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	<title>Coll&#232;ge Robert Doisneau</title>
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	<description>Site officiel du coll&#232;ge Robert Doisneau de Gonesse</description>
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		<title>Coll&#232;ge Robert Doisneau</title>
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		<title>Verr&#232;s ou l'art de la corruption &#224; l'&#233;poque de la Rome antique.</title>
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&lt;p&gt;Premier si&#232;cle avant J&#233;sus- Christ. Rome vit des heures troubles. Le subtil &#233;quilibre des institutions que la R&#233;publique avait su jadis r&#233;aliser menace de se rompre. Les pratiques politiques de l'aristocratie traditionnelle &#233;voluent, se transforment. Autrefois, s'engager au service de l'Etat pour l'exercice d'une magistrature relevait d'un devoir civique. Devoir que les patriciens assumaient volontiers et se transmettaient de g&#233;n&#233;rations en g&#233;n&#233;rations. L'ascension rapide de familles issues de la pl&#232;be (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Pour les plus curieux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Premier si&#232;cle avant J&#233;sus- Christ. Rome vit des heures troubles. Le subtil &#233;quilibre des institutions que la R&#233;publique avait su jadis r&#233;aliser menace de se rompre. Les pratiques politiques de l'aristocratie traditionnelle &#233;voluent, se transforment. Autrefois, s'engager au service de l'Etat pour l'exercice d'une magistrature relevait d'un devoir civique. Devoir que les patriciens assumaient volontiers et se transmettaient de g&#233;n&#233;rations en g&#233;n&#233;rations. L'ascension rapide de familles issues de la pl&#232;be produit, au lendemain de la royaut&#233;, une premi&#232;re mutation : bien qu'ils ne puissent p&#233;n&#233;trer les rangs tr&#232;s ferm&#233;s de la vieille noblesse, faute d'une ascendance prestigieuse, des hommes enrichis et influents r&#233;clament un droit d'acc&#232;s au pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le combat est long. Il n&#233;cessite plusieurs d&#233;cennies de luttes et de revendications. La soci&#233;t&#233; finit n&#233;anmoins par s'adapter. La pl&#232;be obtient enfin le droit d'&#233;lire ses propres repr&#233;sentants, les tribuns. Un tribun est un personnages sacr&#233;, inviolable (Nul ne peut porter la main sur lui lorsqu'il exerce son activit&#233;), capable de contester toute d&#233;cision politique s'il la juge incompatible aux int&#233;r&#234;ts du peuple. La victoire est acquise au prix d'un engagement violent et d'une menace de s&#233;cession. Ce n'est l&#224; qu'une &#233;tape. D'autres suivent rapidement. Le processus aboutit finalement &#224; l'entr&#233;e des lign&#233;es pl&#233;b&#233;iennes les plus puissantes au c&#339;ur des rouages administratifs du r&#233;gime. Le fait m&#233;rite d'&#234;tre soulign&#233; car il marque le tournant incontournable de l'histoire r&#233;publicaine. Il red&#233;finit &#233;galement les contours d'une aristocratie nouvelle, une aristocratie agr&#233;geant au patriciat ancien les descendants de familles qui n'ont jusqu'&#224; pr&#233;sent d&#233;tenu aucune fonction politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conqu&#234;tes m&#233;diterran&#233;ennes &#224; partir du III&#176; si&#232;cle avant J&#233;sus- Christ annoncent le temps d'une autre rupture. Une rupture violente. Une rupture que l'on trouve &#224; l'origine d'un ordre social transform&#233;. L'int&#233;gration progressive des r&#233;gions conquises &#224; la p&#233;ninsule italienne alimente un flux consid&#233;rable de richesses vers Rome. Les &#233;l&#233;ments essentiels du dynamisme &#233;conomique que les sources latines &#233;voquent abondamment se mettent en place. Si, dans son ensemble, la paysannerie traditionnelle des campagnes &#233;prouve maintes difficult&#233;s &#224; s'adapter aux sp&#233;culations des grands domaines agricoles de Sicile, d'Espagne ou d'Egypte, le commerce profite des relations que les n&#233;gociants &#233;tablissent d'un rivage &#224; l'autre du monde romain. Des fortunes colossales se construisent en quelques g&#233;n&#233;rations. Fortunes qui ne sont plus exclusivement fonci&#232;res, comme par le pass&#233;. Quelques ambitieux b&#226;tissent leur puissance sur le contr&#244;le de vastes r&#233;seaux financiers. Au sommet de l'Etat, magistrats et fonctionnaires participent &#224; l'exploitation de l'empire : le cas de Verr&#232;s est &#224; ce titre exemplaire. Ce gouverneur de Sicile utilise les commandes du pouvoir pour d&#233;tourner &#224; son profit personnel un volume consid&#233;rable de richesses. Faut-il voir dans cette attitude particuli&#232;re (qui a d'ailleurs profond&#233;ment scandalis&#233; la soci&#233;t&#233; de l'&#233;poque) le reflet d'une corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e, sur les bords de la M&#233;diterran&#233;e ? N'est-il pas dangereux d'&#233;tendre &#224; l'ensemble des &#233;lites politiques la pratique d'abus certes exceptionnellement graves mais peut-&#234;tre moins fr&#233;quents qu'il pourrait y para&#238;tre au premier abord ? Si l'on en croit certains auteurs latins, Verr&#232;s serait le mod&#232;le le plus accompli de cette vieille aristocratie install&#233;e au c&#339;ur des rouages institutionnels. Une aristocratie qui tire l'essentiel de son pouvoir politique du souvenir glorieux de lign&#233;es auxquelles elle se rattache. Une aristocratie qui fonde sa l&#233;gitimit&#233; sur d'anciennes g&#233;n&#233;alogies o&#249; paraissent de respectables anc&#234;tres, responsables en leur temps d'une magistrature. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parvenu au consulat, Marius d&#233;fend d'autres valeurs, des valeurs qui ne sont pas celle de la noblesse traditionnelle, une mani&#232;re nouvelle de concevoir l'exercice du pouvoir. L'ambitieux personnage est un &#171; Homme Nouveau &#187;. Sa famille n'a jamais avant lui assum&#233; de charges publiques. Son ascension s'appuie non sur la r&#233;putation de ses origines (R&#233;putation dont, du reste, il ne dispose pas) mais bien plus sur ses aptitudes intellectuelles, sa d&#233;termination, ses capacit&#233;s. Au principe de filiation si cher &#224; l'aristocratie, Marius oppose celui du m&#233;rite. Le c&#233;l&#232;bre Cic&#233;ron reprend d'ailleurs pour ses besoins litt&#233;raires des arguments identiques. Dans une &#339;uvre prodigieuse, les Verrines (R&#233;quisitoire compos&#233; &#224; l'occasion du proc&#232;s de Verr&#232;s), il &#233;voque abondamment la faiblesse majeure des institutions r&#233;publicaines : la noblesse traditionnelle assoit son pouvoir politique sur le seul privil&#232;ge d'une naissance prestigieuse ou reconnue comme telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'est pas certain que le cursus particulier de Verr&#232;s soit v&#233;ritablement significatif d'une r&#233;alit&#233; v&#233;cue, il n'en montre pas moins que l'homme apparient au groupe de ceux que l'on appelle &#224; Rome les &#171; Optimates &#187; (Les meilleurs, dans notre langue moderne) parce qu'ils disposent des honneurs et de la renomm&#233;e que leur offre l'exercice des magistratures. &lt;br class='autobr' /&gt;
Verr&#232;s est l'h&#233;ritier d'une vieille famille patricienne dont le souvenir s'ancre au c&#339;ur de la m&#233;moire r&#233;publicaine. La mort de son p&#232;re lui laisse un formidable patrimoine financier et foncier. Le jeune gar&#231;on m&#232;ne l'existence ordinaire des membres les plus puissants de la noblesse. Existence que Cic&#233;ron critique abondamment tout au long de son r&#233;quisitoire. Verr&#232;s s'&#233;tourdit dans les plaisirs, le luxe et le faste. La passion des jeux de d&#233;s le prend tr&#232;s t&#244;t. Il y risque de grosses sommes. Il y perd beaucoup. De banquets en paris manqu&#233;s, de spectacles en divertissements co&#251;teux, il finit par dilapider tout ce qu'il poss&#232;de. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'imprudent n&#233;anmoins aime trop le luxe pour se satisfaire d'une vie plus ordinaire. Il a besoin d'argent, de beaucoup d'argent. D&#232;s lors, et jusqu'&#224; la fin sa carri&#232;re publique, il usera de tous les moyens pour accaparer, voler ou d&#233;tourner ce qu'il s'appliquera &#224; d&#233;penser en quelques soir&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; L'implication pass&#233;e de ses anc&#234;tres au service de la R&#233;publique lui ouvre naturellement les portes du monde politique. Verr&#232;s n'a assur&#233;ment pas les aptitudes d'un magistrat efficace et talentueux. Les graves erreurs dont il portera ult&#233;rieurement la responsabilit&#233; suffisent &#224; le montrer. Pense-t-il trouver dans sa participation au gouvernement de l'empire une mani&#232;re de s'enrichir facilement ? Sans doute. A l'&#233;poque o&#249; Rome &#233;tend son ombre sur les r&#233;gions de la M&#233;diterran&#233;e, de telles pr&#233;occupations ne sont pas inhabituelles. Gouverneurs, propr&#233;teurs, proconsuls ou fonctionnaires songent &#224; tirer profit d'une position politique parfois difficilement conquise. Une mani&#232;re de r&#233;compenser les sacrifices consentis (L'&#233;lection aux magistratures sup&#233;rieures n&#233;cessitent en principe de prodigieuses d&#233;penses). Une mani&#232;re &#233;galement de se rembourser lorsqu'il a fallu payer tr&#232;s cher les soutiens, les alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 84 avant J&#233;sus- Christ, Verr&#232;s devient questeur, sa premi&#232;re fonction. Une fonction co&#251;teuse. Ce qui nous surprend aujourd'hui passe pour &#234;tre une pratique courante de l'aristocratie &#224; l'&#233;poque de la Rome antique : s'il veut emporter la d&#233;cision d'un scrutin, un candidat &#233;tale sa g&#233;n&#233;rosit&#233; et ses largesses. Une mani&#232;re efficace de rassembler autour de soi les voix indispensables &#224; la victoire. La popularit&#233; d'un pr&#233;tendant &#224; une magistrature est d'autant plus &#233;lev&#233;e que celui-ci multiplie les gestes s&#233;ducteurs : organisations de jeux et de divertissements, etc&#8230;. Un homme isol&#233; et sans relation ne peut s'&#233;lever sur la sc&#232;ne publique. Disposer du pouvoir suppose que l'on ait tiss&#233; autour de soi un vaste r&#233;seau d'oblig&#233;s, &#171; des clients &#187;, qui en &#233;change de services divers (Protection, assistance &#8230;) apportent leur soutien au moment des grands rendez-vous &#233;lectoraux. Les sommes investies sont immenses, les &#233;lites politiques alimentent par leurs pratiques la circulation d'un important volume de richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute Verr&#232;s consent-il lui aussi de grosses d&#233;penses avant d'obtenir la questure. Avec dix neuf autres coll&#232;gues (Il y a vingt questeurs &#224; Rome) il lui revient de g&#233;rer les finances de l'empire. Pour un homme comme lui, la perspective de manipuler le produit lucratif des imp&#244;ts, des tributs ou des butins est une v&#233;ritable aubaine. Une terrible tentation aussi &#224; laquelle il n'a de toute fa&#231;on aucune envie de r&#233;sister. Sa premi&#232;re mission le conduit aupr&#232;s de l'un des deux consuls de Rome. Premi&#232;re mission et premi&#232;re malversation. Il d&#233;tourne &#224; son profit une partie des fonds de l'arm&#233;e puis s'enfuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux dires de ses ennemis, Verr&#232;s a toujours &#233;t&#233; un pi&#232;tre administrateur. N&#233;anmoins, &#224; l'&#233;poque de la guerre sans merci que se livrent Marius et Sylla, il fait les bons choix politiques. Il part se r&#233;fugier aupr&#232;s de Sylla, qui, vainqueur d'un long conflit en Orient, d&#233;barque sur le sol italien pour reprendre le pouvoir. Verr&#232;s mise sur le bon parti : Sylla p&#233;n&#232;tre &#224; Rome et y &#233;limine au cours d'une proscription sanglante les amis de son adversaire (Marius est d&#233;c&#233;d&#233; un peu plus t&#244;t).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le questeur malhonn&#234;te a pris une heureuse d&#233;cision (Ce qui lui sauve d'ailleurs la vie). Quatre ans plus tard, sorti de ses fonctions, il s'arrange pour obtenir le poste convoit&#233; de l&#233;gat du propr&#233;teur de Cilicie, une province d'Asie Mineure que l'on conna&#238;t pour ses richesses (Un propr&#233;teur est un gouverneur que la collaboration d'un l&#233;gat, c'est &#224; dire d'un repr&#233;sentant, peut soulager et aider). Verr&#232;s a une fois encore beaucoup d&#233;pens&#233; : pour sa nomination, il paye les personnages les plus influents, &#233;tale sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, ses largesses, ach&#232;te les soutiens utiles. Le s&#233;jour qu'il passe en Cilicie met &#224; sa port&#233;e de fabuleux tr&#233;sors. Il y d&#233;couvre une r&#233;gion riche, des temples couverts d'or et des palais emplis d'&#339;uvres d'art. Le magistrat s'accapare tout ce qui lui est permis : des richesses du Parth&#233;non aux statues du sanctuaire d'Apollon en passant par les tableaux offerts &#224; la d&#233;esse Junon, les plus beaux tr&#233;sors orientaux embellissent ses jardins personnels. Une attitude ordinaire de l'aristocratie romaine : le pouvoir d'un homme se mesure &#224; l'&#233;tendue de son patrimoine. Patrimoine qu'il est n&#233;cessaire d'exposer aux yeux de ses compagnons et amis parce qu'il est source de puissance tant &#233;conomique que politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Verr&#232;s n'est pas seulement un homme avide. Ses acc&#232;s de violence, ses brusques &#233;clats de col&#232;re marquent les esprits. &lt;br class='autobr' /&gt;
En t&#233;moigne la malheureuse aventure de ce magistrat de Sicyone, aux extr&#233;mit&#233;s du P&#233;loponn&#232;se, qui refuse le versement injustifi&#233; d'une somme d'argent. Le l&#233;gat se f&#226;che et con&#231;oit de l'affront subi une affreuse vengeance. Il enferme le r&#233;calcitrant dans un local minuscule puis le fait abondamment enfumer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus tard, &#224; Lampsaque, en Asie Mineure, il s'&#233;prend de la fille de son h&#244;te Philodamus. Econduit et sans doute terriblement humili&#233;, il organise l'enl&#232;vement de la jeune femme. Le fr&#232;re de l'infortun&#233;e intervient et avec quelques compagnons, brise les plans de l'amoureux repouss&#233;. La fureur de Verr&#232;s est &#224; la mesure de son d&#233;pit : il fait ex&#233;cuter Philodamus et son fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa mission accomplie (Si l'on peut dire), l'homme revient &#224; Rome. Sa r&#233;putation le pr&#233;c&#232;de : on a appris les exactions commises en Asie Mineure, on sait que Verr&#232;s se conduit bien plus en tyran avide et cruel qu'en responsable politique soucieux des int&#233;r&#234;ts du peuple romain.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ann&#233;e 74 marque une autre &#233;tape de sa carri&#232;re : il obtient son &#233;lection &#224; la charge de pr&#234;teur urbain. Cette magistrature sup&#233;rieure lui offre la direction des tribunaux de la capitale. Le personnage d&#233;couvre, comme par le pass&#233;, les moyens d'un enrichissement rapide. Il s'arrange pour truquer les dossiers que l'on soumet &#224; son jugement et vend m&#234;me le verdict des proc&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses pratiques scandaleuses font vite le tour du Forum : les Romains n'ignorent pas les comportements de Verr&#232;s (L'homme s'appuie r&#233;guli&#232;rement sur les conseils douteux d'une belle courtisane avant de prendre ses d&#233;cisions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa sortie de charge, le passif est accablant. Malgr&#233; tout, l'homme jouit toujours du prestige de sa lign&#233;e familiale. On le choisit comme propr&#233;teur de Sicile, la plus ancienne des provinces de l'empire, conquise en 241 avant J&#233;sus Christ, au lendemain de la premi&#232;re guerre punique contre Carthage. On imagine avec quel empressement Verr&#232;s part y prendre ses fonctions. Un empressement que l'on comprend d'autant mieux si l'on songe que l'&#238;le est particuli&#232;rement opulente. Terre de civilisation grecque (Depuis le VIII&#176; si&#232;cle avant J&#233;sus- Christ), la r&#233;gion passe pour le grenier &#224; bl&#233; de la M&#233;diterran&#233;e occidentale. Verr&#232;s multiplie les exactions, les violences, tant est si bien que les cit&#233;s pass&#233;es sous son administration finissent par se r&#233;volter et demandent l'arbitrage de Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le propr&#233;teur dispose de vastes pouvoirs : responsable de la justice, des garnisons locales et de la lev&#233;e des imp&#244;ts. Les tr&#233;sors que le pass&#233; hell&#233;nique a laiss&#233;s en h&#233;ritage le grisent. Il organise un vaste r&#233;seau d'amis et d'oblig&#233;s, attach&#233;s &#224; son service personnel. Les collaborateurs choisis sont &#224; l'image de leur ma&#238;tre : int&#233;ress&#233;s et avides, ils esp&#232;rent bien obtenir une part des richesses qu'ils r&#233;cup&#232;rent pour leur ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; l'&#233;poque de son s&#233;jour en Asie Mineure, Verr&#232;s accumule les exactions : aux malversations, aux d&#233;tournements de fonds, s'ajoutent les irr&#233;gularit&#233;s judiciaires. Une corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e semble se r&#233;pandre &#224; tous les &#233;chelons du gouvernement provincial : des proc&#232;s truqu&#233;s, des sentences achet&#233;es aux &#233;lections arrang&#233;es (Notamment le tirage au sort traditionnel du grand pr&#234;tre de Zeus &#224; Syracuse) aux perceptions frauduleuses du produit des imp&#244;ts, tout est &#224; mati&#232;re &#224; monnayage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;lices du pouvoir &#233;tourdissent le propr&#233;teur : &#224; l'image des tyrans de l'antiquit&#233; grecque (Image que Cic&#233;ron utilise abondamment dans son r&#233;quisitoire), il ordonne que chaque cit&#233; dresse des statues &#224; son effigie et ne se d&#233;place qu'en liti&#232;re, entour&#233; d'une formidable escorte personnelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cruel, Verr&#232;s l'est tout autant qu'autrefois. Malheur &#224; ceux qui osent s'&#233;lever ou protester contre les abus du gouvernement local. Un magistrat de Syracuse, Sopater, paye cher le refus de livrer la statue de Mercure que Verr&#232;s lui r&#233;clamait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cic&#233;ron &#233;voque le supplice inflig&#233; au malheureux : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On &#233;tait en plein hiver, le temps comme vous l'avez entendu dire &#224; Sopater lui- m&#234;me &#233;tait tr&#232;s froid, la pluie abondante, quand Verr&#232;s commande aux licteurs de jeter Sopater du haut de la galerie o&#249; il si&#233;geait et de le mettre &#224; nu. A peine cet ordre avait-il &#233;t&#233; donn&#233; que vous auriez vu la victime d&#233;pouill&#233;e de ses v&#234;tements et serr&#233;e entre les licteurs (&#8230;.). Il y a au milieu de la place publique des statues &#233;questres des Marcellus (patrons de la Sicile) comme dans presque toutes les villes de Sicile. Verr&#232;s choisit celle de Ca&#239;us Marcellus dont les bons offices envers la province toute enti&#232;re &#233;taient les plus r&#233;cents et les plus importants. C'est l&#224; qu'il ordonne d'&#233;carteler et d'attacher Sopater, homme bien connu dans son pays et honor&#233; d'une magistrature. Ce que fut son supplice, une fois attach&#233; en plein air, tout nu, sous la pluie, au froid, tous se le repr&#233;sentaient n&#233;cessairement. Et pourtant cet outrage et cette cruaut&#233; ne prirent fin que lorsque le peuple et la foule en masse, soulev&#233; par l'indignit&#233; du spectacle et par la piti&#233;, forc&#232;rent le S&#233;nat par leur cri &#224; promettre la statue de Mercure &#224; Verr&#232;s. Ainsi, Sopater, d&#233;j&#224; presque raidi par le froid est emport&#233; plus mort que vif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un second passage de Cic&#233;ron rappelle le souvenir d'un autre &#233;v&#232;nement au cours duquel Verr&#232;s se laisse aller &#224; ses col&#232;res proverbiales. Le fait survient peu apr&#232;s la d&#233;faite d'une flotte romaine envoy&#233;e contre les pirates qui, &#224; cette &#233;poque, mettent &#224; feu et &#224; sang les rivages de la Sicile. Le ch&#226;timent du propr&#233;teur est exemplaire. Les capitaines revenus de l'exp&#233;dition manqu&#233;e sont enferm&#233;s dans une prison de Syracuse. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les condamn&#233;s sont enferm&#233;s en prison ; leur supplice est d&#233;cid&#233; ; les malheureux parents des capitaines les subissent ; on leur d&#233;fend de visiter leurs fils ; on leur d&#233;fend de porter &#224; leurs enfants nourriture et v&#234;tements. Ces p&#232;res que vous voyez &#233;taient couch&#233;s sur le seuil de la prison, les malheureuses m&#232;res passaient toute la nuit devant la porte. On les emp&#234;chait de voir une derni&#232;re fois leurs enfants. Elles ne demandaient qu'une chose, la permission de recueillir dans u baiser le dernier soupir de leur fils. Il y avait l&#224; un ge&#244;lier dans la prison, le bourreau du pr&#234;teur, la mort et la terreur des alli&#233;s et des citoyens, Sextius qui tirait profit des g&#233;missements et de la douleur de tous : &#171; Pour entrer, tu donneras tant. Pour introduire des vivres, ce sera tant. &#187;. Nul ne refusait. &#171; Et pour que d'un seul coup de hache, je donne la mort &#224; ton fils, que donneras-tu ? Pour qu'il ne soit pas tortur&#233; longtemps ? Pour qu'il ne soit pas frapp&#233; de trop de coups ? Pour que la vie lui soit &#244;t&#233;e sans qu'il souffre ? &#187;. M&#234;me pour ce motif, on donnait de l'argent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau est saisissant. A la lecture des lignes pr&#233;c&#233;dentes, il semble que la Sicile de Verr&#232;s soit toute enti&#232;re livrer &#224; la corruption. Du gouverneur au plus mis&#233;rable des gardiens de prison, chacun essaye de tirer un parti int&#233;ressant de ses fonctions. Le tout dans un climat de terreur que l'&#233;crivain d&#233;crit avec des mots justes et pr&#233;cis. On comprend mieux &#224; la lumi&#232;re des documents que la r&#233;volte ait finit par gronder contre le propr&#233;teur. N&#233;anmoins, il revient &#224; l'historien d'&#233;valuer le degr&#233; d'authenticit&#233; de la r&#233;alit&#233; reproduite par les soins de Cic&#233;ron. Le c&#233;l&#232;bre avocat n'a-t-il pas volontairement noirci la situation ? L'intensit&#233; dramatique des deux passages (Intensit&#233; parfaitement mise en &#339;uvre par l'emploi d'un vocabulaire r&#233;fl&#233;chi) doit &#233;mouvoir le lecteur, lui inspirer un sentiment de piti&#233;, de compassion mais aussi de col&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cic&#233;ron &#233;crit dans un but pr&#233;cis : il dresse un r&#233;quisitoire sans appel contre le gouvernement de Verr&#232;s. R&#233;quisitoire compos&#233; pour les besoins de la proc&#233;dure lanc&#233;e &#224; son encontre. Une proc&#233;dure dans laquelle l'auteur, il est important de le souligner, assume la d&#233;fense des cit&#233;s siciliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extrait pr&#233;c&#233;dent l'affirme : Verr&#232;s n'est pas capable de conjurer le p&#233;ril de la piraterie puisque ses navires subissent un &#233;chec humiliant en mer. Il est n&#233;cessaire de revenir sur ce point particulier. Au premier si&#232;cle avant J&#233;sus Christ, les richesses de la province attisent la convoitise de pillards organis&#233;s et capables d'incursions meurtri&#232;res. Puisqu'ils disposent de pouvoirs militaires importants, les gouverneurs doivent &#224; ce titre prot&#233;ger les rivages de la r&#233;gion. Mauvais administrateur, Verr&#232;s ne para&#238;t pas meilleur strat&#232;ge. En ce domaine, ses pratiques douteuses g&#234;nent consid&#233;rablement l'action de la flotte romaine et expliquent, au moins en partie, les revers successifs de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, deux lieutenants du propr&#233;teur ram&#232;nent &#224; Syracuse un navire corsaire avec &#224; son bord une fabuleuse cargaison. En &#233;change du butin qu'il r&#233;cup&#232;re discr&#232;tement, Verr&#232;s fait &#233;vader l'&#233;quipage captif des terribles mines Latomies et lui substitue, pour tromper la vigilance des gardiens, de simples prisonniers. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les pirates &#233;cument bient&#244;t &#224; nouveau les c&#244;tes. La flotte se mobilise mais ses faiblesses sont r&#233;elles : non seulement elle manque de soldats et de marins (parce que Verr&#232;s a permis, moyennent finances, que les cit&#233;s de l'&#238;le puissent rallonger les cong&#233;s militaires de leurs troupes) mais son commandement revient au Syracusain Cl&#233;om&#232;ne, un personnage sans envergure et surtout incapable de mener efficacement ses vaisseaux au combat. Une s&#233;rie d'erreurs strat&#233;giques produisent le d&#233;sastre : l'affrontement tourne au d&#233;savantage des Siciliens et ouvre aux pillards l'acc&#232;s au port de Syracuse. Vaincu et conscient qu'il n'a aucune mansu&#233;tude &#224; attendre de son ma&#238;tre, Cl&#233;om&#232;ne dispara&#238;t. Ses capitaines payent pour lui les fautes commises et p&#233;rissent sur ordre de Verr&#232;s, ex&#233;cut&#233;s dans d'affreuses conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouverneur doit en outre g&#233;rer un autre danger, tout aussi grave et pressant que le premier : en Italie, une immense r&#233;volte servile, conduite par un personnage d'origine mal connue, Spartacus, menace le pouvoir de Rome. Les rebelles mettent en d&#233;route les l&#233;gions envoy&#233;es contre eux. Apr&#232;s maintes discussions, ils conviennent de descendre sur le Sud de la p&#233;ninsule o&#249; ils esp&#232;rent s'embarquer sur les navires des pirates. Cic&#233;ron n'en dit pas un mot, mais il semble que l'attitude de Verr&#232;s ait &#233;t&#233; suffisamment ferme pour dissuader Spartacus et les siens d'aborder les rivages de la Sicile. Finalement, l'aventure tourne au bain de sang. Elle marque n&#233;anmoins pour tr&#232;s longtemps les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exc&#232;s du gouverneur, ses cruaut&#233;s inutiles, ses violences gratuites, ses malversations financi&#232;res finissent par provoquer un mouvement de col&#232;re g&#233;n&#233;ralis&#233;. Les cit&#233;s de l'&#238;le envoient devant le s&#233;nat de Rome une d&#233;l&#233;gation d'ambassadeurs. Le rapport est accablant. Si accablant que cette fois, les autorit&#233;s ne peuvent plus fermer les yeux. Une proc&#233;dure judiciaire est imm&#233;diatement ouverte. Verr&#232;s est rappel&#233; &#224; Rome pour y r&#233;pondre des accusations port&#233;es contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits surviennent dans un contexte tr&#232;s particulier qu'il faut &#233;voquer si l'on veut saisir que le proc&#232;s n'est pas une simple p&#233;rip&#233;tie judiciaire. Sa r&#233;sonance politique &#233;branle le c&#339;ur m&#234;me des institutions et offre &#224; la vieille aristocratie romaine (d'o&#249; vient Verr&#232;s) l'occasion d'affronter ses ennemis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Retour en arri&#232;re. Depuis une cinquantaine d'ann&#233;es, le parti des &#171; Populares &#187; se heurte &#224; celui des Optimates. La notion de parti, telle que nous la connaissons aujourd'hui et telle que nous l'utilisons, ne d&#233;crit pas la m&#234;me r&#233;alit&#233; au temps de la Rome antique. A l'&#233;poque, un parti est avant tout un ensemble de personnes partageant une m&#234;me conviction, un m&#234;me id&#233;al, unies au c&#339;ur d'un r&#233;seau relationnel complexe. A la t&#234;te de l'organisation, un ou plusieurs personnages charismatiques, disposant du prestige et de l'influence n&#233;cessaires &#224; leur action politique. Autour, des clients, des prot&#233;g&#233;s qui, en &#233;change de bienfaits, de protection, s'engagent dans la lutte de leurs &#171; patrons &#187;, apportent leurs voix lors des grands rendez- vous &#233;lectoraux. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'exemple des Gracques au II&#176; si&#232;cle avant J&#233;sus- Christ est sur ce point r&#233;v&#233;lateur : mis hors la loi pour ses propositions novatrices, Tib&#233;rius s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; sur la colline de l'Aventin avec des centaines de partisans. Plus tard, Marius, Sylla s'&#233;taient eux aussi appuy&#233; sur le soutien d'amis et de compagnons attach&#233;s &#224; eux. Au sein de ce que nous appelons &#171; parti &#187;, &#224; l'&#233;poque de la R&#233;publique, nulle structure rigide telle que peuvent la conna&#238;tre nos appareils politiques modernes. Les alliances se font et se d&#233;font selon les circonstances du moment, selon les int&#233;r&#234;ts de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sont les Populares ? Ils regroupent en g&#233;n&#233;ral les hommes venus de milieux sociaux parfois tr&#232;s ais&#233;s (N&#233;gociants, commer&#231;ants&#8230;) mais qui ne disposent dans leur lign&#233;e familiale d'aucun anc&#234;tre prestigieux, ayant, &#224; un moment ou un autre, assum&#233; une charge publique. Ce sont les &#171; Hommes Nouveaux &#187; dont Marius se revendiquait haut et fort. Priv&#233;s d'une ascendance illustre, l'acc&#232;s au pouvoir politique leur est difficile. Ils r&#233;clament n&#233;anmoins un r&#244;le politique puisqu'ils d&#233;tiennent &#224; Rome et en Italie une puissance &#233;conomique consid&#233;rable. Au principe de la naissance, qui accorde &#224; l'aristocratie traditionnelle le privil&#232;ge de contr&#244;ler les magistratures r&#233;publicaines, ils opposent le principe du m&#233;rite qui ouvre aux plus capables, aux plus comp&#233;tents les voies du pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Optimates consid&#232;rent avec beaucoup de m&#233;fiance l'ascension sociale et les pr&#233;tentions des &#171; Hommes Nouveaux &#187;. Etre noble dans la Rome r&#233;publicaine suppose que l'on b&#226;tisse sa fortune personnelle sur la possession de domaines fonciers et que l'on compte parmi ses anc&#234;tres de prestigieuses figures politiques. Une personnalit&#233; comme Marius tire sa puissance financi&#232;re d'activit&#233;s autres que celle du travail de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre Populares et Optimates, le dialogue se complique au fur et &#224; mesure et finit par &#233;branler la stabilit&#233; des institutions r&#233;publicaines. Les combats &#233;lectoraux tournent aux affrontements sanglants. La lutte sans merci que se livrent en leur temps Marius et Sylla (Le premier est un &#171; Homme nouveau &#187;, le second un descendant authentique de la noblesse traditionnelle) marque les esprits : le si&#232;ge de Rome au c&#339;ur de l'&#233;t&#233; 87 (Si&#232;ge &#224; l'issue duquel les partisans de Marius massacrent les membres les plus influents du S&#233;nat), la grande proscription de 82 lanc&#233;e par Sylla revenu d'Orient, contre les vainqueurs de la veille, laissent au peuple un go&#251;t amer. Les tragiques &#233;v&#232;nements attisent bien plus qu'ils ne les apaisent les rancoeurs et le d&#233;sir de vengeance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En de telles circonstances, un peu plus de dix ans apr&#232;s, le proc&#232;s de Verr&#232;s intervient pour les Populares comme l'occasion de discr&#233;diter l'aristocratie. Une aristocratie dont Cic&#233;ron et ses amis dresse le sombre portrait : d&#233;bauche, avidit&#233;, orgueil, &#233;go&#239;sme, rien n'est &#233;pargn&#233; aux pairs de Verr&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'ailleurs &#224; Cic&#233;ron que les cit&#233;s siciliennes souhaitent confier la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts. Ce choix se comprend : l'homme conna&#238;t les r&#233;alit&#233;s politiques de l'&#238;le. Il y a exerc&#233; par le pass&#233; une charge de questeur et conserve dans la r&#233;gion de nombreuses relations d'amiti&#233;. L'origine sociale de sa famille (Il est l'h&#233;ritier d'une ancienne lign&#233;e de chevaliers) le conduit naturellement &#224; contrer les privil&#232;ges traditionnels des Optimates. Il a sans doute un temps d'h&#233;sitation (Sa candidature &#224; l'&#233;dilit&#233; l'int&#233;resse peut &#234;tre davantage) mais il finit n&#233;anmoins par accepter de s'engager aupr&#232;s des Siciliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors s'ouvre un long combat judiciaire. Verr&#232;s imagine, avec raison d'ailleurs, que le verdict du proc&#232;s ne lui sera pas favorable tant les crimes et les d&#233;lits dont on l'accuse sont nombreux et &#233;vidents. Aussi, soutenu de ses amis et des d&#233;fenseurs qu'il a choisis, le personnage tente-t-il de retarder l'&#233;ch&#233;ance des premiers d&#233;bats. Cette man&#339;uvre s'explique facilement si on la replace dans le contexte politique de l'&#233;poque : Manius Acilius Glabrion, le pr&#233;sident du tribunal, est connu pour ses sympathies Populares. N&#233;anmoins, ses fonctions de pr&#234;teur doivent bient&#244;t s'achever. Les Optimates pr&#233;voient &#224; sa succession l'un des leurs, qui une fois &#233;lu, n'auraient aucune difficult&#233; &#224; prononcer l'acquittement de l'ancien gouverneur. Pour Cic&#233;ron, au contraire, il est imp&#233;ratif que le proc&#232;s d&#233;bute sans davantage tarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette course contre la montre, Verr&#232;s semble d'abord l'emporter. Profitant du voyage de Cic&#233;ron en Sicile (Ce dernier y recueille les nombreux t&#233;moignages utiles aux arguments de l'accusation), un voyage long d'une centaine de jours, l'aristocratie obtient que soit ouverte une enqu&#234;te &#224; l'encontre du gouverneur d'Acha&#239;e soup&#231;onn&#233; de fraudes et de malversations. Une habile mani&#232;re de retarder un peu plus encore le proc&#232;s de Verr&#232;s jusqu'aux &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales de l'ann&#233;e suivante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que l'affaire soit mal engag&#233;e, l'avocat des cit&#233;s siciliennes poursuit sur place ses investigations : il d&#233;couvre sur l'&#238;le une situation dramatique. Le passage de Verr&#232;s a profond&#233;ment marqu&#233; les esprits. Les plaintes s'accumulent. Ici, c'est un cort&#232;ge de femmes &#233;perdues r&#233;clamant vengeance pour un fils ex&#233;cut&#233;, l&#224; c'est une pr&#234;tresse d&#233;plorant le vol sacril&#232;ge d'objets consacr&#233;s &#224; C&#233;r&#232;s. A Syracuse, le s&#233;nat local s'empresse de fournir au magistrat les pi&#232;ces les plus compromettantes pour son adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charg&#233;s des dossiers que l'enqu&#234;te lui a permis de constituer, Cic&#233;ron s'en retourne &#224; Rome. Malgr&#233; tout, le proc&#232;s du gouverneur d' Acha&#239;e repousse le d&#233;but des audiences jusqu'au mois de Juillet 70. Surviennent &#224; ce moment les &#233;lections annuelles aux magistratures. Comme le pr&#233;voyait l'aristocratie, deux amis de Verr&#232;s sont nomm&#233;s au consulat et obtiennent, ainsi, la possibilit&#233; de pr&#233;sider le tribunal. Dans de telles conditions, la partie est presque jou&#233;e : nul ne doute que l'ancien gouverneur de Sicile soit lav&#233; de accusations port&#233;es contre lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout est-il perdu ? Pas exactement. Les nouveaux magistrats doivent attendre Janvier 69 avant de prendre leur fonction. Cic&#233;ron dispose donc de six mois pour engager la proc&#233;dure. Six mois que ses adversaires emploient &#224; bloquer par tous les moyens possibles l'ouverture du proc&#232;s. Ouverture pr&#233;vue pour le 5 Ao&#251;t. Une s&#233;rie de f&#234;tes organis&#233;es en l'honneur des victoires remport&#233;s par Pomp&#233;e sur un g&#233;n&#233;ral rebelle Sertorius, puis la tenue de jeux pr&#233;vue pour Septembre et Octobre laissent pr&#233;sager que les audiences s'&#233;taleront sur d'interminables semaines. A mesure que le temps passe, il semble &#224; peu pr&#232;s certain que Verr&#232;s ne soit pas jug&#233; avant Janvier 69.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est sans compter la rapidit&#233; et l'intelligence de Cic&#233;ron. D&#232;s la premi&#232;re audience, le personnage appelle &#224; la barre des d&#233;l&#233;gations venues de Sicile ou d'Asie, provinces o&#249; les abus de l'accus&#233; sont particuli&#232;rement &#233;vidents. Les t&#233;moignages se prolongent huit jours entiers et r&#233;v&#232;lent les pratiques scandaleuses de l'ancien gouverneur. Les r&#233;cits sont tellement accablants que Cic&#233;ron et ses compagnons n'ont pas de mal &#224; emporter la conviction du tribunal. Bien incapable de justifier ses attitudes, Verr&#232;s se fait porter malade et s'abstient de para&#238;tre aux s&#233;ances. Aussi, lorsque les c&#233;l&#233;brations de la victoire militaire de Pomp&#233;e, interrompent pour plusieurs semaines les d&#233;bats, la condamnation de l'homme ne fait d&#233;j&#224; plus de doute. Ce dernier s'&#233;chappe discr&#232;tement de Rome et se r&#233;fugie &#224; Marseille o&#249; il finit son existence, entour&#233; de ces &#339;uvres d'art et des richesses qu'il a pu emporter avec lui (Il p&#233;rit en 43, victime de la grande proscription d'Octave parce qu'il refuse de remettre un magnifique vase de Corinthe&#8230;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le verdict du tribunal apporte satisfaction aux cit&#233;s siciliennes spoli&#233;es : banni d'Italie, l'ancien propr&#233;teur doit en outre rembourser les sommes d&#233;tourn&#233;es &#224; son profit et restituer les tr&#233;sors d&#233;rob&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;percussions du proc&#232;s se propagent sur le terrain politique. Cic&#233;ron profite du succ&#232;s judiciaire qu'il a remport&#233; pour r&#233;clamer une r&#233;forme institutionnelle favorable &#224; l'ordre &#233;questre. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les chevaliers ne pouvaient pr&#233;tendre &#224; participer aux tribunaux. Ce privil&#232;ge &#233;tait seul r&#233;serv&#233; aux membres de l'aristocratie. La publication des r&#233;quisitoires que l'avocat victorieux a compos&#233; pour les besoins du proc&#232;s de Verr&#232;s (Et qui sont parvenus aux historiens modernes sous le nom des Verrines) p&#232;se pour beaucoup sur la d&#233;cision des responsables politiques : en 70, la Loi Aur&#233;lia fixe une nouvelle composition des jurys : un tiers de s&#233;nateurs (En principe proche des milieux de la vieille noblesse), un tiers de chevaliers (Ces &#171; Hommes Nouveaux &#187; si chers &#224; Marius) et un tiers des tribuns du tr&#233;sor).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel cr&#233;dit accorder aux Verrines ? A coup s&#251;r, le texte est une source pr&#233;cieuse de renseignements quant aux d&#233;tails de la proc&#233;dure en elle- m&#234;me : les enqu&#234;tes de Cic&#233;ron en Sicile, les man&#339;uvres de l'aristocratie pour l'ajournement du proc&#232;s. Il permet aussi de mieux saisir les rouages administratifs du gouvernement romain en Sicile et &#233;voque les p&#233;rils ext&#233;rieurs (Ceux de la piraterie notamment) pouvant inqui&#233;ter la r&#233;gion. &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, parce qu'il a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; dans un contexte bien particulier, le r&#233;cit doit &#234;tre lu avec tout l'esprit critique n&#233;cessaire. Offre-t-il un portrait objectif de Verr&#232;s et de son action comme propr&#233;teur ? Cic&#233;ron n'a-t-il pas eu par moment la tentation de forcer un peu le trait, de souligner plus que de raison les attitudes condamnables de son adversaire et finalement d'occulter les faits qui ne servaient pas directement les besoins de l'accusation ? Car il ne faut pas perdre de vue que le but de l'auteur est avant tout de produire un r&#233;quisitoire efficace et sans appel &#224; l'encontre du gouverneur de Sicile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, il est bien &#233;tabli que Verr&#232;s n'a pas &#233;t&#233; un mod&#232;le de vertu. Nul ne pourrait pr&#233;tendre le contraire. Mais Cic&#233;ron en a-t-il &#233;t&#233; pour autant tout &#224; fait sinc&#232;re. Les historiens s'&#233;tonnent de ne trouver dans les textes du brillant avocat aucun passage sur les malversations qu'auraient pu commettre quelques membres de l'ordre &#233;questre en Sicile. Or, il est sans doute probable que Verr&#232;s ait recouru aux services de chevaliers tout aussi empress&#233;s que lui de d&#233;tourner les fabuleuses richesses de la province. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un fait post&#233;rieur au proc&#232;s alimente d'ailleurs le doute quant &#224; l'enti&#232;re bonne foi de Cic&#233;ron. Quelques mois plus tard, le brillant avocat, probablement servi par son beau succ&#232;s, participe &#224; un autre proc&#232;s : cette fois, les accusations portent sur la personne du propr&#233;teur de Gaule, Font&#233;ius, coupable de diverses malversations. L'auteur s'engage aupr&#232;s du magistrat. L'homme est issu de l'ordre &#233;questre. Cela n'est pas hasard. Les plaidoyers de Cic&#233;ron apparaissent comme le n&#233;gatif des Verrines : le gouverneur a agi dans l'int&#233;r&#234;t du peuple romain, les plaintes des cit&#233;s gauloises ne se fondent sur aucune l&#233;gitimit&#233;. Pire. Mettre en accusation le propr&#233;teur menace la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il songe d'abord &#224; la cause qu'il d&#233;fend, le vainqueur de Verr&#232;s d&#233;ploie dans son &#339;uvre d'immenses talents litt&#233;raires et rh&#233;toriques. Ses brillantes d&#233;monstrations, le style de son &#233;criture, capable de m&#234;ler le grotesque (quand il d&#233;crit les attitudes du propr&#233;teur) &#224; l'affreux (r&#233;cits des supplices de malheureux citoyens) ouvre une r&#233;flexion politique nouvelle sur l'exercice du pouvoir et l'organisation de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;pisode c&#233;l&#232;bre de l'histoire mouvement&#233;e des derniers temps de la R&#233;publique nous apprend en tous les cas que les scandales financiers et les affaires de corruption apparaissaient il y a deux mille ans d&#233;j&#224; comme une composante de la vie politique &#224; Rome. Nous n'avons finalement rien invent&#233; de nouveau en la mati&#232;re&#8230;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gloire, puissance et d&#233;clin de la r&#233;publique romaine.</title>
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&lt;p&gt;De tous les empires b&#226;tis au cours de l'Antiquit&#233;, celui que ma&#238;trise la puissante Rome est l'un des plus marquants. D'une part parce qu'il impose son autorit&#233; sur les rivages de la M&#233;diterran&#233;e, du Nord de l'Afrique aux limites de l'Angleterre, de l'Espagne &#224; la Turquie actuelle. D'autre part parce qu'il laisse dans la m&#233;moire des hommes un souvenir durable. A l'&#233;poque du Moyen Age, quelques souverains ambitieux (Justinien ou Charlemagne) conservent l'espoir de restaurer l'&#339;uvre politique des C&#233;sars (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Pour les plus curieux&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;De tous les empires b&#226;tis au cours de l'Antiquit&#233;, celui que ma&#238;trise la puissante Rome est l'un des plus marquants. D'une part parce qu'il impose son autorit&#233; sur les rivages de la M&#233;diterran&#233;e, du Nord de l'Afrique aux limites de l'Angleterre, de l'Espagne &#224; la Turquie actuelle. D'autre part parce qu'il laisse dans la m&#233;moire des hommes un souvenir durable. A l'&#233;poque du Moyen Age, quelques souverains ambitieux (Justinien ou Charlemagne) conservent l'espoir de restaurer l'&#339;uvre politique des C&#233;sars d'autrefois dont ils s'imaginent &#234;tre les h&#233;ritiers l&#233;gitimes. La longue construction des &#233;tats europ&#233;ens tels que nous les connaissons souligne le renoncement au r&#234;ve d'universalit&#233; que les Carolingiens entretiennent au long de leur r&#232;gne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La tradition rapport&#233;e par les auteurs latins veut que Rome ait &#233;t&#233; fond&#233;e au VIII&#176; si&#232;cle avant notre &#232;re par le premier roi l&#233;gendaire de la cit&#233;, Romulus. Les fouilles des arch&#233;ologues modernes remettent en cause depuis longtemps maintenant les r&#233;cits de Tite Live quand il retrace les premiers pas de la ville. Aux origines de l'histoire romaine, un site id&#233;al : plusieurs collines dominant une plaine mar&#233;cageuse qu'un large fleuve, le Tibre parcourt jusqu'&#224; la mer. L'occupation des lieux est bien ant&#233;rieure &#224; la date que les &#233;crivains anciens avancent lorsqu'ils s'int&#233;ressent aux d&#233;buts de la capitale imp&#233;riale. Des populations de pasteurs et d'agriculteurs s'installent sur les hauteurs de la r&#233;gion parce qu'elles offrent un refuge salutaire au moment des crues du Tibre. La mise &#224; jour r&#233;cente des restes d'habitations sommaires, de simples huttes sans grand confort, conduit les sp&#233;cialistes &#224; penser que Rome na&#238;t de la f&#233;d&#233;ration (L'union) de villages primitifs, rassembl&#233;s dans les limites de fortifications rudimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Au long des premiers chapitres de son &#339;uvre, Tite Live s'attarde sur une p&#233;riode encore tr&#232;s incertaine de Rome : la royaut&#233;. Une succession de souverains dont l'existence est plus ou moins attest&#233;e contr&#244;le la plaine du Tibre. En 509 avant J&#233;sus Christ, une &#233;meute secoue les rues de la cit&#233; et renverse le dernier successeur de Romulus, Tarquin Le Superbe (Ce qui signifie l'orgueilleux). Son d&#233;part brutal annonce la fin de la monarchie et les heures nouvelles de la R&#233;publique. Les historiens actuels ont bien du mal &#224; d&#233;terminer les conditions exactes dans lesquelles se d&#233;roulent les &#233;v&#232;nements que Tite Live relate. Les lignes du c&#233;l&#232;bre &#233;crivain font l'objet d'un examen critique des sp&#233;cialistes parce qu'elles ne sont sans doute que le produit de traditions imagin&#233;es et reconstruites. N&#233;anmoins, chacun s'accorde pour dire qu'&#224; un moment de son pass&#233;, Rome fait le choix d'un r&#233;gime r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;titre2&#034;&gt;LA REPUBLIQUE ROMAINE : SON ORGANISATION, SON FONCTIONNEMENT.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Tarquin disparu, les Romains confient &#224; des magistrats &#233;lus la destin&#233;e de leur ville. Comme en Gr&#232;ce &#224; la m&#234;me &#233;poque un citoyen d&#233;tient les pouvoirs politiques que ses parents lui ont transmis et participe l&#233;gitimement au gouvernement de l'&#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La cit&#233; dispose d'une organisation sociale complexe. Les Romains participent chacun de droit &#224; trois assembl&#233;es diff&#233;rentes, les Comices.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les Comices curiates rassemblent les hommes en 3 curies (groupes). Chaque Curie correspond &#224; l'un des grands quartiers du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les Comices tributes associent les vingt et une tribus de Rome : il s'agit de communaut&#233;s urbaines ou rurales, partageant un m&#234;me pass&#233;, une m&#234;me histoire, un m&#234;me anc&#234;tre mythique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Enfin, la composition des Comices centuriates s'appuie sur le niveau de fortune de chacun. Les citoyens sont cette fois r&#233;partis en 5 classes et 193 centuries (Groupes d'&#233;lecteurs). Les plus riches sont membres de la premi&#232;re classe et se rangent en 98 centuries. Lors des conflits, les moyens financiers dont ils disposent leur permettent de s'&#233;quiper par l'achat d'un cheval ou de la panoplie des hoplites traditionnels. Pendant les batailles, ils forment l'essentiel de la cavalerie et de l'infanterie lourde.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les centuries et les classes suivantes sont celles des Romains plus modestes, capables au mieux de se procurer un armement l&#233;ger. Durant les campagnes, ils tiennent le r&#244;le d'&#233;claireurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les plus d&#233;munis, ceux qui n'ont &#224; leur disposition aucun bien (La majorit&#233; de la population), appartiennent &#224; la derni&#232;re classe et forment &#224; eux tous les rangs d'une seule et unique centurie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les citoyens sont appel&#233;s aux urnes plusieurs fois par an : les &#233;lections sont un moment fondamental de la vie politique romaine. Le choix des magistrats mobilise les esprits et les &#233;nergies. La complexit&#233; du scrutin est telle qu'il est bien difficile de s'y retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Quand vient l'heure de d&#233;signer les questeurs et les &#233;diles, les autorit&#233;s rassemblent les Comices tributes, o&#249; chacun vote en compagnie de la communaut&#233; &#224; laquelle il appartient.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En revanche, lorsque survient le temps de pourvoir les fonctions de consul, pr&#234;teur et censeur, les magistratures les plus prestigieuses et aussi les plus recherch&#233;es, chaque votant rejoint la classe et la centurie que sa fortune lui assigne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La premi&#232;re classe compte &#224; elle seul 98 des 193 centuries de la ville, une centurie valant une voix.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;D&#232;s qu'un candidat obtient la majorit&#233; des suffrages exprim&#233;s, le scrutin s'interrompt : une vieille pratique politique veut que les plus riches votent les premiers, les membres des autres classes n'ont donc presque jamais l'occasion de se prononcer.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les questeurs sont les magistrats charg&#233;s de la gestion des finances de l'Etat : ils pr&#233;l&#232;vent les taxes et d&#233;terminent la somme que chaque famille se doit de verser au fisc dans le cadre de l'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les &#233;diles maintiennent l'ordre public. Ils organisent l'approvisionnement de Rome en bl&#233;, entretiennent la voierie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les pr&#234;teurs sont les juges de la cit&#233; : ils pr&#233;sident les tribunaux et jouent un r&#244;le essentiel lors des proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les consuls disposent de pouvoirs particuli&#232;rement &#233;tendus : g&#233;n&#233;raux de l'arm&#233;e, ils conduisent les campagnes militaires et peuvent obtenir une pleine autorit&#233; politique en cas de crise grave (Pour une p&#233;riode limit&#233;e n&#233;anmoins).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les censeurs surveillent les m&#339;urs et nomment les membres du S&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le S&#233;nat est une institution r&#233;publicaine fondamentale. Cette assembl&#233;e de 300 membres rassemble sur ses gradins les anciens consuls et les chefs des familles les plus en vue. Les s&#233;nateurs conservent pendant plusieurs si&#232;cles des attributions capitales : ils confirment les lois vot&#233;es dans le cadre des Comices, adoptent des d&#233;cisions parfois appliqu&#233;es sans d&#233;lai, d&#233;cident d'une d&#233;claration de guerre ou de la ratification d'un trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le peuple participe &#224; la gestion des affaires publique mais Rome n'est pas pour autant une d&#233;mocratie dans le sens o&#249; nous l'entendons.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les plus riches contr&#244;lent les magistratures de l'Etat. Ce sont les patriciens, les descendants d'illustres lign&#233;es dont les anc&#234;tres se sont souvent distingu&#233;s par de glorieux faits d'armes ou une carri&#232;re politique bien remplie. Ils d&#233;tiennent de vastes capitaux fonciers et en retirent tout le prestige social qui est le leur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La pl&#232;be r&#233;unit en revanche dans ses rangs ceux qui n'ont pas le privil&#232;ge d'une brillante naissance : simples artisans, boutiquiers, paysans. Citoyens, ils participent librement aux Comices. Mais le scrutin tel qu'il est appliqu&#233; (Les plus fortun&#233;s votent les premiers) ne leur offre pas l'occasion de s'exprimer lors des grands rendez vous &#233;lectoraux. Les pratiques institutionnelles ne pr&#233;voient pour eux aucun acc&#232;s aux magistratures.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Cette situation ancienne conduit &#224; de profondes in&#233;galit&#233;s violemment d&#233;nonc&#233;es. En 494 avant J&#233;sus Christ, un groupe de pl&#233;b&#233;iens r&#233;solus se retranche sur l'une des sept collines de Rome, l'Aventin et r&#233;clame l'&#233;galit&#233; politique entre tous. La noblesse s&#233;natoriale oppose un refus cat&#233;gorique, les m&#233;contents menacent de cr&#233;er un nouvel &#233;tat. Le risque de s&#233;cession inqui&#232;te suffisamment les autorit&#233;s pour que celles-ci finissent par accepter les revendications du mouvement dissident. La pl&#232;be obtient la cr&#233;ation de tribuns du peuple &#224; qui l'on confie la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts populaires. Les hommes &#233;lus &#224; cette nouvelle fonction obtiennent vite un prestige de premier plan. Inviolables (On ne peut pas porter la main sur eux, ni les arr&#234;ter dans l'exercice de leur activit&#233;), ils peuvent s'opposer &#224; une d&#233;cision des magistrats et brandir leur veto (Un refus). Les mesures qu'ils adoptent prennent force de loi.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les si&#232;cles suivants, les magistratures s'ouvrent peu &#224; peu aux pl&#233;b&#233;iens. Ceux-ci peuvent enfin disposer des fonctions autrefois d&#233;tenues par les patriciens. (Consuls, pr&#234;teurs...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;titre2&#034;&gt;LES CONQUETES DE LA REPUBLIQUE.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La R&#233;publique parvient en plusieurs d&#233;cennies &#224; s'assurer du contr&#244;le d'un immense empire dont l'autorit&#233; s'&#233;tend d'un bout &#224; l'autre de la M&#233;diterran&#233;e. A l'origine de l'extension romaine, un outil formidablement efficace : l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les troupes rassemblent dans leurs rangs les citoyens dont les droits politiques (Participer aux comices) s'assortissent du devoir de d&#233;fendre Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Chacun pourvoit &#224; l'achat d'un &#233;quipement personnel. Les patriciens sont capables d'assumer l'entretien co&#251;teux d'un cheval ou d'une panoplie d'hoplite : ils servent donc dans la cavalerie et l'infanterie lourde.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En revanche, les membres de la pl&#232;be, sans grands moyens financiers, se contentent d'un &#233;quipement plus l&#233;ger. Les consuls les affectent &#224; des postes que l'on imagine moins glorieux que ceux des plus riches : &#233;claireurs lors des campagnes, ils sont aussi affect&#233;s &#224; la d&#233;fense des remparts da cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les l&#233;gions conqui&#232;rent leur r&#233;putation d'invincibilit&#233; militaire par une succession ininterrompue de victoires. Mais les succ&#232;s ont un prix : celui d'une discipline martiale sans faveur et d'une brutalit&#233; parfois effrayante. La coh&#233;sion des rangs exige les plus cruels ch&#226;timents lorsqu'un soldat se d&#233;robe &#224; ses obligations ou fuit devant l'ennemi. Les peines appliqu&#233;es aux d&#233;serteurs sont tr&#232;s lourdes : bastonnade, d&#233;capitation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Quand un bataillon entier plie sous la pression adverse et se met en mouvement de retraite sans y avoir &#233;t&#233; invit&#233; par ses sup&#233;rieurs, les consuls ne montrent aucune mansu&#233;tude : les officiers qui n'ont pas su contenir la panique de leurs hommes sont ex&#233;cut&#233;s. Soucieux de frapper les esprits, les g&#233;n&#233;raux choisissent parmi les fantassins coupables de malheureuses victimes du hasard qu'ils font aussit&#244;t mettre &#224; mort pour l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les Romains ma&#238;trisent parfaitement les techniques de si&#232;ge. La construction de fortifications de bois autour d'une cit&#233; &#224; prendre permet d'isoler les d&#233;fenseurs des remparts et d'emp&#234;cher le ravitaillement d'&#233;ventuels secours ext&#233;rieurs. Tours mobiles, b&#233;liers que les meilleurs architectes militaires savent monter en peu de temps ont raison des murs les plus solides.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Sur les champs de bataille, les arm&#233;es adoptent d'ing&#233;nieux dispositifs de combat dont la rapidit&#233; d'ex&#233;cution d&#233;soriente l'ennemi. Le talent strat&#233;gique de Rome est tel que les consuls sont pass&#233;s ma&#238;tre dans la r&#233;alisation de mouvements d'encerclement qui prennent l'adversaire au d&#233;pourvu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La R&#233;publique s'engage &#224; ses d&#233;buts dans une politique ext&#233;rieure tr&#232;s active. A la fin du V&#176; si&#232;cle avant J&#233;sus Christ, elle contr&#244;le d&#233;j&#224; les r&#233;gions du Tibre : les cit&#233;s rivales sont vaincues ou acceptent les trait&#233;s militaires que le S&#233;nat leur impose.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En 390, un puissant mouvement de tribus gauloises descendues de la plaine du P&#244; menace s&#233;rieusement le Latium. Les guerriers celtes s'avancent sur Rome et incendient une partie du Capitole. Ils finissent par se retirer en &#233;change d'une lourde ran&#231;on. (387).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'ambition de l'aristocratie s&#233;natoriale est sans mesure : les l&#233;gions interviennent quelques ann&#233;es plus tard en Italie centrale que de nombreux peuples se partagent. Parmi eux, les Samnites sont sans doute les plus r&#233;solus &#224; mener la r&#233;sistance et signent avec les &#233;tats voisins une s&#233;rie de trait&#233;s militaires d&#233;fensifs. Les arm&#233;es conduites par les consuls sont vaincues &#224; plusieurs reprises. Trois longs conflits (Que l'on appelle traditionnellement les Guerres Samnites) sont n&#233;cessaires &#224; la R&#233;publique pour l'emporter. (282 avant J&#233;sus Christ).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Ma&#238;tres d'une grande partie de la p&#233;ninsule, les Romains confirment leur puissance par l'organisation d'une ligue rassemblant dans ses rangs les populations soumises.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Plus au Sud, quelques colonies grecques implant&#233;es sur les littoraux m&#233;ridionaux du pays, maintiennent encore leur ind&#233;pendance. Tarente, la plus puissante d'entre elles, se heurte aux int&#233;r&#234;ts du S&#233;nat. Elle appelle &#224; son aide Pyrrhus, le roi d'Epire. Celui-ci d&#233;barque sur le sol italien accompagn&#233; d'une redoutable arm&#233;e et affronte les l&#233;gions. Le souverain est un remarquable strat&#232;ge. Il inflige &#224; ses adversaires une s&#233;rie de d&#233;faites sanglantes. N&#233;anmoins, &#224; l'issue de dix ann&#233;es de campagnes incessantes et d'un ultime d&#233;sastre, il &#233;vacue la p&#233;ninsule. Tarente, abandonn&#233;e, se r&#233;sout &#224; la reddition. La cit&#233; accepte de participer &#224; la conf&#233;d&#233;ration latine que contr&#244;le la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;De l'autre c&#244;t&#233; de la mer, un vieil &#233;tat du Nord de l'Afrique, Carthage, observe avec inqui&#233;tude les progr&#232;s de Rome. Solidement &#233;tablie en Sicile, le grenier &#224; bl&#233; de l'Antiquit&#233;, la cit&#233; craint que sa rivale italienne ne vienne lui disputer la ma&#238;trise des grandes voies commerciales du bassin occidental de la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'hostilit&#233; s'installe entre les deux puissances et conduit &#224; la premi&#232;re guerre punique (264-241 avant J&#233;sus Christ). Le conflit s'&#233;ternise : les belles victoires navales romaines remport&#233;es sur l'ennemi compensent l'&#233;chec meurtrier d'une exp&#233;dition en territoire punique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'affrontement se finit sur un ultime revers de la flotte Carthaginoise. Forte de son premier succ&#232;s ext&#233;rieur, Rome impose aux vaincus &#233;puis&#233;s des conditions de paix sans concession : la R&#233;publique s'empare de la riche Sicile. L'&#238;le devient la premi&#232;re province d'un empire en construction.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La difficile victoire des l&#233;gions ne r&#232;gle pourtant rien. Trente ans plus tard, un ambitieux g&#233;n&#233;ral, Hannibal reprend les armes. L'homme a &#233;t&#233; &#233;lev&#233; dans une haine sans limite pour la cit&#233; du Latium. Quittant l'Espagne dont Carthage a fait une prosp&#232;re colonie, le personnage franchit &#224; la t&#234;te d'une redoutable arm&#233;e et de quelques dizaines d'&#233;l&#233;phants les Pyr&#233;n&#233;es puis les Alpes. Il d&#233;bouche dans la plaine du P&#244; et bouscule &#224; plusieurs reprises les arm&#233;es du S&#233;nat d&#233;rout&#233;es par une invasion que les autorit&#233;s de la cit&#233; elle-m&#234;me imaginaient improbables. La deuxi&#232;me guerre punique (218-202 avant J&#233;sus Christ) est la plus dure pour Rome. Les talents strat&#233;giques de deux prestigieux consuls n'&#233;vitent pas le d&#233;sastre sanglant de Cannes (Ao&#251;t 216) au cours duquel une grande partie de l'aristocratie romaine p&#233;rit. Hannibal aurait pu marcher sur la plaine du Tibre laiss&#233;e sans d&#233;fense et en prendre facilement le contr&#244;le. Renon&#231;ant &#224; ce projet pourtant r&#233;aliste, il pr&#233;f&#232;re occuper la p&#233;ninsule et esp&#232;re amener Rome &#224; la reddition. Tragique erreur qui lui co&#251;te finalement la victoire. Moins que jamais la R&#233;publique aux abois n'est d&#233;cid&#233;e &#224; d&#233;poser les armes. En quelques ann&#233;es, les magistrats mettent sur pied de nouvelles troupes. Les consuls travaillent &#224; l'invasion de l'Afrique du Nord et de l'Espagne afin d'isoler le g&#233;n&#233;ral carthaginois en Italie puis l'obliger &#224; regagner au plus vite sa cit&#233;. La flotte romaine r&#233;ussit un d&#233;barquement p&#233;rilleux et s'assure de la ma&#238;trise des c&#244;tes du territoire punique. En 202, un ultime affrontement &#224; Zama se termine par la d&#233;faite de Carthage. La ville accepte la paix que le S&#233;nat lui propose, Hannibal s'enfuit aupr&#232;s de son alli&#233; le roi de Mac&#233;doine. Activement recherch&#233; puis d&#233;couvert par ses adversaires, il pr&#233;f&#232;re se donner la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La R&#233;publique &#233;tend d&#232;s lors son pouvoir sur le bassin occidental de la M&#233;diterran&#233;e, de l'Espagne &#224; l'Italie en passant par la Sardaigne, la Corse, la Sicile et les littoraux du Sud de la Gaule.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt; &lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L70xH99/4-2jpg-ca2c2ca2c-91294.jpg?1704152520' title=&#034;Buste de Hannibal&#034; width='70' height='99' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La seconde guerre punique s'ach&#232;ve-t-elle &#224; peine que Rome intervient en Orient. A l'origine, les craintes de Pergame, d'Ath&#232;nes et de Rhodes quant aux ambitions de leur dangereuse voisine, la Mac&#233;doine. En vertu d'un trait&#233; d'amiti&#233; sign&#233; des ann&#233;es auparavant, les trois cit&#233;s se placent sous la protection du S&#233;nat. Une premi&#232;re s&#233;rie de campagnes (200-197) permet aux l&#233;gions de l'emporter. Le souverain Philippe V renonce &#224; installer son h&#233;g&#233;monie sur la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Son fils, Pers&#233;e reprend &#224; son compte la m&#234;me politique. Il est &#224; son tour d&#233;fait en 168 par les deux consuls envoy&#233;s contre lui. Vaincue et humili&#233;e, la Mac&#233;doine se r&#233;signe &#224; l'occupation militaire que son ennemie lui impose. Le royaume devient province d'empire, les Grecs, d&#233;livr&#233;s d'un encombrant rival, acceptent l'alliance que Rome propose, la ligue ach&#233;enne. N&#233;anmoins, les peuples de la mer Eg&#233;e r&#233;alisent un peu tard que la pr&#233;sence romaine est en fin de compte tout aussi p&#233;nible que celle du royaume de Mac&#233;doine. En 146, une r&#233;volte men&#233;e par Corinthe &#233;branle les positions de la R&#233;publique en Orient. L'arm&#233;e envoy&#233;e sur place vient &#224; bout de la r&#233;bellion. Le si&#232;ge puis la prise de Corinthe &#233;touffe d&#233;finitivement l'agitation. La Gr&#232;ce perd alors son ind&#233;pendance et devient la province d'Acha&#239;e.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La m&#234;me ann&#233;e, les l&#233;gions s'emparent de Carthage &#224; l'issue d'une troisi&#232;me et derni&#232;re guerre punique (149-146). Le S&#233;nat impose sa destruction compl&#232;te. Sur les ruines fumantes de la vieille cit&#233; abattue, s'ach&#232;ve une rivalit&#233; s&#233;culaire. Rome fait main basse sur les plus riches territoires du Nord de l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Ma&#238;tresse de la Gr&#232;ce et de la Mac&#233;doine, la capitale de la p&#233;ninsule italienne profite de la mort du roi de Pergame pour &#233;tendre son h&#233;g&#233;monie en Asie mineure. En souvenir des liens d'amiti&#233; qui l'unissaient &#224; l'aristocratie s&#233;natoriale, le souverain fait du peuple romain l'h&#233;ritier de son royaume.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les l&#233;gions s'assurent du contr&#244;le de l'actuelle Turquie mais elles se heurtent rapidement au Pont, un puissant &#233;tat des rivages de la Mer Noire que conduit Mithridate. Le roi supporte bien mal le voisinage des colonies latines install&#233;es par le S&#233;nat pour encadrer plus efficacement les territoires tomb&#233;s sous sa coupe.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En 88 avant J&#233;sus Christ, Mithridate ordonne le massacre de 80000 commer&#231;ants et n&#233;gociants romains arriv&#233;s dans la r&#233;gion. La brutalit&#233; de l'acte rend l'affrontement in&#233;vitable. Les consuls engag&#233;s sur place &#233;prouvent les pires difficult&#233;s &#224; r&#233;duire leur adversaire. Trois conflits successifs sont n&#233;cessaires pour venir &#224; bout de Mithridate. (64 avant J&#233;sus-Christ).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, la Gaule demeur&#233;e ind&#233;pendante jusqu'alors succombe sous les coups de Jules C&#233;sar, un g&#233;n&#233;ral ambitieux et tr&#232;s populaire. Les tribus gauloises suspendent un moment leurs querelles habituelles et se rangent derri&#232;re un chef unique, Vercing&#233;torix, dont elles acceptent l'autorit&#233;. Malgr&#233; les efforts du jeune guerrier et le beau succ&#232;s qu'il remporte &#224; Gergovie, les l&#233;gions romaines ont finalement raison de leur adversaire. A l'issue de sanglantes campagnes au cours desquelles les populations ne sont pas souvent &#233;pargn&#233;es, C&#233;sar obtient la soumission du pays dont il fait une province de l'empire (52 avant notre &#232;re). Le personnage n'est pas homme &#224; se contenter d'une seule victoire, aussi brillante soit-elle. Sa flotte traverse la Manche et d&#233;barque dans le Sud de l'Angleterre que les Romains contr&#244;lent ais&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Vingt ans plus tard, son neveu, Octave, conduit les arm&#233;es de la R&#233;publique sur les bords du Nil. La prise de la fameuse Alexandrie, dans le delta du fleuve, offre &#224; la cit&#233; du Tibre les territoires sur lesquels s'&#233;tendait nagu&#232;re l'autorit&#233; des pharaons. La derni&#232;re souveraine du peuple des pyramides, Cl&#233;op&#226;tre, pr&#233;f&#232;re se donner la mort plut&#244;t que de tomber aux mains de son vainqueur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En 30 avant J&#233;sus-Christ, Rome domine la plupart des rivages de la mer M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;titre2&#034;&gt;LES DERNIERES HEURES DE LA REPUBLIQUE ROMAINE.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les conqu&#234;tes militaires de la R&#233;publique bouleversent l'existence des Romains. Les l&#233;gions rapportent de leur long s&#233;jour en Orient un fabuleux butin de guerre : &#339;uvres d'art, objets pr&#233;cieux, esclaves.... Un flot continu de richesses, que les Anciens eux- m&#234;me n'avaient jamais connu auparavant, se r&#233;pand &#224; travers les rues de Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'aristocratie est la premi&#232;re &#224; profiter des tr&#233;sors parvenus jusqu'en Italie. Consuls, s&#233;nateurs, magistrats, g&#233;n&#233;raux ambitieux accumulent de v&#233;ritables fortunes : des villas somptueuses et orn&#233;es &#224; la mani&#232;re grecque ou hell&#233;nistique fleurissent dans la vall&#233;e du Tibre. Au cours des nombreuses campagnes que la cit&#233; conduit sur les rivages du bassin de la M&#233;diterran&#233;e, les officiers, les fantassins d&#233;couvrent les m&#339;urs raffin&#233;es de civilisations anciennes. Bien que vaincu sur les champs de bataille, l'Orient impose &#224; ses nouveaux ma&#238;tres une admiration sinc&#232;re pour sa culture et ses traditions s&#233;culaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'exploitation des territoires conquis int&#233;resse &#233;galement les commer&#231;ants les plus dynamiques. Beaucoup partent s'installer dans les lointaines provinces du monde romain et y font fortune. Chaque mois, des navires charg&#233;s de cargaisons pr&#233;cieuses traversent les mers et abordent les c&#244;tes du Latium. De leurs voyages incertains et dangereux, les n&#233;gociants rapportent les produits de luxe que la soci&#233;t&#233; raffin&#233;e recherche &#224; n'importe quel prix. Pour les marchands courageux et volontaires, le travail ne manque pas. Les plus astucieux accumulent en peu de temps l'&#233;quivalant de fortunes colossales. Fiers d'une r&#233;ussite m&#233;rit&#233;e, ils adoptent les comportements du groupe patricien auquel ils n'appartiennent pourtant pas. La plupart d'entre eux ne sont que pl&#233;b&#233;iens de naissance. N&#233;anmoins, d&#233;sirant avant tout que l'on puisse les distinguer des plus d&#233;munis, ils forment ensemble un nouvel ordre, celui des chevaliers (Parce qu'ils sont assez riches pour s'acheter un cheval).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les guerres de la R&#233;publique, si elles profitent &#224; l'aristocratie politique de Rome, provoquent aussi la ruine et la mis&#232;re de milliers d'autres personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le monde paysan est de loin le plus touch&#233;. Les campagnes militaires que les l&#233;gions m&#232;nent &#224; travers la p&#233;ninsule (Contre Hannibal au cours de la deuxi&#232;me guerre punique, par exemple) ravagent les champs et les r&#233;coltes. La fuite de populations enti&#232;res &#224; l'approche des troupes carthaginoises interrompt les travaux agricoles et emp&#234;che les moissons. Aux limites de la famine et de la pauvret&#233;, les citoyens les plus modestes quittent les campagnes et se rendent &#224; Rome o&#249; ils grossissent les rangs de la pl&#232;be urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;D'autre part, l'int&#233;gration des territoires conquis &#224; l'empire pose le difficile probl&#232;me de la concurrence &#233;conomique. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, l'approvisionnement de la cit&#233; en bl&#233; reposait sur le travail exclusif des petits paysans italiens &#224; qui les &#233;diles s'adressaient r&#233;guli&#232;rement. Le contr&#244;le de nouvelles r&#233;gions bouleverse les vieilles habitudes : les magistrats charg&#233;s du ravitaillement de la capitale ont plut&#244;t tendance &#224; faire venir de Sicile (Le grenier du monde m&#233;diterran&#233;en), d'Egypte ou d'Espagne les c&#233;r&#233;ales n&#233;cessaires au pain parce que ces provinces les vendent &#224; un prix beaucoup moins &#233;lev&#233;. Dans ces conditions, les agriculteurs de la p&#233;ninsule &#233;coulent plus difficilement leurs r&#233;coltes et abandonnent une activit&#233; devenue moins rentable. Ceux qui le peuvent se sp&#233;cialisent dans des productions agricoles plus demand&#233;es (La vigne pour le vin). Les autres partent en ville &#224; la recherche d'un emploi laborieux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Au lendemain des conqu&#234;tes, la population de Rome entre dans une p&#233;riode de croissance inconnue jusqu'alors. Les l&#233;gions victorieuses reviennent d'Orient, d'Afrique ou de Gaule suivies de milliers d'esclaves (Prisonniers de guerre, femmes et enfants victimes d'un si&#232;ge...). Les malheureux entrent au service des familles les plus riches de la ville et accomplissent les centaines de t&#226;ches diff&#233;rentes qui leur sont confi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Des &#233;trangers, n&#233;gociants ou aventuriers, s'installent &#224; Rome et occupent les quartiers populaires du territoire urbain. Les magistrats doivent &#224; pr&#233;sent surveiller de puissantes communaut&#233;s ethniques, religieuses ou culturelles qui se regroupent dans les rues de la capitale (Grecs, Juifs, Syriens, Gaulois...).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les in&#233;galit&#233;s sociales que les victoires engendrent entretiennent un climat lourd de tensions. Les plus d&#233;munis, les exclus de la prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique attendent de l'aristocratie enrichie des r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;D'un c&#244;t&#233;, ceux que l'on appelle les &#171; Optimates &#187; (En latin, &#034;les plus grands&#034;) rassemblent dans leurs rangs les grandes familles s&#233;natoriales traditionnelles, soucieuses de prot&#233;ger leurs int&#233;r&#234;ts et peu dispos&#233;es &#224; accepter les revendications des plus modestes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;De l'autre, les &#171; Populares &#187; r&#233;unissent ceux qui, au contraire, estiment n&#233;cessaire l'application de mesures favorables au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les deux partis (Bien que ce mot, au sens o&#249; nous l'entendons aujourd'hui n'appartienne pas au vocabulaire des Romains) s'affrontent sur le terrain politique, au S&#233;nat ou lors des &#233;lections annuelles dans le cadre des Comices.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les oppositions prennent une telle ampleur qu'elles finissent par provoquer de terribles violences. Les personnalit&#233;s les plus engag&#233;es sur la sc&#232;ne publique adoptent la dangereuse habitude de s'entourer de partisans. Il s'agit le plus souvent d'esclaves affranchis ou d'hommes libres de naissance (En latin, on les appelle les &#171; clients &#187;) qui en &#233;change d'une r&#233;compense financi&#232;re apportent au ma&#238;tre (Le &#171; patron &#187;) leurs voix lors des &#233;lections aux magistratures.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Cette pratique met gravement en p&#233;ril l'ordre public &#224; travers les rues de Rome : la haine sans limite que se vouent parfois deux adversaires dresse des centaines de &#034;clients&#034; les uns contre les autres et conduit &#224; de sanglants affrontements.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Entre Optimates et Populares, le d&#233;sir de l'emporter devient tel que les acteurs de la vie politique en arrivent &#224; commettre de graves entorses aux r&#232;gles du jeu institutionnelles pour obtenir la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les premiers d&#233;sordres se produisent en 133 avant notre &#232;re. Tib&#233;rius Gracchus, &#233;lu tribun de la Pl&#232;be (Celui &#224; qui le peuple confie la d&#233;fense de ses int&#233;r&#234;ts), propose une r&#233;forme agraire en faveur des citoyens les plus pauvres. Depuis la conqu&#234;te de l'Italie, la R&#233;publique dispose d'un important capital foncier partag&#233; en petites exploitations agricoles que les Romains peuvent louer en contrepartie du paiement d'un loyer. Au cours des ann&#233;es, certains agriculteurs ont tendance &#224; se consid&#233;rer propri&#233;taires du sol qu'ils cultivent mais qui ne leur appartient pourtant pas. Les plus astucieux r&#233;cup&#232;rent les parcelles que l'Etat laisse &#224; l'abandon et profitent de l'occasion pour construire de vastes domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Gracchus r&#233;clame une redistribution des terres pour les petits paysans. Cette mesure d&#233;cha&#238;ne l'hostilit&#233; de l'aristocratie s&#233;natoriale peu dispos&#233;e &#224; renoncer aux immenses propri&#233;t&#233;s rurales qu'elle d&#233;tient et dont elle retire l'essentiel de son prestige. Tib&#233;rius n'est pas pour autant d&#233;cid&#233; &#224; se soumettre aux oppositions que ses projets attisent. Au m&#233;pris de toute l&#233;galit&#233; institutionnelle, il fait d&#233;poser l'un de ses coll&#232;gues oppos&#233; &#224; ses d&#233;cisions (Ce qui est totalement interdit puisque personne ne peut porter la main sur un tribun). Il tente &#233;galement d'obtenir sa r&#233;&#233;lection au tribunat de la pl&#232;be, ce qui n'est pas davantage autoris&#233;. Se faisant, le personnage commet une grave erreur parce qu'il devient aux yeux de ses adversaires un dangereux r&#233;volutionnaire dont il faut se d&#233;barrasser. L'agitation gagne les rues de Rome et d&#233;g&#233;n&#232;re en &#233;meute. Tib&#233;rius trouve la mort au cours des affrontements, son corps est jet&#233; dans le Tibre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Son jeune fr&#232;re, Caius, reprend la m&#234;me politique dix ans plus tard. Elu tribun de la pl&#232;be &#224; son tour, en 123, il applique le partage agraire imagin&#233; par son a&#238;n&#233;. L'aristocratie s&#233;natoriale se rassemble contre lui. Gracchus recherche les soutiens dont il a besoin. L'homme se rapproche des chevaliers (Ceux qui ne sont pas d'illustre naissance mais qui accumulent d'immenses fortunes par l'exercice d'activit&#233;s commerciales). Depuis longtemps, l'ordre &#233;questre r&#233;clame que lui soit ouvert, au m&#234;me titre que les s&#233;nateurs, l'acc&#232;s aux jurys de proc&#232;s. Caius obtient pour ses alli&#233;s politiques qu'ils puissent si&#233;ger devant les tribunaux, en compagnie des membres de l'aristocratie traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;A cette r&#233;forme qui ne manque pas de relancer les oppositions, succ&#232;de un autre projet tout aussi novateur : celui de donner aux habitants de la p&#233;ninsule italienne la citoyennet&#233; romaine. L'int&#233;gration de milliers de nouveaux &#233;lecteurs au corps civique menacerait dangereusement la stabilit&#233; du r&#233;gime mais aussi les positions de ceux qui contr&#244;lent l'entr&#233;e aux magistratures publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le tribun va trop loin. Mis hors la loi par le S&#233;nat, Caius trouve refuge sur l'Aventin dont les troupes r&#233;guli&#232;res font le si&#232;ge. Se sentant d&#233;finitivement perdu, il se donne la mort. (121).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La disparition du dernier des Gracchus ram&#232;ne le calme. Mais celui-ci a montr&#233; la voie de l'ill&#233;galit&#233; institutionnelle. D'autres vont s'inspirer de ses pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;A la fin du II&#176; si&#232;cle avant J&#233;sus Christ, une personnalit&#233; montante accapare le devant de la sc&#232;ne politique &#224; Rome, Marius.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'homme n'est pas issu des vieilles familles de l'aristocratie, il appartient &#224; l'ordre &#233;questre. Ses origines sociales plut&#244;t modestes le conduisent donc naturellement vers les Populares o&#249; il obtient bient&#244;t une notori&#233;t&#233; de premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les &#233;v&#232;nements militaires du moment servent remarquablement sa carri&#232;re. Dans les ann&#233;es 110, des tribus barbares descendues du Nord de la Germanie ravagent la province du Narbonnaise, en Gaule m&#233;ridionale. Les l&#233;gions romaines envoy&#233;es sur place sont vaincues &#224; plusieurs reprises. La panique gagne Rome. Marius obtient le consulat &#224; un moment tr&#232;s critique pour la cit&#233;. L'&#233;nergie qu'il d&#233;ploie r&#233;tablit la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La r&#233;organisation de l'arm&#233;e dont il se fait l'artisan permet d'accro&#238;tre les effectifs militaires. Ses r&#233;formes introduisent de profonds changements au c&#339;ur de l'arm&#233;e. Depuis longtemps, les citoyens romains ne montrent plus gu&#232;re d'empressement &#224; s'engager pour des campagnes longues et lointaines. Marius comprend la n&#233;cessit&#233; d'ouvrir &#224; tous ceux qui le souhaitent l'acc&#232;s des l&#233;gions. Aux premiers temps de la R&#233;publique, Rome &#233;tait d&#233;fendue par une arm&#233;e citoyenne. D&#233;sormais, la ville confie sa protection &#224; des volontaires, parfois des mercenaires &#233;trangers, recrut&#233;s par les g&#233;n&#233;raux dont ils attendent r&#233;compenses et butin. Si la r&#233;forme de Marius a le m&#233;rite de s'adapter aux &#233;volutions des m&#339;urs, elle est aussi fort dangereuse pour le r&#233;gime. Les l&#233;gionnaires ne se battent plus pour une cit&#233; dont ils ne sont pas pour la plupart originaires. En revanche, ils sont pr&#234;ts &#224; suivre dans n'importe quelle aventure les officiers qui les ont engag&#233;s et qui les payent. Disposant de troupes enti&#232;rement d&#233;vou&#233;es &#224; leur personne, les consuls d&#233;couvrent le moyen d'exercer une pression efficace sur les autorit&#233;s r&#233;publicaines lors des crises politiques les plus graves.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt; &lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L108xH135/1-5jpg-0f3af0f3a-4bc2e.jpg?1704152520' title=&#034;Buste de Marius&#034; width='108' height='135' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Une s&#233;rie de succ&#232;s militaires permet &#224; Marius d'&#233;carter le danger germain et de d&#233;gager le Narbonnaise. Le retour triomphal qu'il accomplit &#224; Rome lui donne l'occasion de mesurer sa popularit&#233;. Il est r&#233;&#233;lu consul plusieurs ann&#233;es de suite, au m&#233;pris de la l&#233;galit&#233; institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'un de ses lieutenants, Sylla, dissimule de moins en moins l'impatience qui le ronge. L'homme souhaite mener sa propre politique et attend son heure. Celle-ci se pr&#233;sente quand le roi du Pont Mithridate fait massacrer en Orient des dizaines de milliers de Romains. Le S&#233;nat envoie sur place une l&#233;gion dont il confie le commandement au jeune ambitieux qui vient d'&#234;tre &#233;lu consul pour r&#233;compense de son engagement en Espagne ou en Afrique. Le choix indispose Marius : soutenu de ses partisans, le sauveur de Rome man&#339;uvre pour renverser son coll&#232;gue. L'&#233;chec est complet : pr&#233;venu du complot, Sylla marche sur la cit&#233; qu'il prend de force et franchit avec ses troupes l'enceinte urbaine. L'&#233;v&#232;nement porte un coup terrible &#224; la R&#233;publique puisque les coutumes pr&#233;voyaient qu'aucun g&#233;n&#233;ral ne pouvait passer les limites de la capitale en tenue de combat, accompagn&#233; de ses troupes. L'entorse aux institutions est in&#233;dite mais elle donne &#224; son auteur l'occasion de chasser Marius et ses amis. La paix civile r&#233;tablie, Sylla prend la route de l'Asie Mineure o&#249; l'attend une d&#233;licate campagne contre Mithridate.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt; &lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L64xH107/images-16jpgec84-650fc.jpg?1704152520' title=&#034;Buste de Sylla&#034; width='64' height='107' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Sylla occup&#233; en Orient, ses adversaires reviennent &#224; Rome dont ils font le si&#232;ge au cours de l'&#233;t&#233; 87, dans une atroce chaleur. La vengeance qu'ils exercent sur le parti des Optimates plonge les rues de la ville dans la terreur. Des milliers d'opposants, dont quelques dizaines de s&#233;nateurs, sont arr&#234;t&#233;s puis ex&#233;cut&#233;s. Marius reprend le pouvoir qu'il conserve jusqu'&#224; sa mort en 86.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Quatre ans plus tard, le souverain du Pont est enfin battu, Sylla peut revenir en Italie. Son empressement est d'autant plus vif qu'il n'ignore rien de la situation politique de la cit&#233;. En 82, il d&#233;barque au Sud de la p&#233;ninsule italienne puis marche sur le Latium, accompagn&#233; de ses l&#233;gions. Un affreux bain de sang se pr&#233;pare. Le vainqueur de Mithridate force les d&#233;fenses de Rome. Les repr&#233;sailles sont terrifiantes. Les auteurs anciens parlent de 70000 personnes assassin&#233;es. La grande proscription que le g&#233;n&#233;ral organise laisse dans les m&#233;moires un souvenir odieux et tragique. S&#233;nateurs et chevaliers qui ont soutenu la politique de Marius sont pourchass&#233;s sans piti&#233;. A travers les rues fleurissent des listes portant le nom de ceux que l'on recherche et sur qui p&#232;se un arr&#234;t de mort. Afin d'achever au plus vite l'&#233;limination des opposants, une mesure promet l'impunit&#233; enti&#232;re aux meurtriers de proscrits et une part des biens de leurs victimes pour prix de l'acte commis. La plupart de ceux qui se sont compromis avec Marius p&#233;rissent sous le couteau d'un tueur z&#233;l&#233; et int&#233;ress&#233;. La vindicte de Sylla ne semble plus devoir finir : le maitre de Rome fait r&#233;unir sur le champ de Mars 12000 de ses prisonniers et ordonne que 3000 d'entre eux soient mis &#224; mort sans d&#233;lai.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La victoire des Optimates sur le parti des Populares s'accompagne de r&#233;formes imm&#233;diates. Les tribuns de la pl&#232;be perdent une partie des pouvoirs attach&#233;s &#224; la fonction : pour prendre force de loi, leurs d&#233;cisions doivent obtenir l'accord du S&#233;nat. A la sortie du tribunat, ils ne peuvent plus briguer d'autres magistratures. La vieille aristocratie s&#233;natoriale a v&#233;cu les heures les plus sombres de son histoire sous le r&#233;gime de Marius. Sylla revenu, elle r&#233;cup&#232;re l'influence politique perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Au m&#233;pris des r&#232;gles r&#233;publicaines, le consul victorieux compl&#232;te son &#339;uvre par l'installation d'une dictature personnelle dont il prend la t&#234;te. Il choisit n&#233;anmoins d'abdiquer en 79 et meurt l'ann&#233;e suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'un de ses jeunes lieutenants, Pomp&#233;e monte alors sur la sc&#232;ne politique. Issu de l'ordre &#233;questre, le nouveau venu ne cache pas ses ambitions. Une s&#233;rie de victoires remport&#233;es en Espagne sur les derniers partisans de Marius et sur Spartacus en Italie (Un gladiateur qui conduit la r&#233;volte de milliers d'esclaves) lui offre une popularit&#233; consid&#233;rable. En 70, il est &#233;lu consul avec son coll&#232;gue Crassus. (En fait, aucun des deux hommes n'a le droit d'occuper la fonction : Pomp&#233;e parce qu'il n'a pas effectu&#233; les magistratures inf&#233;rieures, Crassus parce qu'il n'a pas respect&#233; le d&#233;lai d'attente l&#233;gal d'une ann&#233;e que les institutions imposent &#224; la sortie d'une charge de pr&#234;teur. Ce n'est pas la premi&#232;re entorse fa&#238;te aux institutions r&#233;publicaines, ce n'est pas la derni&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les deux ma&#238;tres de Rome abolissent les mesures du dictateur d&#233;funt. H&#233;ritier d'une ancienne famille de chevaliers, Pomp&#233;e n'&#233;prouve que peu de sympathie pour l'aristocratie s&#233;natoriale. Les tribuns de la pl&#232;be sont r&#233;tablis dans l'int&#233;gralit&#233; de leurs pouvoirs tandis que l'ordre &#233;questre r&#233;cup&#232;re l'acc&#232;s aux jurys de tribunaux que Sylla lui avait retir&#233;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L86xH122/2-5jpg-719137191-5487b.jpg?1704152520' title=&#034;Buste de Pomp&#233;&#034; width='86' height='122' /&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La d&#233;gradation de la situation en Orient r&#233;clame &#224; nouveau l'intervention des l&#233;gions. Tandis que la piraterie d&#233;sole les r&#233;gions de la mer Eg&#233;e, Mithridate reprend les armes et agite l'Asie Mineure. Pomp&#233;e obtient le commandement des troupes que le S&#233;nat envoie sur place. Une succession de campagnes victorieuses lui permet de r&#233;tablir l'autorit&#233; de la R&#233;publique dans la r&#233;gion : battu une fois encore, le souverain du Pont se donne la mort. Son royaume devient province de l'empire. Un beau succ&#232;s sur mer donne aux Romains l'occasion d'en finir avec les pirates.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;A Rome, la paix civile n'a pourtant jamais &#233;t&#233; aussi lointaine. Le d&#233;part de Pomp&#233;e ranime les interminables querelles politiques de la cit&#233;. Optimates et Populares s'affrontent ouvertement dans les rues et entretiennent un climat de violences qui ne semble jamais devoir s'achever. Aux d&#233;sordres publics s'ajoute la conspiration d'un aventurier ambitieux, Catilina. Le coup de force &#233;choue lamentablement, le consul Cic&#233;ron &#233;crase les partisans du conjur&#233;. Bien que victorieuse, la R&#233;publique ressort de l'&#233;v&#232;nement un peu plus affaiblie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Au c&#339;ur des troubles, un homme attend patiemment son heure, Jules C&#233;sar. De prestigieuse naissance, le personnage rassemble n&#233;anmoins autour de lui le parti des Populares. Lorsque Pomp&#233;e revient de ses campagnes orientales, il comprend qu'il va falloir composer et lui propose de former une alliance politique avec Crassus, c'est le premier triumvirat. Pomp&#233;e et Crassus obtiennent le consulat en utilisant l'appui que leur offre C&#233;sar, avant son d&#233;part pour la Gaule.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'entente ne se prolonge pas au del&#224; de quelques ann&#233;es. La mort de Crassus au cours d'une guerre contre les Parthes aux fronti&#232;res de l'empire bouleverse l'&#233;quilibre des forces. De nouvelles violences entre Populares et Optimates ensanglantent les rues de Rome. Le r&#233;tablissement de la paix civile impose les mesures les plus &#233;nergiques : le S&#233;nat confie &#224; Pomp&#233;e un nouveau consulat. Mais situation in&#233;dite depuis les d&#233;buts de la R&#233;publique, il conserve pour lui seul la fonction. Ce que les institutions interdisent avec la derni&#232;re des fermet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La Gaule soumise, Vercing&#233;torix vaincu, C&#233;sar songe qu'il est temps de rentrer &#224; Rome. Il se brouille avec son ancien compagnon. Le vainqueur d'Al&#233;sia ne cache plus rien de son projet : prendre la place de Pomp&#233;e et s'imposer en Italie. La guerre est d&#232;s lors in&#233;vitable. C&#233;sar ne recule devant aucune n&#233;cessit&#233;. En 49, il entre dans la capitale en compagnie de ses l&#233;gions, au m&#233;pris des traditions les plus anciennes (Le fait s'est d&#233;j&#224; produit par le pass&#233;). Pomp&#233;e et ses partisans quittent la cit&#233; et se r&#233;fugient en Gr&#232;ce. A l'issue d'un conflit de trois ans, C&#233;sar l'emporte sur les derniers amis de son adversaire (Celui-ci est assassin&#233; en Egypte). Fort de son succ&#232;s, le vainqueur des Gaule se fait d&#233;cerner le titre de consul pour une p&#233;riode de dix ans (Ce qui est ill&#233;gal puisque la fonction est annuelle). Il rajoute &#224; ce titre celui de tribun et confisque &#224; son profit le pouvoir de nommer les magistrats. Jamais les institutions r&#233;publicaines n'ont &#233;t&#233; &#224; ce point bafou&#233;es. Dans les faits, C&#233;sar se comporte en v&#233;ritable souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Son ambition d&#233;mesur&#233;e finit par inqui&#233;ter les s&#233;nateurs : beaucoup craignent une restauration de la monarchie. Le ma&#238;tre de Rome p&#233;rit sous le couteau de conjur&#233;s. (44 avant J&#233;sus Christ).&lt;/p&gt;
&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L100xH129/9jpg-87b909987b9-f8586.jpg?1704152520' title=&#034;Buste de Jules C&#233;sar&#034; width='100' height='129' /&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La succession du dictateur ouvre une nouvelle p&#233;riode de troubles civils. Deux personnalit&#233;s politiques se disputent l'h&#233;ritage du d&#233;funt.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;D'une part Octave, son neveu. D'autre part, Marc Antoine, son lieutenant le plus fid&#232;le. Apr&#232;s l'&#233;limination des coupables qui ont fui Rome leur forfait accompli, Octave et Antoine travaillent &#224; la formation d'un second triumvirat auquel ils associent L&#233;pide, un officier de C&#233;sar. Les trois ma&#238;tres de l'empire exercent ensemble le consulat puis se partagent les territoires m&#233;diterran&#233;ens. Antoine se r&#233;serve l'Orient, Octave l'Occident et L&#233;pide l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'entente se prolonge quelques ann&#233;es mais les divisions ne tardent pas &#224; ruiner une alliance politique lourde d'arri&#232;res pens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Antoine multiplie les maladresses. Les auteurs anciens, souvent favorables &#224; Octave, rapportent que le consul se serait &#233;pris de la derni&#232;re souveraine d'Egypte, Cl&#233;op&#226;tre &#224; qui il aurait promis le partage des provinces orientales pour ses enfants. Rien n'est certain. En tous les cas, &#224; Rome, son attitude, que l'on compare de plus en plus &#224; celle d'un monarque hell&#233;nistique, scandalise les milieux s&#233;natoriaux. Personne ne peut disposer &#224; sa guise de territoires appartenant au peuple romain. Octave se saisit du pr&#233;texte pour annoncer la rupture avec son coll&#232;gue. Une nouvelle guerre civile se pr&#233;pare. Le neveu de C&#233;sar prend la route de l'Egypte accompagn&#233; de ses l&#233;gions. L'affrontement entre les deux rivaux se produit &#224; Actium, &#224; proximit&#233; du delta du Nil. Octave emporte la d&#233;cision du combat. L'ann&#233;e suivante, il se rend ma&#238;tre d'Alexandrie (30 avant notre &#232;re). Antoine et Cl&#233;op&#226;tre se donnent la mort pour &#233;chapper &#224; l'humiliation supr&#234;me d'une capture.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le vainqueur s'empare des provinces orientales et int&#232;gre l'Egypte au monde romain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les succ&#232;s militaires de celui que l'on consid&#232;re comme le ma&#238;tre de l'empire annoncent la fin de la R&#233;publique. Revenu &#224; Rome tout aur&#233;ol&#233; de sa gloire, le brillant g&#233;n&#233;ral s'empare des magistratures traditionnelles et de certaines attributions s&#233;natoriales. Tout &#224; la fois consul, tribun, censeur et grand pontife, il se r&#233;serve le droit de ratifier les trait&#233;s militaires et de d&#233;clarer la guerre quand il le juge n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En fin politique, Octave renonce &#224; la royaut&#233; qu'il sait entacher du souvenir tragique des derniers successeurs de Romulus. Il se contente du titre princeps, c'est-&#224;-dire le meilleur des citoyens. Dans la r&#233;alit&#233; des faits, le principat n'est pas autre chose qu'une monarchie par&#233;e des vieilles institutions r&#233;publicaines.&lt;/p&gt;
&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L79xH136/3-3jpg-9695e9695-3e99a.jpg?1704152520' title=&#034;L'empereur Auguste&#034; width='79' height='136' /&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le nouveau r&#233;gime repose sur un subtil &#233;quilibre des forces : si celui que l'on appelle d&#233;sormais l'empereur (Bien qu'Octave, devenu entre temps Auguste, ne se consid&#232;re pas comme tel) conserve dans sa main les magistratures d'autrefois et gouverne certaines provinces par l'interm&#233;diaire d'un l&#233;gat (Un envoy&#233;), il doit n&#233;anmoins composer avec le S&#233;nat. L'assembl&#233;e conserve l'administration des r&#233;gions les plus anciennes de l'empire o&#249; elle envoie des repr&#233;sentants choisis, les proconsuls. La gestion des affaires de Rome ne rel&#232;ve d'ailleurs pas du souverain. Elle est confi&#233;e aux soins de consuls, de questeurs et de pr&#234;teurs, &#233;lus par les Comices centuriates traditionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Faire de l'installation du principat une r&#233;volution politique au sens o&#249; nous l'entendons est inexact. Il s'agit bien davantage d'une transformation institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Auguste n'introduit aucune rupture : il maintient en place les rouages essentiels de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En fin de compte, le r&#233;gime install&#233; au lendemain de la chute de Tarquin le Superbe survit pr&#232;s de cinq cents ans. Sa long&#233;vit&#233; d&#233;montre, s'il en est besoin, sa remarquable adaptation au gouvernement de la cit&#233;-&#233;tat que f&#251;t longtemps Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;N&#233;anmoins, l'expansion militaire de la ville, bien qu'elle apporte d'innombrables avantages financiers, &#233;conomiques et sociaux aux Romains, d&#233;truit le fragile compromis politique que les institutions ont su cr&#233;er puis conserver tr&#232;s longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La perspective de fortunes facilement accumul&#233;es transforme la mani&#232;re d'envisager les affaires de la cit&#233;. Se mettre au service de la R&#233;publique n'est plus un acte d&#233;sint&#233;ress&#233; comme cela pouvait l'&#234;tre autrefois. Obtenir une fonction de magistrat, gravir les &#233;chelons successifs d'une carri&#232;re administrative, c'est avant tout d&#233;tenir la certitude d'un enrichissement rapide. L'acc&#232;s aux services de l'Etat devient l'enjeu d'affrontements d'autant plus violents que les gains convoit&#233;s sont &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'aristocratie romaine confisque &#224; son profit le contr&#244;le de postes lucratifs. C'est donc en son sein que s'exercent les tensions les plus dangereuses. S&#233;nateurs, magistrats issus des milieux ais&#233;s de la ville en viennent &#224; se d&#233;chirer et consid&#232;rent le recours &#224; l'ill&#233;galit&#233; institutionnelle comme le moyen l&#233;gitime de triompher d'un adversaire encombrant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'installation du principat n'est pas une r&#233;volution mais c'est une n&#233;cessit&#233;. Pour clore l'&#233;poque des divisions sanglantes de l'aristocratie romaine, il fallait un homme capable de s'imposer &#224; ses rivaux et assumer seul le gouvernement d'un empire aux dimensions inconnues jusqu'alors. Ce sera Auguste. Celui que l'on consid&#232;re comme le premier souverain du monde romain construit un r&#233;gime assez puissant pour durer quatre si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le r&#232;gne d'Auguste est le grand tournant de l'histoire romaine. Tandis que la p&#233;riode r&#233;publicaine s'ach&#232;ve sur les ultimes soubresauts des guerres civiles, la cit&#233; &#233;crit d&#233;j&#224; les d&#233;buts d'un nouveau chapitre...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Alexandre le Grand : ma&#238;tre du monde &#224; 33 ans.</title>
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&lt;p&gt;Quand Alexandre na&#238;t en Juillet 356 avant J&#233;sus-Christ, la Mac&#233;doine n'est encore qu'un petit royaume montagneux install&#233; aux marges septentrionales de la Gr&#232;ce. Le p&#232;re du futur conqu&#233;rant est le roi Philippe, un personnage de caract&#232;re qu'une blessure re&#231;ue au cours d'un si&#232;ge a laiss&#233; borgne. Le souverain connait un d&#233;but de r&#232;gne incertain : agitations et complots de l'aristocratie, man&#339;uvres de puissants &#233;tats voisins troublent quelques ann&#233;es le pays. Une s&#233;rie de victoires heureuses r&#233;tablit la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Pour les plus curieux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=&#034;center&#034;&gt; &lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L82xH129/images-11jpg3123-1635e.jpg?1704139364' title=&#034;Buste d'Alexandre.&#034; width='82' height='129' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Quand Alexandre na&#238;t en Juillet 356 avant J&#233;sus-Christ, la Mac&#233;doine n'est encore qu'un petit royaume montagneux install&#233; aux marges septentrionales de la Gr&#232;ce. Le p&#232;re du futur conqu&#233;rant est le roi Philippe, un personnage de caract&#232;re qu'une blessure re&#231;ue au cours d'un si&#232;ge a laiss&#233; borgne. Le souverain connait un d&#233;but de r&#232;gne incertain : agitations et complots de l'aristocratie, man&#339;uvres de puissants &#233;tats voisins troublent quelques ann&#233;es le pays. Une s&#233;rie de victoires heureuses r&#233;tablit la situation, la monarchie impose son autorit&#233; sur des r&#233;gions traditionnellement mal contr&#244;l&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'&#339;uvre de Philippe est surtout militaire : conscient du risque que les faiblesses de son arm&#233;e font courir &#224; la Mac&#233;doine, l'homme &#233;tudie de n&#233;cessaires r&#233;formes strat&#233;giques : il imagine un dispositif de combat original, inspir&#233; de ce qui existe d&#233;j&#224; dans certaines cit&#233;s grecques, la phalange. Align&#233;s sur une vingtaine de rangs de profondeur, les soldats sont &#233;quip&#233;s d'une immense lance, la sarisse. L'efficacit&#233; de l'organisation repose sur la coh&#233;sion, particuli&#232;rement lors des assauts. Quand elle se met en mouvement, la phalange pr&#233;sente &#224; l'adversaire un front de piques ac&#233;r&#233;es que rien ne peut briser.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les auteurs de l'Antiquit&#233; se sont longuement attard&#233;s sur l'enfance d'Alexandre. Aucun n'a manqu&#233; de souligner le temp&#233;rament imp&#233;tueux et r&#233;solu du jeune prince. D&#232;s ses premi&#232;res ann&#233;es, l'h&#233;ritier au tr&#244;ne d&#233;veloppe les qualit&#233;s d'un excellent cavalier. Selon le t&#233;moignage des familiers de la cour, il accomplit l'exploit de dompter un cheval fougueux qu'il nomme Buc&#233;phale et qui le suivra jusqu'au bout de ses campagnes &#224; venir. Guerrier talentueux, Alexandre n'est pourtant pas priv&#233; d'instruction. Pour lui, Philippe fait venir &#224; Pella, la capitale du royaume, le c&#233;l&#232;bre philosophe Aristote. L'illustre personnage enseigne &#224; son jeune &#233;l&#232;ve les grands principes n&#233;s de la civilisation grecque. L'adolescent d&#233;couvre l'&#339;uvre d'Hom&#232;re, le r&#233;cit des combats l&#233;gendaires d'Hector devant Troie, le long voyage d'Ulysse pour Ithaque. Il se choisit un mod&#232;le dont il essayera toute sa vie d'imiter le comportement : Achille.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En 336, Philippe songe &#224; envahir le puissant empire perse que des troubles int&#233;rieurs affaiblissent depuis longtemps. Une conspiration de palais l'emp&#234;che n&#233;anmoins de mettre son projet &#224; ex&#233;cution. Au cours d'une repr&#233;sentation th&#233;&#226;trale, le roi tombe sous le couteau d'un conjur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Cet assassinat politique ouvre &#224; Alexandre les marches du tr&#244;ne. Mais, &#224; la cour, rien n'est simple. Le souverain d&#233;funt laisse derri&#232;re lui de nombreuses concubines et autant de pr&#233;tendants &#224; la couronne, encore dans l'enfance. Alexandre est fait pour le pouvoir, il ne recule devant aucune n&#233;cessit&#233; pour le conserver : il organise la disparition de ceux qui un jour pourraient contester la l&#233;gitimit&#233; de son autorit&#233;. Dans les couloirs du palais de Pella, le sang coule parfois tout autant que sur les champs de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le nouveau ma&#238;tre de Mac&#233;doine reprend &#224; son compte les ambitions de son p&#232;re. Au printemps 334 avant J&#233;sus-Christ, &#224; la t&#234;te d'une puissante arm&#233;e, il passe le d&#233;troit du Bosphore et s'engage &#224; travers l'Asie Mineure. La tradition veut que, parvenus sur le site o&#249; s'&#233;tendait jadis la glorieuse Troie, Alexandre se soit rendu aupr&#232;s du tombeau de l'illustre Achille afin de rendre au h&#233;ros les honneurs dus &#224; son rang. L&#233;gendaire ou non, ce geste est lourd d'arri&#232;res pens&#233;es politiques. Il est aussi tr&#232;s symbolique. Il permet au conqu&#233;rant de s'affirmer en monarque grec. Nulle ambigu&#239;t&#233; possible : la campagne contre l'empire perse est men&#233;e au nom de la Gr&#232;ce enti&#232;re dont Alexandre s'estime le protecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;C'est au c&#339;ur de l'Asie Mineure que les Mac&#233;doniens rencontrent pour la premi&#232;re fois les forces de l'empereur Darius, au Granique. La bataille est sanglante, les phalanges font pourtant merveille. Une charge de cavalerie adroitement men&#233;e par Alexandre emporte la d&#233;cision de l'affrontement. Les Perses d&#233;faits se retirent &#224; l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le vainqueur n&#233;glige de poursuivre l'adversaire en fuite. Il choisit plut&#244;t de descendre sur le Sud et longe les c&#244;tes m&#233;diterran&#233;ennes du Proche- Orient. Il s'empare des r&#233;gions o&#249; le royaume d'Isra&#235;l imposait autrefois son autorit&#233; puis il atteint l'Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le r&#233;cit des auteurs antiques indique qu'Alexandre se rend au temple d'Amon, dans le d&#233;sert de Lybie, et interroge le grand pr&#234;tre pour savoir si le dieu lui accorderait la gloire de dominer un jour le monde entier. La r&#233;ponse est favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'entrevue est tout autant politique que religieuse. En questionnant une tr&#232;s ancienne divinit&#233;, &#224; laquelle il ne porte sans doute gu&#232;re de cr&#233;dit, le fier guerrier se pose en successeur des anciens pharaons : une fa&#231;on efficace d'installer sa l&#233;gitimit&#233; sur les rives du Nil. Tout au long de son s&#233;jour &#233;gyptien, Alexandre multiplie d'ailleurs les c&#233;r&#233;monies symboliques : rev&#234;tu des attributs que portait autrefois Rams&#232;s, il respecte scrupuleusement les usages du peuple des pyramides. N&#233;anmoins, il n'oublie pas pour autant les origines grecques de son enfance. La prestigieuse civilisation hell&#233;nistique m&#251;rit lentement dans son esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La vall&#233;e du Nil contr&#244;l&#233;e, Alexandre remonte vers le Nord, traverse l'Asie Mineure et s'enfonce dans les profondeurs de l'empire perse. Une seconde bataille, celle de Gaugam&#232;les, confirme la sup&#233;riorit&#233; technique et militaire des phalanges mac&#233;doniennes sur les troupes de Darius. Le conqu&#233;rant victorieux poursuit son irr&#233;sistible avanc&#233;e, franchit le Tigre puis l'Euphrate et parvient jusqu'&#224; Babylone. Les rudes guerriers de Pella d&#233;couvrent entre les murs de la cit&#233; le raffinement des civilisations mill&#233;naires de la M&#233;sopotamie.&lt;/p&gt;
&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L134xH67/j-2jpg-3c2863c28-7122f.jpg?1704139364' title=&#034;La bataille de Gaugam&#232;les&#034; width='134' height='67' /&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Alexandre ne profite gu&#232;re du confort des palais babyloniens : il songe d&#233;j&#224; &#224; reprendre la route de Pers&#233;polis, la prestigieuse capitale de l'empire o&#249; s'est r&#233;fugi&#233; Darius. Quelques mois plus tard, au terme d'une marche incertaine et difficile les hautes murailles de la ville sont en vue. Alexandre y p&#233;n&#232;tre en vainqueur. Les auteurs anciens rapportent que les Mac&#233;doniens organisent dans la r&#233;sidence de Darius un immense banquet. A la fin des festivit&#233;s, le souverain ordonne que l'on y mette le feu pour, selon les mots de Plutarque, &#171; venger le sacril&#232;ge dont Xerx&#232;s s'&#233;tait rendu coupable &#224; l'encontre de l'Acropole d'Ath&#232;nes &#187;. Une fois de plus, l'acte, bien que violent, est r&#233;fl&#233;chi et porteur de sens. En punissant la destruction des monuments ath&#233;niens au cours de la premi&#232;re guerre m&#233;dique, Alexandre r&#233;affirme son r&#244;le de protecteur des cit&#233;s grecques.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'assassinat obscur de Darius sur ordre de quelques dignitaires du r&#233;gime ne met pas fin &#224; l'exp&#233;dition. L'ambition d'Alexandre est sans limite. L'arm&#233;e poursuit sa route et atteint les r&#233;gions les plus recul&#233;es de l'empire. Les conqu&#233;rants y affrontent de farouches populations montagnardes sur lesquelles la monarchie perse n'imposait qu'une fragile autorit&#233;. Dans le lointain se profile d&#233;j&#224; la puissante cha&#238;ne de l'Himalaya. Une interminable marche conduit les Mac&#233;doniens sur les bords de l'Indus. Au-del&#224;, s'&#233;tend un monde inconnu qu'Alexandre entend d&#233;couvrir. Les Grecs ont-ils &#224; peine travers&#233; les eaux bouillonnantes du fleuve qu'ils doivent affronter les princes hindous de la r&#233;gion. Le premier engagement tourne au d&#233;savantage d'Alexandre : l'adversaire utilise pour se battre d'&#233;tranges montures que les conqu&#233;rants n'ont jamais vu auparavant : les &#233;l&#233;phants. Les phalanges ne r&#233;sistent pas &#224; la panique et se dispersent au moment du choc. N&#233;anmoins, l'effet de surprise pass&#233;, le souverain r&#233;ussit &#224; remporter sur l'ennemi la difficile victoire de l'Hydaspe.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les routes de l'Extr&#234;me-Orient s'ouvrent au conqu&#233;rant. Mais les troupes refusent d'aller plus avant. La fatigue, le d&#233;sespoir, le d&#233;couragement parcourent les bataillons. Les Mac&#233;doniens ont quitt&#233; leurs foyers depuis onze ann&#233;es. Beaucoup n'attendent que l'ordre du retour et l'espoir de retrouver les leurs. La r&#233;volte gronde, la menace d'une mutinerie g&#233;n&#233;rale se pr&#233;cise. Alexandre doit se r&#233;signer : les limites de son empire n'iront pas plus loin que l'Indus. Il donne le signal de la retraite, sans enthousiasme&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le chemin est long et laborieux. La travers&#233;e de contr&#233;es arides et hostiles emporte encore de nombreuses vies. Des milliers d'hommes p&#233;rissent d'&#233;puisement et de soif, sans avoir revu leur pays. Us&#233; par sa courte carri&#232;re militaire et politique, par ses exc&#232;s aussi, Alexandre tombe malade. Il parvient &#224; Babylone en mauvaise sant&#233;. Un bain imprudent dans les mar&#233;cages qui entourent la ville a raison de son fragile &#233;tat. Il y contracte ce que les historiens pensent &#234;tre le paludisme ou la malaria. Une fi&#232;vre ardente s'empare de lui et le consume une dizaine de jours. Le 13 Juin 323 avant J&#233;sus-Christ, le grand guerrier succombe au mal, &#224; peine &#226;g&#233; de 33 ans mais ma&#238;tre de territoires immenses. Il ne laisse aucun h&#233;ritier l&#233;gitime, ses g&#233;n&#233;raux se partagent les r&#233;gions conquises. Parmi eux Ptol&#233;m&#233;e re&#231;oit l'Egypte. Trois si&#232;cles plus tard, l'une de ses descendantes, Cl&#233;op&#226;tre tentera de sauver des ambitions de Rome les h&#233;ritages de la civilisation du Nil.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;R&#233;duire l'&#339;uvre d'Alexandre &#224; une simple suite de campagnes militaires et de batailles sanglantes ne serait pas rendre justice au personnage qu'il f&#251;t. Les projets du grand guerrier allaient bien au-del&#224; de la seule conqu&#234;te d'un vaste empire. L'enfant de Pella n'a jamais renonc&#233; au r&#234;ve qui &#233;tait le sien : celui de construire une culture originale et nouvelle, s'&#233;panouissant de la Gr&#232;ce aux confins de l'Orient. Une culture b&#226;tie sur les h&#233;ritages laiss&#233;s par les peuples les plus brillants de l'Antiquit&#233; : l'hell&#233;nisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Quand il n'&#233;tait pas sur sa monture &#224; la poursuite d'un ennemi en d&#233;route, Alexandre travaillait volontiers &#224; la r&#233;alisation de sa passion. Le conqu&#233;rant brutal devenait alors sage administrateur, soucieux des villes qu'il avait fond&#233; aux quatre coins de son empire. Nourri des principes de la civilisation grecque depuis ses jeunes ann&#233;es, il esp&#233;rait n&#233;anmoins r&#233;aliser le subtil m&#233;lange de sa culture d'origine aux h&#233;ritages orientaux des temps anciens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Alexandre ne perdait jamais de vue son ambitieux projet. Il avait compris que la diffusion de l'hell&#233;nisme ne pouvait et ne devait pas uniquement s'appuyer sur les armes. Pour conqu&#233;rir le c&#339;ur des populations soumises, il &#233;tait n&#233;cessaire de multiplier les gestes symboliques, riches de sens et seuls capables de frapper les esprits. Le guerrier disposait dans ce domaine d'une v&#233;ritable clairvoyance et savait parfaitement mettre en sc&#232;ne son pouvoir. Aucun d&#233;tail n'&#233;tait laiss&#233; au hasard : attitude, apparence. Habill&#233; en pharaon au cours de son s&#233;jour sur les bords du Nil, Alexandre devenait monarque perse &#224; Babylone.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'installation durable de la nouvelle civilisation &#224; travers l'empire supposait que l'on construis&#238;t le cadre dans lequel pourrait s'&#233;panouir les principes culturels imagin&#233;s par le puissant Mac&#233;donien. Alexandre f&#251;t donc un b&#226;tisseur de villes. L'une de ses plus belles r&#233;ussites en la mati&#232;re demeure sans doute Alexandrie d'Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Surgie aux extr&#233;mit&#233;s occidentales du delta du Nil, la cit&#233; rassemblait entre ses murs tous les h&#233;ritages orientaux et grecs. Les temples d'Isis et de Pos&#233;idon c&#244;toyaient le quartier juif et sa synagogue.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La fusion culturelle ne se fit pas seulement &#224; travers les r&#233;alisations architecturales ou artistiques. Elle pr&#238;t aussi un aspect hautement religieux : S&#233;rapis devint la divinit&#233; hell&#233;nistique par excellence. Elle associait sous les traits d'un m&#234;me dieu, Apis (la vache nourrici&#232;re de la mythologie &#233;gyptienne) et Zeus, le ma&#238;tre de l'Olympe.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Si Alexandrie d'Egypte est l'un des produits les plus achev&#233;s de l'hell&#233;nisme, il n'est pourtant pas le seul. Aux carrefours des grandes routes de l'empire sont n&#233;es des dizaines d'autres Alexandrie entre les murs desquelles se sont rencontr&#233;es, influenc&#233;es puis transform&#233;es des coutumes issues d'horizons diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Au moment de mourir, Alexandre ne laissait pas seulement derri&#232;re lui une civilisation promise &#224; durer. Il l&#233;guait aux conqu&#233;rants &#224; venir un r&#234;ve &#224; r&#233;aliser : celui d'un empire universel qui s'&#233;tendrait jusqu'aux limites du monde...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sparte, cit&#233; guerri&#232;re du monde grec antique.</title>
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&lt;p&gt;Sparte est une &#233;trange cit&#233; du monde grec antique. Nulle part ailleurs, la population est &#224; ce point mobilis&#233;e au service de la guerre. L'existence du citoyen spartiate est consacr&#233;e toute enti&#232;re aux activit&#233;s militaires. Entra&#238;nements physiques, marches forc&#233;es et combats individuels rythment le quotidien de chacun d&#232;s les d&#233;buts de l'enfance. Ceux qui survivent aux batailles meurtri&#232;res, aux campagnes incertaines obtiennent, la cinquantaine pass&#233;e, le droit de participer &#224; l'assembl&#233;e des Anciens dont (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Pour les plus curieux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Sparte est une &#233;trange cit&#233; du monde grec antique. Nulle part ailleurs, la population est &#224; ce point mobilis&#233;e au service de la guerre. L'existence du citoyen spartiate est consacr&#233;e toute enti&#232;re aux activit&#233;s militaires. Entra&#238;nements physiques, marches forc&#233;es et combats individuels rythment le quotidien de chacun d&#232;s les d&#233;buts de l'enfance. Ceux qui survivent aux batailles meurtri&#232;res, aux campagnes incertaines obtiennent, la cinquantaine pass&#233;e, le droit de participer &#224; l'assembl&#233;e des Anciens dont d&#233;pend, avec les deux rois, le gouvernement de l'&#233;tat. Lib&#233;r&#233;s des obligations de l'arm&#233;e, ils partagent les derniers jours d'une vie mouvement&#233;e entre occupations politiques et gestion du domaine familial.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Ath&#232;nes, la rivale s&#233;culaire de Sparte, n'a jamais cess&#233; d'admirer la valeur des hoplites lac&#233;d&#233;moniens (Synonyme de spartiate). Leur r&#233;putation d'invincibilit&#233; est telle que les autres cit&#233;s &#233;vitent quant elles le peuvent de les affronter en ordre rang&#233;. Habitu&#233; aux souffrances, aux humiliations, aux brimades, le soldat spartiate sait mieux que tout autre tenir sa place parmi les camarades quand les lignes ennemies se forment &#224; l'horizon et s'&#233;lancent le javelot en avant. Il ne pourrait d'ailleurs pas s'en revenir paisiblement chez lui s'il se d&#233;robait et abandonnait ses armes sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Dans chaque village de Sparte, les nouveau-n&#233;s m&#226;les sont pr&#233;sent&#233;s aux Anciens. Les plus ch&#233;tifs, les plus fragiles, ceux victimes d'une malformation cong&#233;nitale ach&#232;vent leur courte existence dans le fond d'un ravin escarp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les gar&#231;ons sont &#233;lev&#233;s dans le foyer familial, au milieu des femmes et des filles, jusqu'&#224; l'&#226;ge de sept ans. Ils y re&#231;oivent une instruction intellectuelle rudimentaire. Pass&#233;e cette p&#233;riode, ils sont confi&#233;s au soin de la cit&#233; qui assume leur &#233;ducation militaire, l'agog&#232; en grec.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le jeune spartiate d&#233;couvre la vie en collectivit&#233;. Il apprend l'endurance, surmonte les souffrances. Ses ma&#238;tres, de vieux hoplites aguerris, lui imposent des exercices rigoureux jusqu'aux limites de l'&#233;puisement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;A douze ans, les adolescents franchissent une nouvelle &#233;tape. Ils quittent d&#233;finitivement les leurs et rejoignent les casernes de la cit&#233;. Les recrues y supportent les contraintes d'une discipline extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les activit&#233;s physiques ponctuent la journ&#233;e des novices : courses, maniement des armes, combats....Les enseignants stimulent les plus t&#233;m&#233;raires, les plus audacieux. Au cours de sa longue formation, le Spartiate assimile les comportements qui pourront peut &#234;tre le sauver au c&#339;ur de la bataille : ma&#238;triser sa peur et ses &#233;motions, ne jamais renoncer &#224; vaincre, ignorer la douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les &#233;l&#232;ves s'affrontent souvent entre eux sous le regard des vieillards dont les paroles moqueuses ou blessantes aiguisent davantage encore le d&#233;sir de triompher. Les talents sont rapidement rep&#233;r&#233;s. Les ma&#238;tres confient &#224; quelques m&#233;ritants le commandement d'une petite troupe, la surveillance d'un point sensible du territoire, une mission de reconnaissance aux fronti&#232;res de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Il est n&#233;cessaire que chacun connaisse parfaitement les camarades qui combattront &#224; ses c&#244;t&#233;s lors des engagements militaires. Au milieu de la m&#234;l&#233;e, quand l'ennemi travaille &#224; rompre les lignes, la confiance est indispensable : le compagnon peut pr&#233;venir d'un danger, d&#233;tourner un javelot dangereux, bloquer la lame d'un glaive.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'arm&#233;e lac&#233;d&#233;monienne tire sa puissance de l'extraordinaire coh&#233;sion qui r&#232;gne entre ses hoplites. La solidarit&#233; ne s'apprend pas au moment du combat. Elle se construit patiemment chaque jour, &#224; la caserne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les novices vivent donc constamment au contact des uns et des autres : ils prennent leurs repas en commun, ils dorment ensemble sur de mauvaises paillasses, ils endurent les m&#234;mes souffrances. Les p&#233;dagogues encouragent les liens d'amiti&#233; parce que l'on se bat mieux quand il faut prot&#233;ger la vie du camarade &#224; qui l'on tient.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Au cours de sa formation, le Spartiate apprend aussi &#224; donner la mort. Il lui faut d&#233;couvrir les sensations que procure la vue du sang et ma&#238;triser son bras quand le glaive plonge dans le corps de l'ennemi. Chaque ann&#233;e, les autorit&#233;s d&#233;clarent une guerre rituelle et tr&#232;s codifi&#233;e aux esclaves de la cit&#233; que l'on appelle les hilotes. Les plus imprudents, ceux qui errent encore la nuit venue, tombent souvent sous le couteau d'un adolescent &#224; la recherche d'une victime. La brutalit&#233; de cette coutume est v&#233;cue comme une n&#233;cessit&#233; : les futurs hoplites doivent se pr&#233;parer au moment o&#249; ils tueront pour la premi&#232;re fois.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;A dix huit ans, les jeunes se soumettent &#224; un rite traditionnel qui, s'il est accompli avec succ&#232;s, ouvre l'acc&#232;s &#224; la communaut&#233; civique. Il s'agit de la kryptie. Pendant une ann&#233;e enti&#232;re, le candidat vit en marge de la cit&#233;. D&#233;pourvu d'armes, v&#234;tu de la plus simple des mani&#232;res, il demeure cach&#233; et se nourrit comme il le peut. Personne ne lui apporte d'aide. L'&#233;preuve est de taille mais elle donne l'occasion de d&#233;velopper toutes les qualit&#233;s d'un excellent guerrier lac&#233;d&#233;monien : la ruse et l'agilit&#233; pour d&#233;rober sans se faire prendre les subsistances n&#233;cessaires ; la d&#233;termination pour surmonter les moments de faiblesse et de d&#233;couragement ; la r&#233;sistance physique pour se d&#233;fendre et ne pas succomber sous les coups de l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La kryptie achev&#233;e, le Spartiate r&#233;int&#232;gre la cit&#233;. Il obtient la citoyennet&#233; et re&#231;oit alors le droit de participer au gouvernement de l'&#233;tat. N&#233;anmoins, il n'est pas lib&#233;r&#233; de ses obligations militaires. Jusqu'au seuil de la vieillesse, son activit&#233; principale demeure le m&#233;tier des armes. Les hilotes se chargent d'entretenir pour son compte le domaine agricole assorti au statut de citoyen. Il s'y rend assez peu parce que m&#234;me au-del&#224; des ann&#233;es de jeunesse, le guerrier conserve les comportements que les ma&#238;tres lui ont enseign&#233;s. Il partage avec ses compagnons une grande partie du quotidien qui est le sien. Il participe entre autre au banquet rituel dont la fonction premi&#232;re est de souder la communaut&#233; civique et d'en pr&#233;server toute la coh&#233;sion.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;On n'imagine mieux dans ces conditions les raisons pour lesquelles la r&#233;putation d'invincibilit&#233; de la cit&#233; est si ancr&#233;e dans les mentalit&#233;s grecques de la l'Antiquit&#233;. M&#234;me la puissante Ath&#232;nes h&#233;site de longs mois avant de s'engager contre sa rivale, au d&#233;but de la guerre du P&#233;loponn&#232;se. (432-404 avant J&#233;sus Christ). D'ailleurs, lorsque l'arm&#233;e spartiate envahit l'Attique, les troupes ath&#233;niennes ne prennent pas le risque d'affronter leur adversaire en terrain d&#233;couvert. La population trouve son salut &#224; l'abri des fortifications de la ville et assiste impuissante aux ravages que les Lac&#233;d&#233;moniens infligent aux campagnes proches. Jusqu'&#224; sa mort, le strat&#232;ge P&#233;ricl&#232;s refuse l'id&#233;e d'une bataille rang&#233;e aux r&#233;sultats incertains.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Sparte invincible ? Pas exactement. Victorieuse d'Ath&#232;nes en 404, la cit&#233; &#233;tend &#224; travers la Gr&#232;ce une h&#233;g&#233;monie rigoureuse que sa sup&#233;riorit&#233; militaire justifie. Mais trente ans plus tard, les Spartiates subissent la premi&#232;re grande d&#233;faite de leur Histoire, &#224; Leuctres, face &#224; Th&#232;bes. La modeste cit&#233; de B&#233;otie r&#233;alise l'exploit dont Ath&#232;nes a en vain r&#234;v&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Pourtant, m&#234;me &#224; ce moment particuli&#232;rement critique, les Lac&#233;d&#233;moniens ne se d&#233;partissent pas du sang froid dont ils font habituellement preuve au cours des batailles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les autorit&#233;s r&#233;agissent rapidement. Les plus anciens sont mobilis&#233;s pour la d&#233;fense du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les auteurs anciens se sont toujours &#233;tonn&#233;s de la rudesse des femmes spartiates. L'une d'elle ne dit-elle pas &#224; son fils, selon Thucydide, qu'elle pr&#233;f&#233;rerait le voir revenir mort que sans ses armes, abandonn&#233;es au cours de la fuite ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La nouvelle du d&#233;sastre connue, les &#233;pouses et les m&#232;res se consacrent &#224; la protection de la cit&#233;. Celles qui d&#233;plorent la perte d'un mari ou d'un enfant ch&#233;ri n'ont d'ailleurs pas le loisir de pleurer longtemps leurs disparus. Soucieux de ne pas affecter le moral et la d&#233;termination de la population, les magistrats r&#233;duisent le temps des deuils et interdisent les manifestations excessives de douleur : pas de pleurs, pas de g&#233;missements. Jusqu'au bout, il faut demeurer endurant au chagrin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, Sparte &#233;chappe &#224; l'invasion de son territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Mais son temps est pass&#233;. Th&#232;bes d&#233;faite &#224; son tour, un nouveau royaume impose au monde &#233;g&#233;en et &#224; Sparte sa puissance militaire : la Mac&#233;doine. Philippe puis Alexandre s'appuieront sur une infanterie et une cavalerie formidablement efficaces pour conqu&#233;rir l'immense empire perse. Le temps des prestigieux hoplites lac&#233;d&#233;moniens n'est plus, une page de la civilisation grecque se tourne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>N&#233;ron a-t-il fait incendier Rome ?</title>
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&lt;p&gt;Au 1er si&#232;cle apr&#232;s J&#233;sus-Christ, Rome n'est plus le petit village de bergers de ses d&#233;buts. La ville est devenue la capitale d'un empire qui s'&#233;tend autour des rivages de la M&#233;diterran&#233;e. Ses murs se prolongent au-del&#224; des sept collines, aux limites du Tibre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rome ressemble &#224; une immense fourmili&#232;re : chaque jour, des milliers de personnes se bousculent dans les ruelles &#233;troites et sales des quartiers populaires. Quelques &#233;crivains antiques ont laiss&#233; de la cit&#233; un t&#233;moignage parfois singulier : rien (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Pour les plus curieux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/jpg/images-7.jpg' title=&#034;Buste de l'empereur N&#233;ron.&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Au 1er si&#232;cle apr&#232;s J&#233;sus-Christ, Rome n'est plus le petit village de bergers de ses d&#233;buts. La ville est devenue la capitale d'un empire qui s'&#233;tend autour des rivages de la M&#233;diterran&#233;e. Ses murs se prolongent au-del&#224; des sept collines, aux limites du Tibre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Rome ressemble &#224; une immense fourmili&#232;re : chaque jour, des milliers de personnes se bousculent dans les ruelles &#233;troites et sales des quartiers populaires. Quelques &#233;crivains antiques ont laiss&#233; de la cit&#233; un t&#233;moignage parfois singulier : rien n'est aussi dangereux et p&#233;nible que de s'y promener aux heures les plus agit&#233;es de l'apr&#232;s-midi. Se frayer un chemin &#224; travers la foule bruyante rel&#232;ve de l'exploit. Il faut prendre garde aux pav&#233;s disjoints des voies sur lesquels on peut facilement se tordre les chevilles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La propret&#233; n'est assur&#233;ment pas la pr&#233;occupation premi&#232;re des Romains : les rues sont rarement nettoy&#233;es. Des flaques boueuses rendent certains passages p&#233;rilleux. Les auteurs anciens, quand ils racontent aux leurs un court s&#233;jour pass&#233; dans la ville, donnent un &#233;trange conseil : il n'est jamais prudent de longer les murs parce que certains ont la tr&#232;s mauvaise habitude de jeter par la fen&#234;tre le contenu d'un pot de chambre ou d'une poubelle... Nombreux sont les malchanceux qui reviennent chez eux couverts des restes d'un repas.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les plus riches se sont install&#233;s sur les collines qui dominent la capitale et son fleuve. Les somptueuses r&#233;sidences de l'empereur et de l'aristocratie d&#233;ploient leurs vastes jardins sur l'Aventin, le Palatin ou l'Esquilin.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En revanche, les quartiers populaires et surpeupl&#233;s s'&#233;tendent dans la plaine mar&#233;cageuse, proche du Tibre. Ceux qui y vivent viennent de tous les horizons sociaux : artisans, commer&#231;ants, paysans arriv&#233;s de la campagne, esclaves, mendiants, voleurs ou marginaux. Les plus chanceux logent dans les appartements exigus des Insulae, ces immeubles de bon rapport qui accueillent les plus privil&#233;gi&#233;s. Les autres, la grosse majorit&#233;, survivent comme ils le peuvent dans d'inf&#226;mes taudis.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Rome vit sous la menace constante des incendies. A l'&#233;poque de l'Antiquit&#233;, il n'existe pas de personnes sp&#233;cialis&#233;es dans le combat du feu, comme nos pompiers modernes. Quand les flammes s'emparent d'un b&#226;timent, la population intervient elle-m&#234;me, avec le peu de moyens dont elle dispose : des seaux que l'on va remplir dans le fleuve et que l'on se passe de mains en mains jusqu'au brasier.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Comme souvent autrefois, les hommes utilisent beaucoup le bois quand ils construisent parce que ce mat&#233;riau est moins cher que la pierre. Mais, il est aussi plus dangereux. On imagine avec quelle facilit&#233; le feu se propage d'une maison &#224; une autre, particuli&#232;rement lorsque dans un quartier les demeures s'adossent les unes aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'&#233;troitesse des ruelles rend l'arriv&#233;e des secours tr&#232;s difficile. Ceux qui viennent &#233;teindre le sinistre sont souvent g&#234;n&#233;s par la fuite d&#233;sordonn&#233;e des plus affol&#233;s. Quand un mur s'effondre, l'encombrement des voies est tel que des dizaines de personnes son tu&#233;es par la chute des d&#233;bris br&#251;lants.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Dans la nuit du 18 au 19 Juillet 64, le feu prend brutalement dans un entrep&#244;t d'huile et de r&#233;sine d'un quartier populaire pr&#232;s du Grand Cirque. En quelques heures, l'incendie d&#233;truit des dizaines d'habitations sans que l'on puisse freiner sa progression. La mobilisation de la population n'emp&#234;che pas le sinistre de s'&#233;tendre &#224; travers la ville. Aux petites heures du matin, malgr&#233; les efforts que d&#233;ploient des centaines de gens, le foyer n'est toujours pas maitris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'empereur N&#233;ron est pr&#233;venu de la catastrophe et revient en toute h&#226;te de sa r&#233;sidence d'&#233;t&#233;, en bordure de mer. Quand il arrive &#224; Rome, il ne trouve que des ruines fumantes et des milliers de personnes &#233;perdues, sans abri.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le souverain fait ouvrir les jardins du Vatican &#224; la foule qui y trouve un asile salutaire. Mais il faut aussi songer &#224; nourrir ceux qui ont tout perdu dans la catastrophe : des convois exceptionnels de bl&#233; venus d'Italie arrivent sur Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'incendie n'est vaincu qu'une semaine plus tard. Tous les quartiers de la cit&#233; sont touch&#233;s. Pr&#232;s de 10000 immeubles ont disparu dans l'affreux brasier. Plus de 200000 personnes se retrouvent priv&#233;s de toit et errent &#224; travers la ville, telles des &#226;mes en peine. A ce triste bilan s'ajoutent les centaines de victimes (10000 ?) emport&#233;es par les flammes ou ensevelies sous les d&#233;combres d'une demeure &#233;vacu&#233;e trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les autorit&#233;s craignent les d&#233;bordements que le d&#233;sespoir de ceux qui n'ont plus rien risque de provoquer. L'arm&#233;e se d&#233;ploie &#224; travers les rues : comme souvent en de pareilles circonstances, les pilleurs profitent de la situation pour visiter les boutiques abandonn&#233;es par leurs propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;A l'abattement succ&#232;de rapidement la col&#232;re. La population cherche des responsables. Les rumeurs se d&#233;veloppent et se propagent de bouche &#224; oreille.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;N&#233;ron n'est pas &#233;pargn&#233; par les soup&#231;ons. Dans son entourage m&#234;me, les interrogations ne manquent pas. S&#233;n&#232;que, l'un des auteurs antiques les plus c&#233;l&#232;bres, que l'empereur admire pour son talent litt&#233;raire, d&#233;voile les projets que son maitre m&#251;rit depuis longtemps : d&#233;truire la vieille Rome pour reconstruire &#224; la place une nouvelle cit&#233;, N&#233;ropolis. (Ceux qui en grec signifie la ville de N&#233;ron). D'autres personnages rapportent &#233;galement avoir surpris le souverain d&#233;clamer des vers de sa composition devant le spectacle tragique des flammes. L'homme aurait-il ordonn&#233; d'allumer l'incendie pour stimuler son inspiration d&#233;faillante ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Et puis, beaucoup soulignent son pass&#233; trouble : ses relations incestueuses avec sa m&#232;re, sa responsabilit&#233; &#233;vidente dans l'assassinat de son demi-fr&#232;re Britannicus et de sa ma&#238;tresse Popp&#233;e, son go&#251;t immod&#233;r&#233; pour les f&#234;tes scandaleuses et les orgies choquantes....&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Dans les couloirs du palais imp&#233;rial, les conversations vont bon train. N&#233;ron n'est pas &#233;tranger &#224; la catastrophe qui vient de frapper la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;N&#233;ron, coupable du d&#233;sastre ? Les historiens de notre &#233;poque sont loin d'&#234;tre aussi cat&#233;goriques. En 64, les principaux accusateurs du ma&#238;tre de l'empire sont des membres du s&#233;nat, cette prestigieuse assembl&#233;e qui au temps de la R&#233;publique poss&#233;dait l'essentiel des pouvoirs politiques. L'arriv&#233;e des empereurs modifie la situation parce qu'ils confisquent &#224; leur profit l'influence que d&#233;tenaient autrefois les s&#233;nateurs. Ces derniers affichent alors une hostilit&#233; &#224; peine dissimul&#233;e pour la dynastie dont N&#233;ron est le dernier repr&#233;sentant. Le souverain est-il accus&#233; de l'incendie ? Les s&#233;nateurs ne se privent pas de donner cr&#233;dit &#224; la rumeur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les sp&#233;cialistes actuels rappellent qu'au moment des premi&#232;res flammes, l'empereur n'est pas &#224; Rome. Quelques proches certes ont donn&#233; de lui l'image d'un homme nourrissant une fascination &#233;trange pour le feu. En g&#233;n&#233;ral, les pyromanes, c'est-&#224;-dire ceux qui allument les incendies, restent sur les lieux de leurs m&#233;faits pour contempler le spectacle. Celui que ses ennemis d&#233;crivent comme un monstre sanguinaire aurait pu en faire tout autant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;D'autres part, s'il r&#233;duit en cendres les quartiers populaires de la ville, le brasier n'&#233;pargne pas plus les villas imp&#233;riales de l'Aventin ou du Palatin. Malgr&#233; tous ses soins, N&#233;ron ne parvient pas &#224; sauver des flammes ses richesses les plus pr&#233;cieuses. Le personnage est peut &#234;tre le d&#233;bauch&#233; pervers que l'on fait de lui mais il est grand connaisseur d'&#339;uvres d'art et d&#233;veloppe un go&#251;t artistique certain. Jamais il n'aurait admis qu'un incendie allum&#233; sur son ordre d&#233;truise les tr&#233;sors de ses r&#233;sidences.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Quant &#224; ses projets urbains, les historiens pensent que le monarque n'a jamais voulu d&#233;truire la capitale pour reconstruire une nouvelle cit&#233;. Certes il caresse le r&#234;ve de b&#226;tir une ville &#224; sa gloire. Mais il n'imagine pas le faire aux d&#233;pens de Rome. Il envisage une simple transformation d'Ostie, modeste port de la c&#244;te, &#224; quelques kilom&#232;tres du Latium.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;N&#233;ron, selon toute probabilit&#233;, n'est pas l'auteur du d&#233;sastre le plus tragique de l'histoire romaine. Mais en 64, les opinions sont moins mod&#233;r&#233;es d'autant plus que le souverain est loin d'avoir toujours eu l'attitude exemplaire que l'on attend de lui. Ses gestes, ses paroles parfois maladroites (dans l'une des trag&#233;dies qu'il compose, il d&#233;crit l'incendie de Troie), ses exc&#232;s sanglants en font le coupable d&#233;sign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Dans les rues ravag&#233;es de Rome, la col&#232;re gronde : l'enqu&#234;te men&#233;e par les autorit&#233;s ne donne rien. Les accusations port&#233;es contre le souverain se pr&#233;cisent. L'inqui&#233;tude gagne le palais imp&#233;rial : le pouvoir vacille. Pour se maintenir, N&#233;ron cherche &#224; d&#233;tourner de lui les soup&#231;ons pesants.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Or, une communaut&#233; install&#233;e depuis une trentaine d'ann&#233;es dans la capitale cristallise autour d'elle l'hostilit&#233; des Romains : les Chr&#233;tiens. Les membres de ce que le r&#233;gime consid&#232;re comme une secte marginale r&#233;pandent un message mal accept&#233; des m&#339;urs de l'&#233;poque. La soci&#233;t&#233; n'est pas particuli&#232;rement intol&#233;rante : de nombreux cultes orientaux se d&#233;veloppent &#224; travers les rues de la cit&#233;. Mais les disciples du Christ indisposent leurs contemporains par le refus obstin&#233; qu'ils opposent &#224; toute participation aux f&#234;tes religieuses traditionnelles. A la suite de l'incendie, l'opinion publique, d&#233;sireuse d'explications, estime que la catastrophe est la violente manifestation de la col&#232;re divine. La paisible entente que les dieux ont nou&#233;e avec les hommes se trouve brutalement rompue : les sacrifices offerts &#224; Vulcain ou Jupiter au lendemain du d&#233;sastre ne suffisent pas. Il faut aussi &#233;liminer les disciples de ce proph&#232;te de Palestine dont les Romains ne connaissent juste que le nom, J&#233;sus de Nazareth, parce que les pratiques spirituelles et le comportement singulier qu'ils affichent troublent l'harmonie du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Pour N&#233;ron, la solution est l&#224; : les Chr&#233;tiens sont les coupables id&#233;aux. En quelques jours, la petite communaut&#233; est d&#233;mantel&#233;e. Des centaines de personnes sont arr&#234;t&#233;es puis envoy&#233;es en prison. Les tribunaux prononcent de nombreuses condamnations &#224; mort. Comme il est de coutume &#224; l'&#233;poque, les accus&#233;s sont envoy&#233;s dans les ar&#232;nes pour y subir d'horribles supplices. Sous les regards avides de la population venue assister au spectacle, ceux que l'on consid&#232;re comme les criminels les plus odieux de la ville sont livr&#233;s aux fauves affam&#233;s. Les personnalit&#233;s les plus en vue de la communaut&#233; sont ex&#233;cut&#233;es. Pierre est crucifi&#233; sur la colline du Vatican. Paul, citoyen romain, est d&#233;capit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'empereur profite de la situation pour laisser libre cours &#224; ses instincts sanguinaires. Lors des f&#234;tes qu'il donne au palais, il offre &#224; ses invit&#233;s un spectacle tel que ceux-ci en &#233;prouvent un certain sentiment de malaise. Des dizaines de croix pars&#232;ment les jardins du Palatin : chacune d'elles supporte un chr&#233;tien dont la tunique est enduite de r&#233;sine, un produit capable de s'enflammer rapidement. A la tomb&#233;e du jour, l'embrasement est g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;N&#233;ron n'est sans doute pas &#224; l'origine de l'incendie de 64, pas plus que les Chr&#233;tiens d'ailleurs. La responsabilit&#233; du sinistre est bien davantage collective. Les imprudences des marchands de r&#233;sine ou d'huile qui entreposent sans pr&#233;caution des mati&#232;res hautement inflammables, l'enchev&#234;trement de ruelles &#233;troites et mal entretenues, l'utilisation massive du bois dans les constructions expliquent en grande partie la terrible catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'&#233;v&#232;nement, bien que purement accidentel, n'en a pas moins d'importantes cons&#233;quences politiques. Depuis longtemps, les autorit&#233;s recherchaient le pr&#233;texte id&#233;al pour d&#233;manteler la communaut&#233; chr&#233;tienne : le voil&#224; trouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Du brasier de 64 nait la premi&#232;re pers&#233;cution des disciples de J&#233;sus. Elle est l'une des plus violentes, mais elle n'est pas la derni&#232;re. D'autres suivront...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Na&#238;tre femme au temps de l'Antiquit&#233;.</title>
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		<dc:date>2005-12-22T10:25:05Z</dc:date>
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&lt;p&gt;S'il est une valeur &#224; laquelle sont &#233;trangers les hommes de l'Antiquit&#233;, c'est bien l'&#233;galit&#233;. Notre civilisation occidentale a fait de ce mot un principe fondamental que la loi prot&#232;ge jalousement : &#233;galit&#233; devant la justice, &#233;galit&#233; devant l'imp&#244;t, &#233;galit&#233; &#224; l'&#233;cole, dans l'entreprise o&#249; l'on travaille. Qu'un patron fasse des diff&#233;rences trop marqu&#233;es entre ses employ&#233;s, qu'un restaurateur refuse l'entr&#233;e de son &#233;tablissement &#224; une personne plut&#244;t qu'&#224; une autre, les voil&#224; tous deux passibles de poursuites (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;S'il est une valeur &#224; laquelle sont &#233;trangers les hommes de l'Antiquit&#233;, c'est bien l'&#233;galit&#233;. Notre civilisation occidentale a fait de ce mot un principe fondamental que la loi prot&#232;ge jalousement : &#233;galit&#233; devant la justice, &#233;galit&#233; devant l'imp&#244;t, &#233;galit&#233; &#224; l'&#233;cole, dans l'entreprise o&#249; l'on travaille. Qu'un patron fasse des diff&#233;rences trop marqu&#233;es entre ses employ&#233;s, qu'un restaurateur refuse l'entr&#233;e de son &#233;tablissement &#224; une personne plut&#244;t qu'&#224; une autre, les voil&#224; tous deux passibles de poursuites judiciaires devant les tribunaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En cela, l'attitude des populations anciennes est tr&#232;s &#233;loign&#233;e de la notre. A l'&#233;poque des pharaons, ou m&#234;me de l'empire romain, nul ne peut envisager que les hommes soient &#233;gaux entre eux. L'in&#233;galit&#233; est tol&#233;r&#233;e, elle est m&#234;me n&#233;cessaire. L'esclave est forc&#233;ment inf&#233;rieur &#224; son ma&#238;tre parce qu'il n'est pas libre de ses mouvements. L'&#233;tranger venu s'installer dans une cit&#233; grecque ne peut pr&#233;tendre aux m&#234;mes droits que le citoyen qui y est n&#233; : il vient d'ailleurs, il est diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Cette in&#233;galit&#233; se retrouve &#233;galement entre les hommes et les femmes, m&#234;me quand ils sont libres, citoyens ou de prestigieuse naissance. Etre femme dans le monde antique, c'est admettre que la gente masculine soit sup&#233;rieure &#224; soi. C'est mener l'existence d'une &#233;ternelle soumise.&lt;br&gt; D&#232;s les premiers jours de sa vie, la petite fille subit l'autorit&#233; de son p&#232;re. Devenue jeune mari&#233;e, elle quitte le foyer familial. Elle ne se lib&#232;re de la domination paternelle que pour accepter celle de son mari. Tout au long de son existence, une femme doit tol&#233;rer la pr&#233;sence d'un homme au dessus d'elle, qu'il soit son p&#232;re, son mari, son oncle ou son fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Dans ces conditions, un mariage n'est pas affaire de sentiments, la jeune fille ne choisit pas son conjoint. Elle accepte l'&#233;poux que son p&#232;re lui d&#233;signe. En M&#233;sopotamie, 3000 ans avant J&#233;sus-Christ, les unions interviennent g&#233;n&#233;ralement dans les toutes premi&#232;res ann&#233;es de l'adolescence, vers 12 ans. Le futur mari rencontre le p&#232;re de sa promise et lui offre, en &#233;change de sa main, une somme d'argent, quelques biens...Puis, le mariage prononc&#233;, il emm&#232;ne chez lui son &#233;pouse.&lt;br&gt; En Gr&#232;ce ancienne, les noces ne se d&#233;roulent pas avant le quatorzi&#232;me anniversaire de la jeune mari&#233;e. Mais, ici aussi, c'est le p&#232;re qui impose &#224; sa fille son conjoint, sans que celle-ci ne puisse, &#224; un moment ou un autre, donner son avis.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La vie d'une femme est trac&#233;e d&#232;s sa naissance : la t&#226;che qu'on lui assigne est de procr&#233;er et d'entretenir le logis familial. Il est donc plut&#244;t rare qu'une ma&#238;tresse de maison quitte son foyer pour fl&#226;ner dehors, surtout si elle n'est pas accompagn&#233;e de son &#233;poux. En Gr&#232;ce ancienne, une femme parcourant seule les rues de la cit&#233; fait scandale. Seules les prostitu&#233;es ont droit &#224; ce privil&#232;ge. A Ath&#232;nes, les citoyennes participent tr&#232;s rarement aux f&#234;tes religieuses de la ville. L'entr&#233;e du th&#233;&#226;tre leur est interdite. Les femmes ne sont pas autoris&#233;es &#224; jouer la com&#233;die. Quand il faut tenir le r&#244;le d'une m&#232;re, d'une adolescente, d'une vieillarde, les acteurs masculins n'h&#233;sitent pas &#224; rev&#234;tir une robe pour l'occasion et se poudrer le visage.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les lois antiques sont g&#233;n&#233;ralement plus s&#233;v&#232;res pour les femmes. En M&#233;sopotamie, que l'une d'elle soit surprise en compagnie de son amant, elle est noy&#233;e avec celui-ci. A moins que le mari tromp&#233; n'accorde sa gr&#226;ce au dernier moment, ce qui est plut&#244;t rare. Qu'une m&#232;re soit d&#233;couverte en train de nouer des relations contre-nature avec son fils (Ce qui est parfaitement immoral mais qui a d&#251; parfois se produire puisqu'une loi a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e pour condamner ce type de pratique), elle est br&#251;l&#233;e vive. En revanche, si un p&#232;re est convaincu d'avoir commis des actes incestueux avec sa fille, il est seulement banni de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En Gr&#232;ce, quand un mari trouve son &#233;pouse en compagnie d'un autre homme, il est autoris&#233; &#224; les tuer tous les deux sur l'instant. En revanche, si l'inverse se produit, l'&#233;pouse tromp&#233;e ne peut que r&#233;clamer le divorce.&lt;br&gt; Les Ath&#233;niennes n'ont pas le droit d'avoir de relation conjugale en dehors de celles qu'elles partagent habituellement avec leur &#233;poux. En revanche, un homme mari&#233; a le droit de fr&#233;quenter une esclave ou une autre citoyenne, &#224; la condition que celle-ci ne soit pas la conjointe d'un autre Ath&#233;nien.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En mati&#232;re d'h&#233;ritage, l&#224; encore, l'in&#233;galit&#233; pr&#233;vaut. G&#233;n&#233;ralement, les femmes sont moins bien loties. Elles ne peuvent pas toujours disposer librement de ce dont elles ont h&#233;rit&#233; parce que la loi impose qu'elles remettent la part re&#231;ue &#224; leurs enfants.&lt;br&gt; Une &#233;trange coutume ath&#233;nienne veut que si, au moment de sa mort, un homme n'a qu'une fille unique, celle-ci r&#233;cup&#232;re l'ensemble des biens paternels. Mais elle est alors contrainte &#224; &#233;pouser un membre de sa famille (oncle, cousin...) pour que l'h&#233;ritage ne tombe pas en des mains &#233;trang&#232;res.&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/jpg/2.jpg' title=&#034;Une femme ath&#233;nienne.&#034; align=&#034;right&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Certaines femmes de l'Antiquit&#233; sont pourtant parvenues, malgr&#233; les pr&#233;jug&#233;s, les attitudes fortement enracin&#233;es, &#224; accomplir des fonctions qui, en temps normal, &#233;taient d&#233;volues aux hommes. En Egypte, la politique est depuis les d&#233;buts de l'Etat pharaonique une affaire d'homme. Pourtant, au XV&#176; si&#232;cle avant J&#233;sus-Christ, c'est une reine qui assume la r&#233;alit&#233; du pouvoir. Pendant plusieurs ann&#233;es, Hatchepsout conduit le pays d'une main de fer. A l'&#233;poque, le peuple n'y voit rien qui puisse pr&#234;ter au scandale. Au contraire. Dans la m&#233;moire populaire, le r&#232;gne de la souveraine reste l'un des plus prestigieux. Hatchepsout remplit son r&#244;le de chef d'&#233;tat aussi bien, voire mieux, que n'aurait pu le faire son p&#232;re ou son fr&#232;re. Consciente que la charge dont elle porte la responsabilit&#233; demeure par tradition destin&#233;e &#224; un homme, elle accepte de se parer d'attributs masculins (Dont la barbe postiche.) &lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/jpg/images-2.jpg' title=&#034;Une statue d'Hatchepsout&#034; align=&#034;left&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'exemple d'Hatchepsout n'est pas unique dans l'histoire de l'Egypte ancienne. D'autres reines, ont jou&#233; au moment o&#249; les circonstances l'exigeaient, un r&#244;le politique de premier plan. D&#233;j&#224;, &#224; l'&#233;poque de l'Ancien Empire, apr&#232;s le long r&#232;gne de P&#233;pi II, la reine Nitocris assume la r&#233;gence. Bien des si&#232;cles plus tard, au moment o&#249; les arm&#233;es romaines s'emparent du pays, c'est encore une femme qui tente de pr&#233;server ce qu'il reste de la civilisation des pyramides : Cl&#233;op&#226;tre. &lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/jpg/1.jpg' title=&#034;Portrait de Cl&#233;op&#226;tre&#034; align=&#034;right&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La femme de l'Antiquit&#233; m&#232;ne une vie difficile dans laquelle elle n'a jamais qu'un r&#244;le de personne discr&#232;te et ob&#233;issante. Au Moyen- Age, la condition f&#233;minine ne s'am&#233;liore gu&#232;re. La R&#233;volution de 1789 demeure essentiellement une affaire masculine. Si une p&#233;riode de notre histoire doit &#234;tre retenue quand on &#233;tudie les changements intervenus dans la vie quotidienne des femmes, c'est bien le XX&#176; si&#232;cle : entr&#233;e dans la vie active, droit de vote, ouverture de certaines professions traditionnellement masculines, les femmes ne sont plus les &#233;ternelles soumises de l'Antiquit&#233;. Et c'est tant mieux....&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rams&#232;s II, le pharaon aux 120 enfants.</title>
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&lt;p&gt;La civilisation &#233;gyptienne a v&#233;cu pr&#232;s de trois mill&#233;naires. Quelques centaines de pharaons se sont succ&#233;d&#233;s sur le tr&#244;ne. Beaucoup n'ont r&#233;gn&#233; que peu de temps et s'en sont all&#233; sans laisser de trace. L'Histoire ne conserve d'eux qu'un nom inscrit au d&#233;tour d'un papyrus, une repr&#233;sentation sur un bas-relief, au mieux une momie que les pilleurs de tombes ont parfois outrag&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche, il est des souverains que les &#233;gyptologues ont sauv&#233; de l'oubli. Toutankhamon, cet adolescent de 20 ans, faible et (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;La civilisation &#233;gyptienne a v&#233;cu pr&#232;s de trois mill&#233;naires. Quelques centaines de pharaons se sont succ&#233;d&#233;s sur le tr&#244;ne. Beaucoup n'ont r&#233;gn&#233; que peu de temps et s'en sont all&#233; sans laisser de trace. L'Histoire ne conserve d'eux qu'un nom inscrit au d&#233;tour d'un papyrus, une repr&#233;sentation sur un bas-relief, au mieux une momie que les pilleurs de tombes ont parfois outrag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En revanche, il est des souverains que les &#233;gyptologues ont sauv&#233; de l'oubli. Toutankhamon, cet adolescent de 20 ans, faible et domin&#233;, puis disparu dans des conditions myst&#233;rieuses. Hatch&#233;psout, la seule femme devenue pharaon. Am&#233;nophis IV, le roi h&#233;r&#233;tique, cr&#233;ateur d'un nouveau culte qui faisait table rase des anciennes croyances religieuses de son peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Rams&#232;s II trouve lui-aussi une place l&#233;gitime dans cette courte liste. De son vivant, ses sujets sentaient instinctivement qu'il &#233;tait diff&#233;rent de tous ces pharaons qui avaient dirig&#233; le pays avant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Rams&#232;s est n&#233; vers 1300 avant J&#233;sus-Christ, au Nouvel Empire, &#233;poque des derniers rayonnements de la civilisation &#233;gyptienne. Il est mort vers 1214. L'homme a v&#233;cu pr&#232;s de 90 ans. Pour ses contemporains, la performance est remarquable : les paysans de la vall&#233;e du Nil d&#233;passaient rarement la quarantaine. Rams&#232;s a donc r&#233;gn&#233; sur deux g&#233;n&#233;rations de sujets. En cela, il se distingue de tous ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Le jour de sa mort, son fils-h&#233;ritier avait pr&#232;s de cinquante ans. Pour lui aussi, la vie touchait &#224; sa fin.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Rams&#232;s est en partie connu pour l'immense famille qu'il a fond&#233;e. Au temps des anciens Egyptiens, le pharaon n'est pas un homme ordinaire. C'est un personnage sacr&#233; sur lequel les dieux ont pos&#233; leur regard bienveillant. Comme ceux qui ont conduit le pays avant lui, Rams&#232;s ne s'est pas install&#233; sur le tr&#244;ne sans accepter les lourds devoirs attach&#233;s &#224; sa charge : maintenir l'harmonie et la paix dans le royaume, d&#233;fendre le peuple qu'il conduit, donner &#224; l'Egypte un h&#233;ritier.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Cette derni&#232;re obligation, Rams&#232;s use de toute son &#233;nergie pour la respecter. Il se marie avec Nerfatari dont il fait son &#233;pouse royale et qui lui donne plusieurs enfants. Mais puisqu'il est pharaon, la coutume lui permet de s'unir &#224; d'autres femmes qui re&#231;oivent le titre d'&#233;pouses secondaires. A cela s'ajoutent quelques concubines occasionnelles qu'il fr&#233;quente de temps &#224; autres. A la fin de sa vie, Rams&#232;s compte au moins une cinquantaine de fils et autant de filles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Dans l'Egypte ancienne, la polygamie n'est pas pratiqu&#233;e. Mais, pour le pharaon, exception est fa&#238;te. La destin&#233;e du royaume commande que le souverain soit en mesure de donner un h&#233;ritier m&#226;le indispensable &#224; sa succession. Le peuple du Nil garde en m&#233;moire les p&#233;riodes d'anarchie qui ont longtemps ruin&#233; les campagnes et les villes quand un monarque sans enfant ne laissait derri&#232;re lui que des g&#233;n&#233;raux ou des nobles avides de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Les contemporains de Rams&#232;s ne sont pas indign&#233;s quand celui-ci annonce ses noces avec une nouvelle &#233;pouse sans pour autant r&#233;pudier les pr&#233;c&#233;dentes. Au contraire, les multiples mariages du pharaon annoncent une succession heureuse et l'assurance qu'un h&#233;ritier continuera un jour son &#339;uvre. Cette mani&#232;re de consid&#233;rer les choses nous surprend et peut susciter notre r&#233;probation. Mais, il ne faut pas oublier que la culture du peuple des pyramides est tr&#232;s &#233;loign&#233;e de nos valeurs jud&#233;o-chr&#233;tiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Bien avant Rams&#232;s, d'autres pharaons se sont d&#233;j&#224; illustr&#233;s par des comportements priv&#233;s qui, aujourd'hui m&#234;me, seraient r&#233;prim&#233;s par la loi. Certains n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; &#233;pouser leur propre s&#339;ur quand les circonstances l'exigeaient. Ce qui nous parait terriblement scandaleux et immoral n'&#233;veillait chez les Egyptiens aucun sentiment de r&#233;pulsion. La mythologie apprend d'ailleurs que le premier souverain, Osiris, s'est lui-m&#234;me mari&#233; avec Isis, sa s&#339;ur. Nul ne trouvait choquant que les descendants du dieu en fassent autant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Un si&#232;cle avant Rams&#232;s, Am&#233;nophis IV, le cr&#233;ateur de ce nouveau culte religieux qui provoqua tant de r&#233;actions d'hostilit&#233; des partisans de la tradition, n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; entretenir avec ses propres filles des relations intimes. La pr&#233;occupation est &#224; chaque fois identique : obtenir un h&#233;ritier qui puisse un jour poser sur sa t&#234;te les couronnes de Haute et de Basse Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En se choisissant plusieurs &#233;pouses, souvent parmi les membres de sa propre famille, Rams&#232;s respecte une tr&#232;s ancienne coutume. Il n'y a aucune nouveaut&#233; dans son comportement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Souverain craint, respect&#233; et c&#233;l&#233;br&#233; de son vivant, Rams&#232;s connait une nouvelle heure de gloire des centaines d'ann&#233;es apr&#232;s sa mort. La d&#233;couverte de sa momie &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle a permis d'en savoir davantage sur le personnage que ce que les textes anciens voulaient bien en dire. L'&#233;tude scientifique des restes dess&#233;ch&#233;s du pharaon a eu le m&#233;rite de donner de lui un portrait criant de r&#233;alisme.&lt;/p&gt;
&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/jpg/momie.jpg' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;D&#232;s sa jeunesse, Rams&#232;s II h&#233;rite d'une belle constitution physique qui lui permet de mener les batailles qu'il livrera au cours de son r&#232;gne contre les royaumes voisins. Il est remarquablement &#233;lanc&#233; pour une &#233;poque o&#249; atteindre le m&#232;tre soixante est rare. Il est de chevelure rousse. Sa peau est m&#226;te.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/jpg/02-04.jpg' align=&#034;right&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;La vieillesse ne lui &#233;pargne pas la maladie. A la fin de sa vie, Rams&#232;s est atteint d'arthrose g&#233;n&#233;ralis&#233;e, une d&#233;formation des articulations que l'on ne sait pas soigner &#224; l'&#233;poque. Le souverain en &#233;prouve de terribles douleurs que rien ne peut apaiser. Jusqu'au bout, sur les bas-reliefs des temples, les artistes le repr&#233;sentent comme il &#233;tait durant ses ann&#233;es de jeunesse. Mais au soir de son existence, le grand pharaon n'est plus le bel homme athl&#233;tique combattant sur son char que l'on peut voir encore sur de nombreux monuments &#233;gyptiens : le voil&#224; devenu un vieillard vo&#251;t&#233; au cr&#226;ne d&#233;garni, &#233;prouvant bien du mal &#224; se d&#233;placer &#224; travers son palais.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'Histoire a finalement oubli&#233; les derniers moments de celui qui f&#251;t sans doute le plus c&#233;l&#232;bre pharaon de l'Egypte ancienne. Le temple d'Abou-Simbel, perdu aux confins du pays, que des millions de touristes visitent chaque ann&#233;e, refl&#232;te encore sa grandeur et celle de la civilisation qui le vit r&#233;gner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Verus, gladiateur invincible, idole des Romains.</title>
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&lt;p&gt;Les gladiateurs de la Rome antique n'ont gu&#232;re laiss&#233; de traces apr&#232;s eux. Qui s'en &#233;tonnerait ? La plupart venait d'horizons obscurs : ils &#233;taient simples esclaves, prisonniers de guerre, vagabonds, voleurs de grand chemin, bandits, condamn&#233;s par un magistrat pour des d&#233;lits quelconques. Certains ont eu la chance de survivre aux combats de l'ar&#232;ne et sont parvenus &#224; obtenir l'&#233;p&#233;e de bois, symbole d'une libert&#233; retrouv&#233;e. Les autres, les plus nombreux, ont perdu la vie au cours d'un affrontement sans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Pour les plus curieux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/jpg/Image19.jpg' title=&#034;Un groupe de gladiateurs&#034; align=&#034;left&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;Les gladiateurs de la Rome antique n'ont gu&#232;re laiss&#233; de traces apr&#232;s eux. Qui s'en &#233;tonnerait ? La plupart venait d'horizons obscurs : ils &#233;taient simples esclaves, prisonniers de guerre, vagabonds, voleurs de grand chemin, bandits, condamn&#233;s par un magistrat pour des d&#233;lits quelconques. Certains ont eu la chance de survivre aux combats de l'ar&#232;ne et sont parvenus &#224; obtenir l'&#233;p&#233;e de bois, symbole d'une libert&#233; retrouv&#233;e. Les autres, les plus nombreux, ont perdu la vie au cours d'un affrontement sans gloire pour le divertissement d'un riche notable ou d'une foule avide de sang. Les Romains se sont amus&amp;eacutes des duels entre gladiateurs pendant pr&#232;s de sept si&#232;cles, jusqu'&#224; ce qu'une loi interdise d&#233;finitivement le spectacle vers 406 apr&#232;s J&#233;sus-Christ. Des milliers d'hommes se sont ainsi battus dans les ar&#232;nes de l'empire pour le plaisir de ceux qui venaient les voir. Les empereurs n'ont d'ailleurs jamais m&#233;nag&#233; leurs efforts pour organiser des jeux dignes de leur puissance. Sous son r&#232;gne, d&#233;sirant f&#234;ter une grande campagne victorieuse, Trajan donne &#224; Rome un spectacle qui dure au total plus de 120 jours. Il envoie sur le sable du Colis&#233;e pr&#232;s de 10000 gladiateurs qui assurent &#224; eux-seuls une grande partie des festivit&#233;s. &lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/gif/colisee.gif' title=&#034;Les ar&#232;nes du Colis&#233;e&#034; align=&#034;right&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Ces gladiateurs, ador&#233;s quand ils se battaient avec courage et intelligence, d&#233;test&#233;s quand ils donnaient une mort trop rapide, n'ont laiss&#233; d'eux que les surnoms qu'ils s'&#233;taient choisis pour effrayer l'adversaire : Tigris le tigre, Ferox le f&#233;roce, L&#233;o le lion, Victor le victorieux, An&#233;mios l'ouragan... Comme si un gladiateur, une fois le combat achev&#233; et le silence revenu dans l'ar&#232;ne, devait retrouver l'anonymat et disparaitre discr&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Un seul d'entre eux a r&#233;ussi ce que les autres ne sont jamais parvenus &#224; faire : imposer son nom &#224; l'histoire pour que des si&#232;cles apr&#232;s sa mort on puisse s'en souvenir encore. Qui &#233;tait ce combattant hors du commun qui, &#224; Rome, devint aussi populaire que l'empereur lui m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;De son vrai nom, on ne sait rien. On n'a retenu que l'identit&#233; que son entraineur lui a donn&#233;e quand il est devenu gladiateur : V&#233;rus, ce qui en latin signifie &#034;vrai, authentique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Comme beaucoup de ses compagnons, V&#233;rus est un esclave de naissance. Avec ses parents, qui lui ont transmis sa condition servile, il travaille sur les champs d'une riche propri&#233;t&#233; agricole, appartenant &#224; un notable romain, dans une province recul&#233;e de l'empire : la M&#233;sie. (Bulgarie actuelle). Le jeune gar&#231;on n'est pas sp&#233;cialement beau mais il poss&#232;de d&#233;j&#224; pour son &#226;ge une musculature surprenante. Il attire tr&#232;s rapidement le regard d'un marchand d'esclaves qui l'ach&#232;te &#224; son ma&#238;tre pour un bon prix. Et l'adolescent quitte sa r&#233;gion natale, sans qu'on se soit souci&#233; de son avis un instant : &#224; l'&#233;poque de l'Antiquit&#233;, les esclaves ne sont jamais autre chose que de simples outils dou&#233;s de parole, que l'on peut vendre ou &#233;changer. Alors, on ne demande &#224; V&#233;rus qu'une chose : suivre son nouveau propri&#233;taire et se taire. &lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/jpg/Mirmillon-Thrace.jpg' title=&#034;deux gladiateurs entrant dans l'ar&#232;ne.&#034; align=&#034;left&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Apr&#232;s quelques mois de voyage &#224; travers l'empire, le gar&#231;on se retrouve &#224; Rome, la plus grande ville du monde romain mais aussi l'un des plus prestigieux march&#233;s de gladiateurs, avec Alexandrie et D&#233;los. C'est ici que les lanistes, ces hommes dont le m&#233;tier est d'acheter des esclaves pour en faire des combattants de l'ar&#232;ne, viennent se fournir. V&#233;rus est tout de suite remarqu&#233; pour sa puissante constitution : un laniste l'ach&#232;te &#224; un bon prix et l'emm&#232;ne dans son ludus, l'&#233;cole o&#249; l'on apprend &#224; devenir gladiateur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Apprendre l'art de se battre demande du temps et de la patience : V&#233;rus passe deux ann&#233;es enti&#232;res dans le Ludus avant son premier combat. Avec ses camarades, il d&#233;couvre toutes les armes meurtri&#232;res qu'un bon gladiateur doit savoir utiliser : le sabre recourb&#233;, le trident, le poignard. Le laniste lui enseigne l'endurance car se d&#233;placer, courir ou esquiver les attaques de l'adversaire sous une lourde armure de m&#233;tal demande beaucoup d'&#233;nergie. V&#233;rus doit aussi s'adapter au casque pesant qui l'emp&#234;che de respirer &#224; son aise et ne lui laisse qu'un champ de vision r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Dans un ludus, le confort des gladiateurs est tr&#232;s sommaire. Le jeune gar&#231;on ne dort que sur une mauvaise paillasse pour s'endurcir davantage. Ses repas ne consistent qu'en une bouillie de c&#233;r&#233;ales qui lui apporte la vigueur dont il a besoin. Mais, les massages r&#233;guliers qu'il re&#231;oit pour le garder en bonne forme adoucissent quelque peu son traitement. Entre les &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole, les relations sont tr&#232;s r&#233;duites : le laniste veille &#224; ne pas laisser l'amiti&#233; s'installer. Les gladiateurs pourraient-ils ensuite s'affronter jusqu'&#224; la mort ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Puis vient le moment du premier combat dans l'ar&#232;ne. Pour la carri&#232;re d'un gladiateur, c'est le plus dangereux. D'une part parce que l'inexp&#233;rience est encore tr&#232;s grande. D'autre part, parce que le public n'h&#233;site pas souvent &#224; demander la mort d'un d&#233;butant inconnu. V&#233;rus a &#224; peine seize ans mais le jour de son premier duel, il r&#233;ussit &#224; terrasser son adversaire et on le remarque.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Chaque ann&#233;e, un gladiateur livre en moyenne une dizaine de combats. V&#233;rus ne risque donc sa vie que rarement. Mais &#224; chaque fois, il parvient &#224; vaincre ceux qu'on lui oppose avec talent. Les spectateurs qui assistent &#224; ses prestations sont s&#233;duits et son nom commence &#224; circuler &#224; travers Rome. Bient&#244;t, l'empereur Titus, grand amateur de gladiature, entend parler du jeune prodige. Il l'ach&#232;te m&#234;me au laniste. Pour V&#233;rus, c'est un honneur prestigieux : seuls les combattants les plus m&#233;ritants, les plus dou&#233;s appartiennent &#224; la troupe personnelle du souverain. On les appelle les Juliani, en souvenir de Jules C&#233;sar qui poss&#233;dait lui-m&#234;me des centaines de gladiateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Un Juliani n'est pas un gladiateur ordinaire : il a droit &#224; des privil&#232;ges particuliers que n'ont pas ceux qui apprennent le m&#233;tier dans l'&#233;cole d'un laniste. Verus peut donc se d&#233;placer &#224; sa guise dans Rome, il est bien log&#233;, bien nourri. Il devient tr&#232;s populaire. L'empereur l'a pay&#233; fort cher : aussi ne veut-il pas exposer sa vie dans n'importe quel combat. Les adversaires que l'on oppose &#224; V&#233;rus sont de qualit&#233; bien inf&#233;rieure &#224; la sienne et ne font pas le poids. Celui-ci s'en d&#233;barrasse sans peine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Il ne faut pas oublier qu'un gladiateur co&#251;te de l'argent &#224; son propri&#233;taire. Contrairement &#224; ce que l'on pense, les Romains &#233;pargnaient souvent la vie d'un vaincu, surtout quand celui-ci avait de la valeur. Certes, la mort &#233;tait fr&#233;quente dans une ar&#232;ne. Mais elle n'&#233;tait pas syst&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;V&#233;rus est donc arriv&#233; au sommet de sa gloire. Son nom est connu &#224; Rome mais aussi hors d'Italie, &#224; travers l'empire. Il m&#232;ne &#224; pr&#233;sent une vie luxueuse : il se d&#233;place en liti&#232;re, compte plusieurs esclaves &#224; son service et re&#231;oit de nombreuses primes que Titus lui verse &#224; l'issue de ses combats.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Mais V&#233;rus n'est pas le seul gladiateur &#224; jouir d'un immense prestige &#224; travers le monde romain. Un autre combattant fait lui aussi merveille dans l'ar&#232;ne : c'est Priscus. On raconte que les deux hommes sont de valeur &#233;gale et qu'un duel ne pourrait pas les d&#233;partager. Une rencontre entre les deux champions, sur le sable du Colis&#233;e, attirerait sans doute des milliers d'amateurs pr&#234;ts &#224; payer fort cher le privil&#232;ge d'assister &#224; un tel combat. Cependant Titus h&#233;site &#224; engager son prot&#233;g&#233; dans une telle aventure car le risque de le perdre est grand.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Puis l'empereur se d&#233;cide enfin. Le combat entre les deux idoles du peuple romain a lieu en 80 apr&#232;s J&#233;sus-Christ, &#224; la fin d'une chaude journ&#233;e d'&#233;t&#233;. La rencontre se d&#233;roule au Colis&#233;e, o&#249; il n'est plus possible, on s'en doute, de trouver une seule place : c'est plus de 80000 personnes qui sont venues assister au duel. Le c&#339;ur de Rome s'est arr&#234;t&#233; de battre le temps du spectacle : les boutiques ont ferm&#233;, tous les Romains se pressent devant les ar&#232;nes de la ville dans l'attente du d&#233;nouement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Le combat est m&#233;morable. Les deux hommes font preuve de la m&#234;me vaillance, de la m&#234;me adresse, de la m&#234;me puissance. Aucun ne veut laisser la victoire &#224; l'autre et il semble que les armes ne pourront pas choisir le vainqueur. Alors, fait unique dans toute l'histoire de Rome, Titus se tourne vers la foule et lui demande l'autorisation exceptionnelle de d&#233;clarer les deux adversaires vainqueurs. Cela n'&#233;tait encore jamais arriv&#233; et cela n'arrivera jamais plus.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;&lt;img src='https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/IMG/jpg/Secutor-retiaire-et-arbitre.jpg' title=&#034;Des gladiateurs saluent l'empereur avant le combat.&#034; align=&#034;right&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;A l'issue du combat, les historiens perdent la trace de V&#233;rus. Ce soir-l&#224;, le gladiateur a sans doute obtenu de Titus l'&#233;p&#233;e de bois qui faisait de lui un homme libre. Il s'est sans doute retir&#233; dans une magnifique propri&#233;t&#233;, sa fortune faite. Il y a probablement v&#233;cu des jours paisibles avant de mourir entour&#233;s des siens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'histoire de V&#233;rus est exemplaire. L'homme est devenu une l&#233;gende d&#232;s son vivant, demeurant pour des g&#233;n&#233;rations de gladiateurs le mod&#232;le qu'il fallait suivre. Lui V&#233;rus, le petit esclave de M&#233;sie...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mal&#233;diction des pharaons...une l&#233;gende pour faire peur ?</title>
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&lt;p&gt;Sur les murs des tombes royales o&#249; reposent les pharaons de l'Egypte ancienne, les avertissements, inscrits en hi&#233;roglyphes, sont clairs : malheurs aux &#034;vivants qui viendraient violer les tombes...&#034;. Se pourrait-il donc qu'un pharaon mort depuis trente si&#232;cles revienne &#224; la vie pour se venger de ceux qui oseraient troubler son sommeil &#233;ternel ? Les anciens &#201;gyptiens le croyaient r&#233;ellement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es 1920, l'id&#233;e qu'un pharaon puisse d&#233;cha&#238;ner sa mal&#233;diction sur ceux qui p&#233;n&#233;treraient (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clg-doisneau-gonesse.ac-versailles.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Pour les plus curieux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Sur les murs des tombes royales o&#249; reposent les pharaons de l'Egypte ancienne, les avertissements, inscrits en hi&#233;roglyphes, sont clairs : malheurs aux &#034;vivants qui viendraient violer les tombes...&#034;. Se pourrait-il donc qu'un pharaon mort depuis trente si&#232;cles revienne &#224; la vie pour se venger de ceux qui oseraient troubler son sommeil &#233;ternel ? Les anciens &#201;gyptiens le croyaient r&#233;ellement.&lt;br&gt;
Dans les ann&#233;es 1920, l'id&#233;e qu'un pharaon puisse d&#233;cha&#238;ner sa mal&#233;diction sur ceux qui p&#233;n&#233;treraient sa derni&#232;re demeure, circule encore parmi les ouvriers arabes travaillant au service des &#233;gyptologues occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;En 1922, deux Anglais, passionn&#233;s par l'ancienne civilisation du peuple des pyramides, se rendent dans la vall&#233;e des rois o&#249; tous les souverains morts &#233;taient traditionnellement enterr&#233;s. L'un d'eux est un riche aristocrate, Lord Carnavon. Il n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; d&#233;penser une v&#233;ritable fortune pour monter une exp&#233;dition scientifique &#224; la recherche de nouvelles d&#233;couvertes. Son compagnon est un jeune &#233;gyptologue Howard Carter qui a d&#233;j&#224; travaill&#233; de longues ann&#233;es en &#201;gypte sur les monuments laiss&#233;s par la prestigieuse civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Howard Carter, arriv&#233; dans la vall&#233;e des rois, se met donc au travail avec sous ses ordres quelques dizaines d'ouvriers &#233;gyptiens. Mais les mois passent et les fouilles ne donnent rien. La d&#233;couverte d'un tombeau inconnu semble bien compromise. D'ailleurs Lord Carnavon, d&#233;courag&#233; par cet &#233;chec, finit par prendre le chemin du retour en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Mais, le 5 Novembre 1922, &#224; l'aube, Carter, sur le point d'abandonner lui aussi, d&#233;couvre en creusant une marche &#224; moiti&#233; enfouie dans le sol qu'il d&#233;gage aussit&#244;t. Et l&#224;, quelle n'est pas sa surprise de d&#233;couvrir un escalier conduisant &#224; une porte scell&#233;e. Quelques jours plus tard, apr&#232;s le travail acharn&#233; des ouvriers arabes, c'est en fait tout un vaste tombeau qui est mis &#224; la lumi&#232;re et Howard Carter fait ouvrir la lourde plaque de pierres qui en garde l'entr&#233;e. Il p&#233;n&#232;tre dans la s&#233;pulture le premier, uniquement guid&#233; par une lampe &#224; p&#233;trole. Et ce qu'il voit le stup&#233;fait....Des centaines d'objets pr&#233;cieux, en or, de la vaisselle fine, des statues, du mobilier fait dans du bois rare...Et au milieu de cela, un imposant sarcophage, dont le couvercle, cisel&#233; avec talent, repr&#233;sente le visage d'un jeune pharaon.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Aussit&#244;t, Carter rappelle Lord Carnavon qui se pr&#233;cipite en &#201;gypte. Le vieil aristocrate anglais se rend d&#232;s son arriv&#233;e aupr&#232;s de son coll&#232;gue qui lui montre la prodigieuse d&#233;couverte qu'il vient de faire. Les inscriptions retrouv&#233;es sur les murs de la tombe indiquent aux deux homme qu'ils ont sorti d'un silence de trente si&#232;cles la s&#233;pulture d'un jeune pharaon encore inconnu : Toutankhamon. Il s'agit d'un obscur souverain ayant r&#233;gn&#233; sur l'Egypte dans les ann&#233;es 1330 avant J&#233;sus-Christ, dernier repr&#233;sentant de la XVIII&#232;me dynastie et mort &#224; 20 ans, dans des conditions demeur&#233;es bien myst&#233;rieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;L'inventaire des objets d&#233;couverts dans la tombe commence. Il y a tant de pi&#232;ce &#224; noter qu'il ne s'ach&#232;vera qu'en 1928. &lt;br&gt; Quelques temps plus tard, alors que l'exp&#233;dition de Lord Carnavon finit d'explorer le tombeau royal, une s&#233;rie de faits myst&#233;rieux se produit.&lt;br&gt; D&#233;j&#224;, peu de jours avant la fabuleuse d&#233;couverte, un mauvais pr&#233;sage n'avait pas manqu&#233; d'inqui&#233;ter les ouvriers du chantier. Howard Carter poss&#233;dait un magnifique canari au chant m&#233;lodieux qui &#233;tait devenu en quelque sorte la mascotte de l'&#233;quipe. Or, une nuit, un cobra, le serpent protecteur des pharaons, &#233;tait entr&#233; dans la cage et avait d&#233;vor&#233; le joli petit oiseau. Beaucoup y avait vu un signe de sombre augure.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Quelques mois plus tard, piqu&#233; par un moustique des marais, Lord Carnavon tombe tr&#232;s gravement malade et finit par d&#233;c&#233;der dans la nuit du 5 Avril 1923. Des journalistes, pr&#233;sents sur les lieux, racontent m&#234;me, qu'au moment de sa mort, toutes les lumi&#232;res du Caire s'&#233;teignent de longues minutes, comme une immense panne d'&#233;lectricit&#233;. &lt;br&gt; Peu apr&#232;s la fin du vieil aristocrate, d'autres membres de l'exp&#233;dition succombent les uns apr&#232;s les autres : le docteur qui a examin&#233; la momie de Toutankhamon ; le conservateur des antiquit&#233;s &#233;gyptiennes du Louvre meurt en sortant de la tombe, d'une congestion ; puis c'est au tour d'un autre conservateur, celui du mus&#233;e de New York, qui avait aid&#233; Carter a d&#233;foncer la porte d'entr&#233;e de la s&#233;pulture. Au total une vingtaine de personnes d&#233;c&#232;dent subitement apr&#232;s avoir visit&#233; la derni&#232;re demeure de Toutankhamon.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Inform&#233;e tr&#232;s t&#244;t de ces disparitions pour le moins singuli&#232;res, la presse publie plusieurs articles r&#233;v&#233;lant une pr&#233;tendue mal&#233;diction des pharaons, furieux d'avoir &#233;t&#233; tir&#233;s de leur repos s&#233;culaire. En Egypte, de telles rumeurs trouvent aupr&#232;s des employ&#233;s des chantiers un large &#233;cho. Bient&#244;t, Toutankhamon, cet obscur souverain de la XVIIIeme dynastie, ignor&#233; de l'histoire, connait son heure de gloire avec son tombeau et les effets foudroyants de son implacable col&#232;re....&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Qu'en est-il r&#233;ellement, si l'on repense &#224; tout cela avec un peu plus de s&#233;r&#233;nit&#233; ? La mal&#233;diction n'a jamais exist&#233; que dans l'imagination de quelques journalistes &#224; la recherche de sensationnel pour vendre un livre ou un article. Plut&#244;t que de mal&#233;diction, il est plus raisonnable de consid&#233;rer les faits survenus comme une malheureuse suite de co&#239;ncidences.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;D'une part, il est bien &#233;tonnant que Howard Carter, le premier &#224; p&#233;n&#233;trer dans la tombe royale n'ait pas &#233;t&#233; lui aussi frapp&#233; par la vengeance de Toutankhamon. Le c&#233;l&#232;bre &#233;gyptologue est mort bien des ann&#233;es plus tard, paisiblement, en Angleterre.&lt;br&gt; D'autre part Lord Carnavon, au moment de son d&#233;c&#232;s, &#233;tait d&#233;j&#224; un vieillard us&#233; par les voyages et le travail, de sant&#233; tr&#232;s m&#233;diocre. Il n'a donc pu lutter contre la maladie, sans doute une fi&#232;vre, que lui a transmise le moustique. Un homme de meilleure constitution aurait sans doute r&#233;sist&#233; et surv&#233;cu.&lt;br&gt; Enfin, il ne faut pas davantage oublier que les fouilles arch&#233;ologiques, dans les ann&#233;es 1920, s'effectuaient dans des conditions d'hygi&#232;ne douteuses et que l'on pouvait facilement contracter n'importe quel bact&#233;rie ou microbe, sans que, pour autant, un pharaon furieux soit &#224; l'origine du mal.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Dans les ann&#233;es 1980, l'un des &#233;quipier de Howard Carter a m&#234;me fini par r&#233;v&#233;ler que sur les murs du tombeau, aucune inscription annon&#231;ant une mal&#233;diction n'avait &#233;t&#233; d&#233;couverte. Carter et Lord Carnavon avaient simplement fait circuler une fausse rumeur de mal&#233;diction pour &#233;viter qu'un ouvrier malhonn&#234;te vienne piller quelques objets trouv&#233;s dans le tombeau. Et de fait, pendant longtemps, personne n'a jamais os&#233; p&#233;n&#233;trer dans la s&#233;pulture pour d&#233;rober quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Des scientifiques ont envisag&#233; un moment que les membres de l'exp&#233;dition de Carter auraient pu mourir d'un microbe pr&#233;sent dans la tombe depuis des milliers d'ann&#233;es et lib&#233;r&#233; au moment de l'ouverture de la porte. Toutes les analyses r&#233;alis&#233;es dans la s&#233;pulture n'ont rien donn&#233; et ceux qui pensent que les anciens &#201;gyptiens avaient empoisonn&#233; l'air du tombeau pour punir d'&#233;ventuels pillards en sont pour leurs frais. Dans la derni&#232;re demeure de Toutankhamon, il n'y a aucun pi&#232;ge mal&#233;fique &#224; d&#233;couvrir...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;paragraphe&#034;&gt;Nous voil&#224; donc rassur&#233;s....La mal&#233;diction du jeune pharaon n'est le produit que d'esprits imaginatifs. Nous pouvons alors visiter son tombeau en toute s&#233;r&#233;nit&#233;, comme des milliers de personnes l'ont fait avant nous, Toutankhamon ne nous en voudra certainement pas...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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