de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- Le visage du personnage refl&#232;te une d&#233;termination absolue. L'index brandi en avant, vers les sommets montagneux, Bonaparte ne doute pas de l'issue des engagements militaires. Au-del&#224; de l'&#233;v&#232;nement, c'est bien l'ascension politique de son protecteur (encore &#224; venir) que l'artiste souligne. Rien ne semble devoir entraver la route conduisant le Consul au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- L'inscription &#171; Bonaparte &#187; que l'on d&#233;couvre sur la roche ne permet aucun doute : l'action du futur empereur appartient d&#233;j&#224; &#224; la post&#233;rit&#233;. Comme si la montagne devait elle-m&#234;me porter le souvenir &#233;ternel de son passage.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- Les mots &#171; Carolus Magnus &#187;, grav&#233;s sur la pierre, &#224; proximit&#233; du nom de Napol&#233;on apportent la certitude que le ma&#238;tre de la France entend suivre les pas de Charlemagne. S'imagine-il &#234;tre l'h&#233;ritier du souverain m&#233;di&#233;val ? Le tableau semble vouloir le sugg&#233;rer en tous les cas.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Comme tr&#232;s souvent chez David, de la sc&#232;ne id&#233;alis&#233;e sur la toile &#224; la r&#233;alit&#233;, il y a beaucoup. Une fois encore, le brillant artiste travaille au service d'un r&#233;gime politique. Le caract&#232;re hautement symbolique de la composition n'&#233;chappe &#233;videmment pas.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le passage des Alpes par le Premier Consul est moins glorieux et beaucoup plus d&#233;licat que l'auteur ne le laisse entendre. C'est sur une mule, un animal beaucoup mieux adapt&#233; aux rigueurs de la montagne que le cheval, isol&#233; de ses troupes (L'&#339;uvre montre Napol&#233;on entour&#233; de ses soldats, tel un v&#233;ritable meneur d'hommes) que le g&#233;n&#233;ral franchit le Col du saint- Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Pour les besoins de la propagande officielle, le peintre a donc modifi&#233; les &#233;l&#233;ments d'une r&#233;alit&#233; qui ne mettait pas sp&#233;cialement en valeur le conqu&#233;rant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;titre2&#034;&gt;LE SACRE DE NAPOLEON.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt; &lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L150xH92/1-8jpg-a0fe1a0fe-8f781.jpg?1704130654' width='150' height='92' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;S'il est une toile dans laquelle David retrace la force du r&#233;gime napol&#233;onien, c'est bien &#171; Le Sacre &#187;. L'auteur accomplit ici l'une de ses plus belles &#339;uvres. N&#233;anmoins, la sc&#232;ne, telle qu'elle est d&#233;crite, ne renvoie qu'une vision bien lointaine de la c&#233;r&#233;monie du 2 D&#233;cembre 1804. Au lendemain de son couronnement, l'Empereur souhaite inscrire dans la post&#233;rit&#233; l'instant de son av&#232;nement. David accepte la charge, &#244; combien lourde et d&#233;licate, d'en immortaliser le souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Napol&#233;on surveille les travaux d&#232;s ses d&#233;buts. Le tableau du sacre n'est pas n'importe lequel. C'est celui qui doit &#233;taler au regard &#233;bahi du curieux la puissance de son pouvoir, le prestige de sa famille. Nulle imperfection, nulle note discordante ne doit troubler l'harmonie et l'ordonnancement du spectacle. Quitte &#224; trahir, s'il le faut, une r&#233;alit&#233; parfois encombrante. Le souverain r&#233;fl&#233;chit au moindre d&#233;tail, corrige le trait de David, rectifie le coup de pinceau, pense jusqu'aux attitudes des protagonistes de la c&#233;r&#233;monie. Chef d'&#339;uvre esth&#233;tique, oui. D&#233;monstration du talent artistique du peintre, &#233;galement. Mais surtout, t&#233;moignage de propagande au service de l'Empire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- Le souverain d&#233;tient la place essentielle de la sc&#232;ne : envelopp&#233; d'une lumi&#232;re dor&#233;e, le personnage proc&#232;de au couronnement de son &#233;pouse. La position centrale de la petite estrade sur laquelle il est mont&#233; le distingue nettement de l'assistance. La tenue traditionnelle qu'il porte rappelle sa filiation directe avec les anciens C&#233;sars de l'antiquit&#233; romaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- Plus en retrait, le pape Pie VII, se contente d'un r&#244;le secondaire. Install&#233; sur un fauteuil pr&#233;vu pour lui, sa passivit&#233; frappe le regard du curieux. Spectateur d'une c&#233;r&#233;monie qu'il ne ma&#238;trise pas, le chef de la chr&#233;tient&#233; affiche l'expression d'un ennui profond. Sur ce point, David n'expose pas la r&#233;alit&#233; de l'&#233;v&#232;nement. Le pr&#233;lat a particip&#233; plus activement au sacre. Mais, dans la composition, qu'il a imagin&#233; jusqu'au moindre d&#233;tail, Napol&#233;on ne lui accorde qu'une importance limit&#233;e. Un moyen efficace pour fournir &#224; l'Empereur des Fran&#231;ais la libert&#233; d'exprimer sa sup&#233;riorit&#233; politique face &#224; Rome. Quand on lui pr&#233;sente la toile achev&#233;e, Pie VII manifeste un tr&#232;s vif m&#233;contentement de se voir ainsi rel&#233;guer &#224; un plan secondaire. Cet &#233;pisode annonce les relations conflictuelles que la Papaut&#233; et le Napol&#233;on entretiendront jusqu'en 1815.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- c'est &#233;galement selon les recommandations de son ma&#238;tre que David modifie quelque peu le d&#233;roulement de la sc&#232;ne. Si l'artiste prend le parti de repr&#233;senter la m&#232;re du souverain dans l'assistance, en tr&#232;s bonne place, nul n'oublie que le jour de l'&#233;v&#232;nement, auquel elle n'&#233;tait d'ailleurs pas vraiment favorable, la vieille femme se trouvait tr&#232;s loin de paris, en Corse.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;D'autre part, la participation active des s&#339;urs de Napol&#233;on aupr&#232;s de l'imp&#233;ratrice (Elles prennent soin de sa longue robe) semble vouloir indiquer la parfaite entente familiale qui se serait construite aupr&#232;s de l'Empereur. Dans les faits, de tr&#232;s vives tensions animent le clan des Bonaparte : jalousie, aigreur, manigances&#8230;..Au cours de son r&#232;gne, le monarque ne cessera d'arbitrer les querelles et les disputes de son entourage. Querelles et disputes d'autant plus violentes que les conqu&#234;tes r&#233;alis&#233;es en Europe et les couronnes &#224; distribuer attisent les convoitises de chacun. Mais peu importe qu'il faille faire bon march&#233; de la r&#233;alit&#233;. Napol&#233;on a saisi toute l'importance que rev&#234;t aupr&#232;s du peuple l'image, m&#234;me si elle est corrig&#233;e pour les besoins de la propagande, d'une famille unie et solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le magnifique tableau de David doit-il pour autant d&#233;cevoir ? Certes il ne d&#233;voile pas l'organisation de la c&#233;r&#233;monie dans son exactitude la plus compl&#232;te. En revanche, il en dit long sur la personnalit&#233; et le programme politique de l'Empereur : volont&#233; de puissance et de gloire (Au d&#233;triment du pape), recherche d'une adh&#233;sion et d'une stabilit&#233; autour du r&#233;gime (David a r&#233;invent&#233; une harmonie familiale qui n'existe pas)... La toile annonce pour qui sait y d&#233;couvrir les cl&#233;s de lecture ce que devait &#234;tre le r&#232;gne &#233;ph&#233;m&#232;re de Napol&#233;on.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jean de La Fontaine, le mal aim&#233; de Versailles.</title>
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&lt;p&gt;Louis XIV n'est pas seulement le dirigeant du plus puissant royaume d'Europe. Il est aussi le grand amateur d'art dont les manuels d'Histoire conservent le souvenir. Quand ses activit&#233;s politiques lui en laissent le loisir, le ma&#238;tre de Versailles trouve plaisir &#224; fl&#226;ner dans le magnifique parc du ch&#226;teau. Ses promenades quotidiennes, le d&#233;jeuner achev&#233;, le conduisent &#224; travers les parterres orn&#233;s des all&#233;es, &#224; quelques distances de somptueux plans d'eau imagin&#233;s par Le N&#244;tre. Le monarque sait qu'il doit (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;Documents &#224; conna&#238;tre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Louis XIV n'est pas seulement le dirigeant du plus puissant royaume d'Europe. Il est aussi le grand amateur d'art dont les manuels d'Histoire conservent le souvenir. Quand ses activit&#233;s politiques lui en laissent le loisir, le ma&#238;tre de Versailles trouve plaisir &#224; fl&#226;ner dans le magnifique parc du ch&#226;teau. Ses promenades quotidiennes, le d&#233;jeuner achev&#233;, le conduisent &#224; travers les parterres orn&#233;s des all&#233;es, &#224; quelques distances de somptueux plans d'eau imagin&#233;s par Le N&#244;tre. Le monarque sait qu'il doit beaucoup &#224; son jardinier, dont il appr&#233;cie les talents et l'exp&#233;rience solide. Les deux hommes s'entretiennent volontiers de longs moments : avanc&#233;e des travaux, impr&#233;vus de derni&#232;re minute, retards....Le souverain se tient au courant de tout, surtout quand l'image de sa propre gloire est en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Aucun d&#233;tail n'&#233;chappe au roi. Louis contr&#244;le, surveille, ordonne. Rien n'est possible sans son consentement, tout passe par sa volont&#233;. S'il existe une vie litt&#233;raire fran&#231;aise au XVII&#176; si&#232;cle, celle-ci semble ne pas avoir d'autre fin que de servir, chanter et d&#233;rouler aux regards des autres nations europ&#233;ennes la puissance du souverain. Les &#233;crivains mettent d'autant plus volontiers leur plume au service de la Couronne que les pensions octroy&#233;es pour le prix d'une composition r&#233;ussie rendent l'existence confortable. Du dramaturge Racine au po&#232;te Boileau, en passant par un Moli&#232;re dont l'ironie exacte suscite autant l'admiration que l'indignation, l'ensemble de la soci&#233;t&#233; des Lettres travaille au rayonnement de celui par lequel elle existe.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La long&#233;vit&#233; in&#233;dite du r&#232;gne de Louis XIV produit un bouillonnement intellectuel sans pr&#233;c&#233;dent : po&#232;mes, trag&#233;dies, com&#233;dies, r&#233;cits historiques, les meilleurs auteurs du temps d&#233;ploient une &#233;nergie cr&#233;atrice inconnue par le pass&#233;. Il est bien difficile de demeurer indiff&#233;rent aux activit&#233;s f&#233;condes des serviteurs z&#233;l&#233;s de la Monarchie et l'on y trouve maints chefs d'&#339;uvres dont le succ&#232;s ne se d&#233;ment pas aujourd'hui encore. N&#233;anmoins, par del&#224; les r&#233;ussites, il est juste de souligner que la litt&#233;rature du Grand Si&#232;cle se laisse enfermer dans le cadre rigide et strict que le pouvoir lui impose. Des contraintes que la propagande officielle produit, na&#238;t un certain manque d'originalit&#233; et le sentiment d'une pesanteur. Comme si nulle autre voie ne pouvait exister en dehors des mod&#232;les propres &#224; satisfaire les attentes du roi. Comme si pour &#234;tre reconnu, appr&#233;ci&#233; et admir&#233;, un auteur devait se contenter de travailler &#224; la gloire de son puissant protecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Nombreux sont ceux qui parmi les &#233;crivains du Grand Si&#232;cle acceptent de sacrifier aux exigences de la propagande d'Etat une ind&#233;pendance intellectuelle dont le Pouvoir se m&#233;fie. La cr&#233;ation de l'Acad&#233;mie Fran&#231;aise par Richelieu, bien avant Louis XIV, r&#233;pond aux pr&#233;occupations d'une Monarchie absolue, encore incertaine d'elle-m&#234;me, &#224; la recherche d'appuis : l'artiste ne travaille pas seulement &#224; satisfaire sa recherche d'esth&#233;tisme et de perfection. Il lui revient aussi de participer par la ma&#238;trise de son art &#224; la gloire universelle du souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Il est dans ses conditions dangereuses pour un &#233;crivain de ne pas plaire au roi : c'est &#224; coup s&#251;r perdre un solide appui et affronter les critiques d'un public averti. Jean de la Fontaine (1621-1695) se distingue en cela de ses coll&#232;gues qu'il n'a jamais trouv&#233; chez Louis XIV le succ&#232;s que ses c&#233;l&#232;bres fables ont pourtant emport&#233; apr&#232;s sa disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Au XVII&#176; si&#232;cle, un auteur ne peut exister sans le soutien d'un puissant protecteur : un ministre, un prince de sang.... Malchance ? Manque de clairvoyance ? La Fontaine compromet les d&#233;buts prometteurs de sa carri&#232;re en acceptant la bienveillance du puissant Fouquet. Lorsque le Contr&#244;leur G&#233;n&#233;ral des Finances paye de sa libert&#233; la somptueuse f&#234;te qu'il donne &#224; Vaux Le Vicomte pour &#233;blouir le Roi Soleil, La Fontaine partage malgr&#233; lui la d&#233;ch&#233;ance de son ma&#238;tre. Colbert dans un premier temps, puis le souverain en personne ne lui pardonnent pas les ann&#233;es pass&#233;es aupr&#232;s du ministre condamn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les talents artistiques de l'homme ne font pas sans doute pas l'unanimit&#233; &#224; la Cour de Versailles n&#233;anmoins les admirateurs ne manquent pas. Quelques figures importantes de la Haute Aristocratie prennent fait et cause pour l'&#233;crivain mal aim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La Fontaine est surtout connu pour les dizaines de fables qu'il a compos&#233;es jusqu'&#224; la veille de sa mort. La fable est un genre litt&#233;raire tr&#232;s ancien et d&#233;j&#224; utilis&#233;. A l'&#233;poque de l'Antiquit&#233; romaine, Esope r&#233;dige de courtes histoires mettant en sc&#232;ne hommes et animaux. Le r&#233;cit s'ach&#232;ve sur une morale dont il revient au lecteur de tirer un enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Des si&#232;cles plus tard, La Fontaine s'inspire des h&#233;ritages de son brillant a&#238;n&#233; : il y ajoute pourtant sa touche particuli&#232;re : ton r&#233;solument moqueur, personnage plus &#233;toff&#233;s......&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'auteur n'a que peu d'indulgence pour la soci&#233;t&#233; de son &#233;poque. Remarquablement pr&#233;cis dans ses observations, ironique et malicieux &#224; la fois, l'homme aborde les d&#233;fauts, les manies de ses contemporains &#224; travers la mise en sc&#232;ne d'un bestiaire vari&#233; et exotique. Du rat avare au singe hypocrite, du lion orgueilleux au renard rus&#233;, de l'&#226;ne soumis &#224; l'ours violent, La Fontaine expose &#224; son lecteur sans rien en dissimuler les comportements risibles, et souvent ridicules, des hommes du XVII&#176; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Mal re&#231;u &#224; Versailles, l'&#233;crivain ne se prive pas de souligner, parfois cruellement, les absurdit&#233;s de la Cour du Roi Soleil. Deux fables &#233;clairent les couloirs du palais d'une lumi&#232;re bien &#233;trange : au-del&#224; des salons feutr&#233;s, des anti- chambres cossues, mensonges, hypocrisies et trahisons r&#233;gissent les rapports de ceux qui vivent &#224; l'ombre du souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;titre2&#034;&gt;LA COUR DU LION.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sa Majest&#233; Lionne un jour voulut conna&#238;tre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelles nations le Ciel l'avait fait ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il manda donc par d&#233;put&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses vassaux de toute nature,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoyant de tous les c&#244;t&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une circulaire &#233;criture,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son sceau. L'&#233;crit portait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'un mois durant le Roi tiendrait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cour pl&#233;ni&#232;re, dont l'ouverture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devait &#234;tre un fort grand festin,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivi des tours de Fagotin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce trait de magnificence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Prince &#224; ses sujets &#233;talait sa puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En son Louvre il les invita.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel Louvre ! Un vrai charnier, dont l'odeur se porta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord au nez des gens. L'Ours boucha sa narine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se f&#251;t bien pass&#233; de faire cette mine,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa grimace d&#233;plut. Le Monarque irrit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'envoya chez Pluton faire le d&#233;go&#251;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Singe approuva fort cette s&#233;v&#233;rit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et flatteur excessif il loua la col&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la griffe du Prince, et l'antre, et cette odeur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait ambre, il n'&#233;tait fleur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui ne f&#251;t ail au prix. Sa sotte flatterie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eut un mauvais succ&#232;s, et fut encore punie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Monseigneur du Lion-l&#224;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fut parent de Caligula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Renard &#233;tant proche : Or &#231;&#224;, lui dit le Sire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que sens-tu ? Dis-le-moi : parle sans d&#233;guiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre aussit&#244;t de s'excuser,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All&#233;guant un grand rhume : il ne pouvait que dire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans odorat ; bref, il s'en tire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci vous sert d'enseignement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne soyez &#224; la cour, si vous voulez y plaire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni fade adulateur, ni parleur trop sinc&#232;re,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et t&#226;chez quelquefois de r&#233;pondre en Normand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le ton ironique de cette fable ne doit pas &#233;chapper. Les animaux mis en sc&#232;ne ne sont pas choisis par hasard. Chacun joue un r&#244;le bien pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- Le lion. Sa puissance, son orgueil d&#233;mesur&#233;, son attitude rappellent le comportement de Louis XIV. A l'image de l'animal qui le symbolise, le roi r&#232;gne en ma&#238;tre sur sa Cour. Jaloux de son pouvoir, m&#233;fiant d'une Noblesse remuante de nature, il convoque r&#233;guli&#232;rement aupr&#232;s de lui les princes de sang pour mieux les surveiller. Une invitation &#224; Versailles ne se d&#233;cline pas. Il faut s'y soumettre, quitter sur l'heure sa r&#233;sidence provinciale et accourir au plus vite. La violence que le lion d&#233;ploie quand un courtisan commet l'erreur de lui d&#233;plaire (L'Ours grimace de d&#233;go&#251;t lorsque lui parviennent les relents du charnier) souligne avec quelle facilit&#233; le souverain peut briser la r&#233;putation, la renomm&#233;e de celui qui ne satisfait pas ses exigences. Attention toutefois ! Si le lion n'est pas dupe des courbettes du singe r&#233;joui de sa s&#233;v&#233;rit&#233;, Louis XIV n'appr&#233;cie pas davantage les hypocrisies trop marqu&#233;es d'un courtisan empress&#233; et soucieux d'obtenir sa faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- Le singe, l'ours et le renard &#233;voquent les attitudes de la Cour. Le bonheur qu'&#233;prouve le singe quand l'ours endure la col&#232;re l&#233;onine n'est pas sans rappeler que de profondes tensions animent les couloirs de Versailles : la d&#233;ch&#233;ance de l'un fait le bonheur de l'autre, la disgr&#226;ce du malheureux arrange les affaires de l'ambitieux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- La morale de la fable r&#233;sonne comme un avertissement. Le Renard est le plus malin de ses comp&#232;res. Il a compris qu'au palais de son ma&#238;tre, il n'est jamais bon de d&#233;voiler trop haut ses opinions. L'hypocrisie n'est cependant pas meilleure conseill&#232;re. La Fontaine pr&#233;vient : un bon courtisan ne prend jamais ouvertement parti et doit &#233;viter de se compromettre dans de trop violentes querelles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;- Enfin, la comparaison que l'auteur utilise quand il &#233;voque la Cour d&#233;voile des sentiments sans concession &#224; l'&#233;gard d'un univers o&#249; il ne s'est jamais senti &#224; son aise. Le message est clair : par del&#224; les dorures des tableaux et l'&#233;clat brillant de la Galerie des Glaces, les corridors du palais ne sont gu&#232;re plus avenants qu'un affreux charnier. Comportements &#233;c&#339;urants, attitudes r&#233;pugnantes d&#233;couragent l'honn&#234;te homme de p&#233;n&#233;trer &#224; Versailles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;titre2&#034;&gt;LES OBSEQUES DE LA LIONNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme du Lion mourut :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t chacun accourut&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'acquitter envers le Prince&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De certains compliments de consolation,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sont surcro&#238;t d'affliction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fit avertir sa Province&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les obs&#232;ques se feraient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel jour, en tel lieu ; ses Pr&#233;v&#244;ts y seraient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;gler la c&#233;r&#233;monie,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour placer la compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jugez si chacun s'y trouva.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Prince aux cris s'abandonna,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout son antre en r&#233;sonna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Lions n'ont point d'autre temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entendit &#224; son exemple&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rugir en leurs patois Messieurs les Courtisans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;finis la cour un pays o&#249; les gens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tristes, gais, pr&#234;ts &#224; tout, &#224; tout indiff&#233;rents,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont ce qu'il pla&#238;t au Prince, ou s'ils ne peuvent l'&#234;tre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#226;chent au moins de le para&#238;tre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peuple cam&#233;l&#233;on, peuple singe du ma&#238;tre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dirait qu'un esprit anime mille corps ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien l&#224; que les gens sont de simples ressorts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir &#224; notre affaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cerf ne pleura point, comment e&#251;t-il pu faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mort le vengeait ; la Reine avait jadis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etrangl&#233; sa femme et son fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref il ne pleura point. Un flatteur l'alla dire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et soutint qu'il l'avait vu rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re du Roi, comme dit Salomon,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est terrible, et surtout celle du roi Lion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce Cerf n'avait pas accoutum&#233; de lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monarque lui dit : Ch&#233;tif h&#244;te des bois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ris, tu ne suis pas ces g&#233;missantes voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'appliquerons point sur tes membres profanes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos sacr&#233;s ongles ; venez Loups,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vengez la Reine, immolez tous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tra&#238;tre &#224; ses augustes m&#226;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cerf reprit alors : Sire, le temps de pleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est pass&#233; ; la douleur est ici superflue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre digne moiti&#233; couch&#233;e entre des fleurs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout pr&#232;s d'ici m'est apparue ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je l'ai d'abord reconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ami, m'a-t-elle dit, garde que ce convoi,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je vais chez les Dieux, ne t'oblige &#224; des larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Champs Elysiens j'ai go&#251;t&#233; mille charmes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conversant avec ceux qui sont saints comme moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laisse agir quelque temps le d&#233;sespoir du Roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y prends plaisir. A peine on eut ou&#239; la chose,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on se mit &#224; crier : Miracle, apoth&#233;ose !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cerf eut un pr&#233;sent, bien loin d'&#234;tre puni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amusez les Rois par des songes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Flattez-les, payez-les d'agr&#233;ables mensonges,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque indignation dont leur c&#339;ur soit remplie,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils goberont l'app&#226;t, vous serez leur ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Cette fable s'inspire d'un malheur survenu &#224; la Cour du Roi Soleil : le d&#233;c&#232;s en 1683 de la reine Marie Th&#233;r&#232;se d'Espagne que Louis XIV a &#233;pous&#233; &#224; l'occasion du trait&#233; des Pyr&#233;n&#233;es (Juin 1660).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La disparition tragique de l'Infante peine naturellement le souverain mais chacun sait bien que le couple royal n'&#233;tait pas un mod&#232;le d'harmonie : timide, effac&#233;e et sans beaut&#233; particuli&#232;re, Marie Th&#233;r&#232;se ne pouvait gu&#232;re combler les attentes de son mari. Tenu &#224; l'&#233;cart des grandes d&#233;cisions politiques, m&#234;me quand celles-ci engageaient l'avenir de son pats natal, la malheureuse princesse de l'Escurial assistait silencieuse aux infid&#233;lit&#233;s manifestes de son conjoint dont les d&#233;tails animaient les conversations des antichambres de Versailles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;A la mani&#232;re du Lion inconsolable rassemblant autour de lui ses courtisans, Louis XIV instrumentalise les fun&#233;railles de la d&#233;funte : un moyen bien trouv&#233; d'afficher la puissance incontest&#233;e de son pouvoir. L'&#233;v&#232;nement fournit &#224; La Fontaine l'occasion de d&#233;ployer l'ironie blessante dont il est coutumier quand il s'int&#233;resse &#224; la Cour.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'auteur se permet d'ailleurs une digression au long du r&#233;cit : &#233;voquant la d&#233;tresse du Lion que ses familiers se font un devoir de partager, il offre au lecteur sa vision personnelle de la Cour, un univers clos o&#249; les &#233;motions et les attitudes &#233;voluent en fonction de l'humeur royale. Que le malheur frappe le souverain, et Versailles en son entier prend le deuil. Que le souverain &#233;prouve la joie d'une naissance heureuse, d'un mariage r&#233;ussi pour ses enfants et les couloirs du ch&#226;teau r&#233;sonnent des rires de la Cour.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;A l'image du cerf, que la disparition de la Lionne laisse indiff&#233;rent, il est toujours mal vu et dangereux de se distinguer. Le d&#233;tachement qu'affiche l'animal au malheur de son ma&#238;tre lui vaut le risque d'une mise &#224; mort imm&#233;diate. A Versailles, la disgr&#226;ce, que l'on redoute tant, sanctionne ceux qui ne respectent pas les principes essentiels de la vie &#224; la Cour du Roi-Soleil : nul ne peut se permettre d'oublier que le roi contr&#244;le jusqu'aux sentiments de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La morale de la fable est cruelle. L'&#233;crivain le dit sans d&#233;tour : un souverain appr&#233;cie les compliments et les flatteries. L'homme malicieux obtient de son ma&#238;tre n'importe quelle faveur pour peu qu'il distille avec intelligence quelques hypocrisies.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Mal aim&#233; en son temps, incompris et critiqu&#233; de ses pairs, La Fontaine est pourtant devenu au lendemain de sa mort l'un des plus talentueux &#233;crivains de la litt&#233;rature fran&#231;aise. Ses dizaines de fables, auxquelles pourtant il ne pr&#234;tait qu'une importance secondaire, entretiennent sa gloire posthume. Apprises et r&#233;cit&#233;es par des g&#233;n&#233;rations d'&#233;coliers, traduites en plusieurs langues, elles fournissent aux historiens actuels une image pr&#233;cieuse, quoique tr&#232;s souvent ironique, de la soci&#233;t&#233; du XVII&#176; si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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